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AVATAR
Etats-Unis - 2009
Image de « Avatar »
Musique : James Horner
Durée : 79 minutes
Nombre de pistes : 14
Distributeur : WEA
Bande originale : note
Jaquette de « Avatar »
site officiel
LE PITCH
Jake Sully, un ancien marine paraplégique, accepte de remplacer son jumeau défunt sur la lointaine planète Pandora, au sein du programme scientifique Avatar. Celui-ci a pour but de convaincre de manière diplomatique une société indigène de déplacer leur village, lequel réside sur un puits de minerai que les terriens sont venus raffiner. Mais la diplomatie a ses limites, et bientôt, la guerre commence..,
Space opera du XXIème siècle

Tout score de Space Opera a pour obligation, depuis La Guerre des Etoiles, de rentrer instantanément dans l'inconscient collectif du grand public. Mais Avatar n'est pas un Space Opera comme les autres, et son score ne pouvait se plier de manière aussi évidente au cahier des charges rédigé par Lucas et Williams en 1977.

 

Bien sûr, on trouve dans Avatar toute une somme de leitmotivs, de mélodies récurrentes, ainsi qu'un lot assez généreux de morceaux de bravoure orchestraux. L'agencement et la texture se fondent néanmoins difficilement dans ce à quoi le genre nous a habitués depuis plus de trente ans. Car James Cameron n'aspire aucunement, avec son dernier chef-d'œuvre, à un spectacle fragmentaire, les éléments narratifs (personnages, lieux, etc.) et enjeux dramatiques (Love Story, guerre, survie de la nature) s'entremêlant à l'écran de manière incroyablement fluide. Difficile, pour James Horner, de séparer les données de manière exclusive, et le compositeur de Aliens, Star Trek II et Titanic décide donc d'écrire une partition relativement rectiligne. Bien sûr, les motifs annexes existent : une sorte montée de gamme grisante pour la première entrée de Jake dans son corps de Na'Vi (Jake enters his avatar world), une imposante marche cuivrée pour l'arbre sacré (Pure spirits of the Forest) et bien d'autres encore. Mais ceux-ci viennent avant tout s'ajouter à un thème majeur, que le compositeur ne met jamais vraiment de côté. Modelé sur une période d'un an et demi, durant laquelle Horner frôlera souvent l'épuisement face aux exigences du réalisateur, le score d'Avatar sous cet angle tout à fait étonnant.

 

Effort de concentration 

 

Horner compose un thème en apparence très directe pour Avatar, construit autour d'une suite de quatre harmonies. L'auteur ajoute bien sûr des notes de liaison, brode et développe ce matériau avec une grande maîtrise technique, mais la mélodie n'en reste pas moins simple, voire universelle. Universelle, car le motif parvient à illustrer la totalité des éléments narratifs et enjeux dramatiques évoqués plus haut, selon la texture, le rythme et la cadence choisie. Un idéal de musique de film, donc, qui donne l'occasion à Horner d'expérimenter à l'envi au niveau des orchestrations. Et celles-ci sont innombrables, allant de recherches synthétiques (Pure Spirits of the Forest et The Bioluminescence of the night, rappelant le superbe score de Solaris de Steven Soderbergh, produit par... James Cameron) à des chœurs exotiques (Jake's First Flight) en passant par une soudaine explosion de cuivres (Scorched Earth) et un ballet d'instruments à vent (Becoming one with Neytiri). Coup sûr coup épique, tragique, merveilleuse et romantique sans avoir besoin de redéfinir ses accords de base, la musique de Horner appuie avec une grande humilité, et sans jamais se montrer répétitif (déjà un miracle en soi) le projet insensé de Cameron. Une humilité qui n'empêche pas le compositeur de nous livrer, ici et là, quelques véritables bijoux orchestraux.

 

To war !

 

Le morceau d'ouverture, « You don't dream in cryo », annonce déjà superbement la noirceur de l'œuvre. Soulignant le drame personnel de Jake Sully (la mort de son frère jumeau) par une mélodie presque atonale délivrée par une voix féminine, la piste appuie sa plongée dans l'inconnu via des percussions qui résonnent lourdement, à l'écran, dans le vide de l'espace. Quelques accords de cuivre suffisent, quelques mesures plus loin, à installer la menace humaine, menace qui éclatera pleinement dans les incroyables The Destruction of Hometree (voir ces chœurs d'enfants affolés, aux rythmes syncopés, couplés à de violentes attaques orchestrales) et bien sur le titanesque War. Ce dernier morceau, bien que réduit au moins de moitié par rapport à la version salles (on perd au passage la marche héroïque de la nature et le combat entre Jake, Neytiri et Quaritch, dont le souffle épique aurait à n'en pas douter été sidérant à l'écoute), offre sans doute ce que l'on a pu entendre de plus grandiose depuis La Revanche des Sith, voire Le Retour du Roi. Gathering all the Na'Vi clans for Battle enfonce le clou, son argument thématique relativement simple se voyant transcendé par une maîtrise harmonique impressionnante, Horner ne se contentant jamais, contrairement à un Hans Zimmer, d'une déclinaison stagnante de sa mélodie. Le compositeur part dans toutes les tonalités, accélère son rythme, se permet des contrepoints cuivrés en mineur, ajoute chœurs et percussions et finit par retomber, comme par miracle, sur ses pieds. Preuve si besoin était qu'en dépit de son indécrottable tendance à recycler des idées passées (voir son motif en quatre notes, utilisé ici au moins une vingtaine de fois, ainsi que certains accents hérités de Glory, Braveheart,Titanic et on en passe), il faudra encore compter, pour les années à venir, avec le talent de James Horner.

 

N.B. : il est fortement conseillé de couper la lecture de l'album avant la piste 14, atroce chanson brodée autour du thème principal de Horner. On l'aurait bien remplacée par l'excellente course-poursuite entre Jake et le Thanator, hélas absente du CD...

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

 

 

 

01 - "You don't dream in cryo..."
02 - Jake enters his avatar world
03 - Pure spirits of the forest
04 - The bioluminescence of the night
05 - Becoming one of "The People" - Becoming one with Neytiri
06 - Climbing up "Iknimaya - The Pat<h to Heaven"
07 - Jake's First Flight

08 - Scorched Earth
09 - Quarith
10 - The destruction of Hometree
11 - Shutting down Grace's Lab
12 - Gathering all the Na'vi clans for battle
13 - War
14 - I see you (performed by Leona Lewis)

 
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