Après la déception que représentait Daredevil, on espérait que Rob Bowman (X-Files, Le Règne du feu...) rectifie le tir en offrant un film plus convaincant au personnage d'Elektra toujours interprété par Jennifer Garder. Mais n'est pas ninja qui veut...
Le film ayant été rejeté à la fois par les spectateurs et la critique, on ne pensait pas que le Daredevil de Mark Steven Johnson (qui a rattrapé en partie l'affaire avec son director's cut) ferait des petits. Pourtant, les producteur de la Fox (toujours très éclairé dès qu'il s'agit de super héros...) et Jennifer Garner pensait tout de même pouvoir mieux développer le potentiel de ce personnage atypique créé par le grand Frank Miller. Partout Rob Bowman, le réalisateur embarqué dans l'aventure, annonçait fièrement son retour aux véritables racines du personnage en reprenant certes le véritable « costume » de la demoiselle, mais surtout en la plongeant dans un contexte plus asiatique, s'inspirant directement de son affrontement contre le clan de ninjas, la main, issu de la deuxième partie du comics. Des propos rassurants, surtout après la vision du Règne du feu dans lequel le cinéaste tournait ses scènes d'action avec une réelle volonté de réalisme et de nervosité.
Mais c'était sans compter avec l'étape si importante du scénario. Rédigé à trois mains par Zak Penn (ayant pourtant participé à l'écriture de X-Men 2), Raven Metzner et Stu Zicherman (un temps envisagé sur une adaptation du post-apo Deathlock), le script expédie vite fait une légende pseudo asiatique dans laquelle deux camps s'affrontent depuis la nuit des temps avec une conception tout particulière de l'originalité. Un combat dont une jeune fille, appelée le « Trésor », peut faire basculer l'issue... Intérêt zéro, idée vue et revue qui contamine et conditionne toute la seconde partie du métrage. Une recherche de normalisation qui sied extrêmement mal à une héroïne au départ aussi complexe qu'Elektra, belle ninja hantée par une tragédie familiale et une haine débordante. En l'occurrence Garner fait quelques efforts (surtout physiques pour être honnête), mais comme demoiselle svelte, blessée et d'origine grecque, on a vu mieux. Reste que Bowman fait preuve une nouvelle fois d'une mise en scène solide, particulièrement appréciable dans un combat en pleine forêt citant étonnement le Ninja Scroll de Yoshiaki Kawajiri, livre de la « belle image » et profite intelligemment des musiques du trop méconnu Christophe Beck (Buffy The Vampire Slayer, Percy Jackson le voleur de foudre). Quelques idées fuguasses, une ouverture bien noire mais trop rapidement annihilées par des débordements dignes d'une fable, et une rédemption aussi ridicule qu'inadéquate. Elektra devient alors un film de super héros de plus, basique, vide, pour se conclure sur un climax inexistant, un combat final expédié en trente secondes. Vraiment, la belle méritait mieux que ça.







