Deux ans après avoir explosé les standards d'un genre trop souvent calqué sur les productions de Square-Enix (Final Fantasy et consorts), le labo BioWare donne enfin naissance à la seconde partie de sa trilogie cosmique. La vraie vie va paraître encore bien terne...
Malgré la réussite indéniable de son bijou Knights of the Old Republic, Bioware a véritablement réussi à démontrer le bien fondé d'un RPG à l'occidentale sur console et PC grâce au space opera Mass Effect. Epaisseur du scénario, romances, construction des personnages, système de combat évolutif et dynamique... Malgré quelques défauts (arborescence des menus, exploration des planètes), le premier épisode s'est installé facilement comme un classique, un immanquable. De nombreuses questions du script restant encore en suspens, inutile de préciser l'attente provoquée par une suite qui offre en plus la possibilité de son propre reprendre créé pour l'opus d'origine, et de découvrir les conséquences de certains choix cruciaux ou anecdotiques. Un effort dans l'interactivité avec le joueur qui montre le sérieux de l'entreprise, et que l'on retrouve dans de nombreux ajustements reposant sur les remarques pertinentes de la presse et des joueurs : simplification de la gestion de l'équipement, missions secondaires dans des décors variés et aux buts divers, phases de combats plus musclées et fun.... La prise en main se fait avec un plaisir indéniable et a priori tout à été conçu pour que l'expérience de jeu se savoure à chaque instant.
Petit problème, à force de tout simplifier, les développeurs se coupent de la gestion qui donne tout le sel aux RPG : plus question ici de sélectionner l'équipement de ses collègues, de choisir parmi une douzaine de pouvoirs différents, ni d'améliorer à l'unité ses armes préférées. Tout s'effectue désormais par la capacité de lancer des recherches au hasard, en tout cas d'une manière plus globale et simpliste. Dans le même ordre d'idée, la disparation de l'exploration lente des planètes au volant de son tank sous apesanteur permet d'aller à l'essentiel mais fait disparaître parmi les plus beaux panoramas de Mass Effect (beaucoup se souviennent encore de la vision enchanteresse de notre bonne vieille terre derrière une colline lunaire). De toute façon l'étendue des environnements a largement été revu à l'économie comme la Citadelle qui se réduit désormais à quelques coursives, au lieu d'une vraie ville grouillante de vie. Mais bizarrement tout cela n'entache en rien l'implication de l'aventurier en herbe, directement plongé dans une mission suicide dont beaucoup risquent de ne pas revenir.
C'est que si les petits gars de BioWare citent L'Empire contre-attaque à tout bout de champ (le ton est ici aussi beaucoup plus sombre et introspectif), la référence qui frappe d'emblée reste des films comme Les 7 Samouraïs ou Les Douze Salopards dans la manière de construire le récit autour de la recherche des guerriers / scientifiques / assassins les plus doués de la galaxie. La trame paraît souvent éclatée, multipliant les embranchements, mais laisse clairement la place à de nouveaux personnages au caractère bien trempé : une femme « parfaite » mais froide, le soldat droit et fier, l'assassin mélancolique, la psychopathe ivre de revanche, un alien vorace élevé en cuve, un autre fier et bavard... Chacun laisse découvrir, au détour des dialogues et d'un mini-scénario personnalisé, des ambitions et motivations des plus « humaines », loin des clichés que laissent augurer les premières minutes. Et c'est forcément là tout l'enjeu de Mass Effect 2 qui, en plus de révéler (et d'en installer quelques nouveaux) de nombreux secrets sur les Récolteurs, pousse le joueur à travailler ses choix idéologiques à chaque instant et à motiver au mieux la cohésion d'un groupe disparate... et pourquoi pas se découvrir une nouvelle histoire d'amour. L'exploration spatiale a manifestement toujours autant de classe.











