Alors que la série a récemment soufflé sa vingtième bougie, la saison 12 sort en coffret DVD. L'occasion de se repencher, une nouvelle fois, sur l'une des créations les plus fascinantes de l'histoire de la télévision américaine.
Cette saison 12 commence fort avec l'un des Treehouse of Horror les plus barrés de toute la série (on ne regardera plus jamais des brocolis de la même façon), narrant notamment une attaque de dauphins tueurs, libérés de leur cage par la bonne intentionnée Lisa. La parodie des premières minutes des Dents de la mer. Côté générique, les running-gags sont à la fête : Homer s'assied sur un coussin péteur, la famille saute en Bullet Time sur le canapé, débarque déguisés en télétubbies, s'essaie au skate-board... L'épisode d'Halloween va jusqu'à diffuser une parodie éclair du générique de La Famille Addams, s'achevant sur la lapidation des Simpson par des villageois en rage. Les fans ne seront pas non plus déçus de retrouver intacte la célèbre écriture du show, une intrigue posée en début d'épisode déviant systématiquement sur une autre, aux enjeux totalement étrangers. C'est ainsi, par exemple, qu'une tentative de chasser un blaireau de la niche de Petit Papa Noël (c'est tout de même coriace, un blaireau) fait éclater une guerre civile au sein de Springfield. Ou qu'une visite du salon du livre amène Krusty, jusqu'alors figurant, à découvrir l'existence d'une progéniture. Sans oublier ce sublime épisode où Bart veut remplacer sa console de jeu Gamestation 252 par une Gamestation 256. Ce qui mène Lisa à devenir activiste écologiste. Ce qui mène ses parents à simuler sa mort. Ce qui mène la société de Springfield à redoubler d'égards vis-à-vis des Simpson. Ce qui mène un secoya à dévaster une partie de la ville, dont le quartier d'affaires et un KFC (Homer : « OH NON ! J'étais fou des côtelettes de pandas ! »).
Les scénarii de fous sont ici nombreux : Homer se fait extraire un crayon à papier du cerveau et retrouve un QI au-dessus de la normale, Marge coupe accidentellement le pouce de son mari pendant que Lisa essaie d'arriver à l'école à temps pour le concours de science, pendant que Bart sert d'indic' pour la police et essaie de faire coffrer Gros Tony... Toujours mis en scène avec une énergie et une maîtrise scénique dignes de Blake Edwards (en 200 fois plus speed, tout de même), la série ne prend pas une ride. Elle s'impose au contraire encore davantage dans l'inconscient collectif, avec un ton toujours plus corrosif et une liberté telle qu'un épisode va jusqu'à prendre du recul sur le monde même de l'animation, en clignant de l'oeil à la japanime, aux tout premiers Disney, à Snoopy ou encore à la Stop-Motion façon Aardman. Pour ne rien gâcher, côté des guest-stars, c'est une nouvelle fois un festival, avec Edward Norton (alors en pleine gloire post-Fight Club), Patrick McGoohan (qui détourne joliment Le Prisonnier) et Stephen King (« Oh, l'épouvante ne m'inspire guère ces temps-ci, je travaille sur une biographie de Benjamin Franklin. Un homme fascinant, il a inventé l'électricité et s'en est servi pour torturer de petits animaux et même sa belle-mère... »). Apparaissent aussi Gary Coleman (Arnold dans Arnold et Willy), Joshua Jackson, Stacey Keach, Michael Keaton, Charles Napier, Tom Savini (géniale apparition dans un épisode consacré au Comic Book Guy) ainsi qu'une pelletée de chanteurs (les ‘N Sync et les Who !) et de joueurs de tennis (Pete Sampras, Serena & Venus Williams, rien que ça !). Pour finir, on citera un dialogue au hasard, juste pour le plaisir. Homer, sur le point d'ouvrir un vieux tiroir bloqué à l'aide d'un explosif : « écoute tu veux qu'on fasse ça bien ou qu'on fasse ça vite ? » Marge : « Ben comme tous les américains, qu'on fasse ça vite, mais... » BOOM ! Marge, remettant le tiroir et constatant la réparation : « Mmmh, j'avoue que c'est drôlement efficace. »
Bon on vous laisse, on s'en va revisionner les 24 épisodes en boucle. Jusqu'à la saison 13...




