FINAL INCAL T.3 : GORGO-LE-SALE
France - 2014
Image de « Final Incal T.3 : Gorgo-Le-Sale »
Dessinateur : José Ladrönn
Scenariste : Alejandro Jodorowsky
Nombre de pages : 48 pages
Distributeur : Les Humanoïdes associés
Date de sortie : 23 avril 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Final Incal T.3 : Gorgo-Le-Sale »
portoflio
LE PITCH
Il n'y a plus de Ligue, extraordinaire ou autre. À Q'umar, la sanglante guerre de l'usure continue. À Kashmir, un terroriste Sikh pourrait conduire le monde vers l'Apocalypse. À Londres, une patiente dans un asile affirme qu'elle détient toutes les réponses...
Partagez sur :
Ce qui est en haut

L'univers gargantuesque de l'Incal initié dans les années 80 par Jodorowsky et Moebius touche à sa finalité avec le troisième et dernier tome du bien nommé Final Incal (ou Après l'Incal selon la collection choisie). Le pauvre et vaillant John Difool va enfin pouvoir prendre quelques vacances.

Même si nous avions été prévenus, voir s'achever le dernier segment des trépidations de l'antihéros le plus rocambolesque de l'univers, après L'Incal et sa préquelle Avant l'Incal, au bout de seulement trois tomes laisse tout de même un petit goût amer. Une aventure en forme de fulgurance ultime qui depuis le départ a multiplié les pistes du possible entre les Difool pluriels, les contractions d'univers alternatifs, les interventions remarquées des Metabarons et surtout des Technopères, comme si toutes les séries principales et les spin-offs se compulsaient sauvagement dans une seule et même chevauchée sauvage. L'album étrangement nommé Gorgo-Le-Salle (ce qui manque d'un peu de classe tout de même pour une conclusion) ressemble donc à un dernier sursaut, à un space-opera chaotique et dantesque, suivant l'ultime combat des forces bios (les vivants) contre les illuminés du virus Mécha menaçant toute vie dans l'univers et le multivers. Ployant sous le vocabulaire coloré mis en place il y a longtemps déjà par Jodorowsky, réutilisant l'architecture installée dans les deux derniers épisodes de L'Incal (La cinquième essence) le tome est donc tout simplement un pur blockbuster en BD où les myriades de vaisseaux galactiques déploient une force de frappe colossale, tandis qu'à la surface de Terre 2014 les mutants tentent d'écraser la dictature de l'annihilation.

 

Petite mort


Dessinateur sauveur de Final Incal, l'excellent José Ladroön (Hip Flask, Les Inhumains) livre ce que l'on peut targuer sans hésitation d'être les plus belles planches qu'il ait jamais produite, autant dans le souci expressif des personnages, le grandiose des décors, la grandiloquence des séquences spatiales, faisant fourmiller chaque page sous des détails précieux tout en gardant en ligne de mire l'épure du style Moebius. Un résultat faramineux parfaitement mis en valeur par un travail tout aussi fin sur la colorisation, à la palette limitée mais aux variations d'une rare richesse. C'est beau tout simplement, et rejoint par là-même la poésie épicurienne du scénariste où le monde est inévitablement sauvé par l'amour dans sa plus grande pureté (Difool et Louz enfin réunis, dans tous les sens du terme), permettant aux être humains idiots de retrouver alors leur chair, leur faim et leur mortalité. Un retour aux origines comme l'atteste les dernières cases en forme d'éternel recommencement. Pourtant, malgré tout le respect que l'on doit à Santa Jodo, il manque tout de même dans Final Incal un soupçon de truculence, de bordel, de viande, pour retrouver parfaitement le génie des deux premiers cycles, qui justement réussissaient à marier à la perfection décadence punk rock et métaphysique païenne. Encore une fois on en revient à la même question... Mais pourquoi seulement trois tomes ?

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :

 

Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009-2019