Après une première partition essentiellement centrée sur un leitmotiv, John Williams, épaulé de William Ross, développait en 2002 l'univers muscial de Harry Potter. Il faudra toutefois attendre le film suivant pour retrouver la grandeur d'écriture de l'auteur de La Guerre des Etoiles...
On a beau ne pas apprécier le film de Chris Columbus (c'est rien de le dire), la bande originale d'Harry Potter 2 conserve la magie des œuvres « familiales » de John Williams, au point de rappeler des mesures bien connues de la filmographie du maestro. Une voiture prend son envol devant la lune ? E.T. Un ciel étoilé éclaire l'océan ? Hook. Un Phénix renaît de ses cendres ? Hook, encore et toujours. Tandis qu'une poursuite aérienne rejoue L'Attaque des clones (écrit la même année, on excusera donc facilement), un gag musical cite ouvertement Indiana Jones et la dernière croisade (la piste « no ticket », régulièrement recyclée par l'auteur depuis 1990). Même Les Sorcières d'Eastwick, œuvre adulte et irrévérencieuse, parvient à se glisser en filigrane du sympathique thème principal. Tout ceci aurait pu aboutir à une cacophonie du diable, mais contrairement au métrage insipide dont il s'inspire, le melting-pot symphonique de Williams s'avère convaincant, et permet de se balader de manière assez agréable à travers sa carrière passée. Qui sait, sous ses atours de best of, La Chambre des secrets pourrait même servir à convertir quelques profanes aux délices d'une œuvre incontournable de la bande originale de films.




