HOKUTO NO KEN DELUXE T4
Japon - 1983
Image de « Hokuto no Ken Deluxe T4 »
Dessinateur : Tetsuo Hara
Scenariste : Buronson
Nombre de pages : 320 pages
Distributeur : Kazé
Date de sortie : 20 mai 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Hokuto no Ken Deluxe T4 »
portoflio
LE PITCH
Amiba l’usurpateur a commis une erreur fatale en tentant de dompter le Hokuto Shinken ! Après avoir rétabli la vérité, Kenshirô se met en route pour Cassandra, prison cruellement légendaire où semble être retenu Toki, son frère…
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"Coup de pied volant avec pointure"

La grande saga de Ken, le survivant de l'enfer comme dirait l'autre, se perpétue dans la mort et le sang avec un quatrième volume de l'édition Deluxe concocté par Kazé. Grand format, pages en couleurs et en bichromie, et une majesté que ne cesse de s'imposer de pavé en pavé.

Entamé comme une simple quête vengeresse dans laquelle un homme seul partait sur les traces de sa dulcinées dans un monde ravagé par une guerre atomique, Hokuto no Ken aura eu pourtant tôt fait de s'éloigner de ce canevas de départ pour dépeindre ensuite une gigantesque fresque, imposante et foisonnante, dans laquelle le guerrier se découvre des compagnons de route et de nouveaux ennemis. Passage le plus célèbre, en particulier depuis la remise au goût du jour avec le film L'Ere de Raoh, la confrontation avec ce dernier est au cœur du quatrième volume. Après avoir retrouvé la trace de ses frères, massacré le falot Jagi et révélé un usurpateur sadique se faisant passer pour Toki, il part à l'assaut de Cassandra, prison infernale où serait enfermé le frangin le moins taré de la bande. Bien entendu rien ne sera simple et le poing de l'étoile du nord devra l'enfoncer violement dans quelques corps et en particulier un géant aux allures de viking et quelques gardes grimaçants. Un tableaux toujours aussi charmant habité d'animaux à visages humains et de victimes frêles, écartelées, écrasées, torturées et jetées en pâture à plus puissants qu'eux. Mais bien entendu, tout cela n'est presque que l'introduction au combat fratricide et dévastateur qui attend notre héros, dès lors que le terrifiant Raoh, tyran mégalo et impassible, juché sur son destrier titan élimine presque sans un geste le pauvre Rei.

 

"J'ai plusieurs manches à mon Nanto !"


Hokuto no Ken est immanquablement ce manga hors norme, délirant et sauvage qui a fait sa légende, mais c'est aussi au cœur des combats et des enchainements de techniques totalement improbables (« Arcane ultime du Nanto, le poing du jugement en échange de sa vie », tu m'en diras tant), une grande tragédie classique où le destin déchire les liens du sang pour le rêve d'une femme (toujours l'immaculée Julia) ou pour l'obtention du pouvoir ultime. Le scénario de Buronson est aussi basique que puissant, mais encore une fois, ce sont les illustrations de Tetsuo Hara qui fascinent à chaque page. De l'apparition ultra détaillée, presque gravée à l'encre, du phénoménal Raoh, aux déchainements de fureur de Ken, à la représentation racée de la vitesse subliminale des combattants, ses choix esthétiques sont tout simplement parfaits et montrent une maturation évidente. D'autant plus efficace que les poignées de pages en bichromie, baignées dans un rouge envahissant ajoutent encore au sordide des corps démembrés, explosés de l'intérieur et taillés en pièces comme de vulgaires tronçons de viandes bodybuildés. Allez nous expliquez après tout ça qu'on soit tant touché par le geste de courage de la petite Lynn bravant une bande de pillards de son simple courage. Il nous ferait presque verser une larme, tiens.

Nathanaël Bouton-Drouard


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