C'est sympa les BD avec des héros ultra-musclés et virils qui massacrent du terroristes et emballent toutes les meufs qui passent. Mais est-ce que ce n'est pas encore mieux quand une femme « bombastic » s'impose sur chaque page ?
Depuis l'avènement des mondes perdus et autres Tarzan aux pectoraux saillants, les lecteurs masculins ont toujours versé dans les fantasmes de la belle blonde devenue sauvageonne dévêtue. De la Jane docile à quelques excès érotico-porno, cette créature de rêve n'a jamais pu dissimuler sa finalité. Artiste renommé en premier lieu pour les atouts impressionnants de ses création féminines, Frank Cho (Liberty Meadows, New Avengers), s'était déjà essayé à cet esprit pulp et voyeur dans un Shanna drôlatique, mais méchamment censuré par Marvel. A peine quatre ans plus tard, sans doute par esprit de contradiction, il tient sa revanche en signant chez Dynamite le présent Jungle Girl. La ressemblance entre les deux donzelles est plus qu'évidente (les poses sur les couvertures sont quasiment les mêmes) et le « monde perdu » dans lequel se déroule l'action est de même nature : dinosaures, peuplades primitives et quelques êtres civilisés tombés là par hasard. Mais si Cho est à l'origine du projet, il part vite sous d'autres horizons (en l'occurrence le Hulk de Marvel) et laisse la poitrine imposante de la Miss entre les mains expertes de Doug Murray (Savage Sword of Conan) pour le scénario et Adriano Batista (Red Sonja) pour l'illustration.
Autant dire deux habitués des comics méchamment sauvages qui jouent à la perfection ici avec les codes du genre. Prétexte à de nombreux combats contre des animaux voraces ou des cannibales locaux, le scénario de Jungle Girl est surtout l'occasion pour l'illustrateur d'accumuler les cadrages sur les parties anatomiques de la demoiselle ou les différentes saillies gores. Ultra sexy et tout aussi bourrin, ce comics sans prétention se veut un titre de choix pour les lecteurs masculins en mal d'évasion et de fantasmes désuets. Mais Batista n'est pas Frank Cho, et sa Jungle Girl parait moins athlétique, moins désirable, et son trait assez agréable au demeurant (très proche de celui de Salvador Larroca) est bien moins régulier. Reste que ce mélange détonant d'action et de popotins en gros plan se lit comme un rien, sorte d'exutoire primaire bourré de petites touches de second degré et d'humour noir.





