GIUSEPPE BERGMAN T2 : AVENTURES AFRICAINES
Jour de colère - France / Italie - 1983
Image de « Giuseppe Bergman T2 : Aventures Africaines »
Dessinateur : Milo Manara
Scenariste : Milo Manara
Nombre de pages : 176 pages
Distributeur : Drugstore
Date de sortie : 25 mai 2011
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Giuseppe Bergman T2 : Aventures Africaines »
portoflio
LE PITCH
Giuseppe Bergman rêve de vivre sans entraves, aussi décide-t-il sur un coup de tête de partir vivre l'aventure avec un grand A. Aventure qui nous emmène cette fois dans une Afrique fantasmée et fantastique !
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Le premier rôle

Ivre d'aventure et de redécouverte du monde, Giuseppe Bergman ne pouvait rester le héros d'un seul album. Après le trippant Aventures Vénitiennes, le rital au look d'Alain Delon (jeune et beau) repart sur les routes, africaines cette fois, et transforme à nouveau le visage de la bande-dessinée.

 

Reflet des quêtes existentialistes de la fin des années 70, la première aventure de Giuseppe Bergman permettait à Milo Manara (Le Déclic, El Gaucho) de se découvrir d'énormes talents de scénariste et de confronter les remous politiques italien de l'époque avec les questions préoccupantes de l'écologie et les atours de la science-fiction métaphysique. A priori, Jour de colère (titre de la première édition française) en est son prolongement logique, jouant avec une trame de thriller matiné d'anticipation, et soulignant le comportement déplorable de l'occident face à la culture africaine et plus largement à l'équilibre mondial. Mais de logique ici, il n'y en a que très peu puisque comme l'explique l'auteur dans son introduction (ce qui est très rare), l'album en lui-même semble prendre vie de façon indépendante. Certes Manara joue une nouvelle fois sur le créneau de la « méta-BD », le héros s'adressant vite avec le lecteur, et cumulant les interruptions intempestives avec un humour surprenant. C'est comme si les personnages choisissaient par eux-mêmes de détruire le carcan imposé.

 

tous en scène


Les ambitions nobles de l'artiste sont donc constamment remises en question (ce qui n'en entame aucunement la pertinence), et les fantasmes habituels (toujours ces créatures féminines irrésistibles) ont, semble-t-il, décidé de jouer les trouble-fête. La lecture provoque une surprise constante, parfois happée par cette déconstruction qui fonctionne comme un rêve dont chaque intervenant voudrait prendre possession du point de vue. On peut y reconnaître, en faisant des efforts, deux grandes parties bien distinctes. La première montre la tentative avortée de suivre Bergman sur les traces d'une mallette contenant le secret de l'énergie solaire Inca (rien que ça...) alors que la seconde le lance sur les traces d'un château magique où a été emmurée une magnifique blondinette ironique et sensuelle. Mais entre les récits dans le récit (avec changements de style graphique particulièrement bien vus) et narration éclatée qui se délie comme une immense fuite en avant, les planches magnifiquement illustrées reste toujours aussi insaisissables que drôles et passionnantes.  Furieusement érotique (certains passages constituent sans doute les pages les plus bandulatoires du monsieur) mais surtout puissant, colossal et brillant, ce second volume est clairement « la grande œuvre » du maître italien, sa chapelle sixtine... en grande partie parce qu'elle le dépasse.

Nathanaël Bouton-Drouard


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