Imaginé par le jeune fils du réalisateur, Mission-G tient autant du concept casse-gueule que de l'idée décalée à même d'aboutir à un divertissement façon « grand Disney ». Mais aussi mignonnes que soient les petits bestioles pleines de poils occupant le haut de l'affiche (non, pas les Ewoks), elles ne tiennent clairement pas la distance.
Quand le producteur surdimensionné Jerry Bruckheimer produit un film familial avec le studio Walt Disney, cela donne sans surprise... un film d'action avec des animaux qui parlent dedans ! C'était bien trop simple et attendu. C'est d'ailleurs le gros problème de Mission-G qui, malgré son pitch initial (des agents secrets animaliers), n'arrive jamais à dépasser les clichés d'usage. Pourquoi ainsi avoir obligatoirement donné à deux cochons-d'Inde du trio principal l'identité ethnique de la latina (Penélope Cruz) et du black « in the hood » (Tracy Morgan), avec comme mission pour les deux doubleurs d'en rajouter des caisses sur l'accent ? Ridicule et carrément déplacé, d'autant que cette parodie de film d'espionnage, pourtant si habile à jouer sur l'identité du grand méchant (pas de spoiler...), accumule rapidement les tares : un gros hamster rigolo qui pète, quelques débordements de bons sentiments dans la dernière partie, des clins d'œil appuyés à quelques classiques du cinéma d'action... Les gamins se marrent, les plus grands sourient à peine.
Reste qu'avec l'accolade désormais régulière entre les grandes oreilles et la tête pensante de projets comme Pirates des Caraïbes ou Benjamin Gates, les moyens déployés sont colossaux. Le mélange entre les petits animaux blablatant et les décors réels est tout simplement bluffant, et l'apparition de machines à café tueuses (« yippie ki-yay coffee-maker ») n'a clairement rien à envier aux Transformers de Michael Bay. De l'esbroufe plein les yeux, en particulier lors des projections en relief, et une mise en scène des plus dynamiques signée par Hoyt Yeatman, un vétéran des effets spéciaux, qui manifestement a parfaitement appris ses gammes. Mais un peu de savoir-faire et beaucoup de facilités n'ont jamais suffi à faire un spectacle réussi et ce malgré la participation en version originale d'acteurs aussi doués que Sam Rockwell, Steve Buscemi ou un Nicolas Cage insoupçonnable. Un certain gâchis qui ne décolle jamais très loin avec ses gags lourdingues et ses situations vues et revues.... Mais les charmantes petites têtes blondes (ou brunes, ou autres...) n'ayant pas forcément encore assez de références pour se forger un avis critique, ça pourrait passer.







