LES CAUCHEMARS DE LOVECRAFT
Argentine - 1998/2003
Image de « Les Cauchemars de Lovecraft »
Dessinateur : Horacio Lalia
Scenariste : Horacio Lalia
Nombre de pages : 248 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 13 novembre 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Les Cauchemars de Lovecraft »
portoflio
LE PITCH
Avec Les Cauchemars de Lovecraft, frissonnez et entrez dans l’univers sombre et inquiétant de celui que Stephen King décrit comme « le plus grand artisan du récit classique d'horreur du vingtième siècle. »
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Après avoir été édité sous la forme de trois albums chez Albin Michel sous les titres Le Grimoire maudit, Le Manuscrit oublié et La Couleur tombée du ciel, la vision noir et blanc de l'univers d'H.P. Lovecraft par Horacio Lalia revient en intégrale dans un superbe volume chez Glénat.

Auteur fondamental pour qui veut comprendre les origines de l'horreur moderne, que ce soit Stephen King, Clive Barker, Hideo Nakata ou les Silent Hill, H.P. Lovecraft a réussi au travers d'une longue série de nouvelles et un roman (L'Affaire Charles Dexter Ward) a créer un univers terrifiant où finalement son écriture parfois lourde, entre un ton direct et trop ampoulé, n'est qu'un outil porteur pour des visions étranges, angoissantes, qui se loge dans les mythes primitifs de l'humanité. Sa plus grande force, outre cette mythologie considérable faites de livres interdits (le fameux Necronomicon entre autres) et de créatures gigantesques et impalpables, est de travailler la frayeurs dans l'inconscient, l'indicible, l'éthéré. Pas forcément évident donc d'y donner une forme plus concrète tant est si bien que les adaptations directes et réussies de ces textes se comptent sur les doigts de la main. Ne pas trop en montrer, préserver le flous et le hors-champs, tout en inscrivant ces relectures dans une réalité presque historique (le début du XXème siècle essentiellement), l'illustrateur argentin Horacio Lalia semble le maîtriser habilement.

 

Ceux qui hantent les ténèbres


Il déroule ainsi des planches sculptées avec tranchant par un noir et blanc impeccable, combinant des mises en scènes grandiloquentes (les messes noirs de L'Appel de Cthulhu), des reconstitutions terriblement convaincantes d'objets maudits et surtout des contours anguleux et creusés pour des êtres humains souvent simples jouets du destin. Dans l'ensemble les 18 nouvelles regroupées ici, réussissent régulièrement à donner une nouvelle dimension à Lovecraft, l'habillant de monstres décharnés terriblement graphiques (l'image finale de Je Suis d'ailleurs), d'humains vieillis et hantés, rebondissant immédiatement sur la prose du génie noir de Providence, reprise telle quelle. Malheureusement si le travail visuel, l'esthétique et l'impact des contrastes de Lalia font fortes impressions, l'artiste se heurte aussi à la limite même de l'image par rapport au verbe, la toile centrale de Le Modèle Pickman ne produisant pas l'effet escompté, tout comme par exemple l'apparition attendue de Dagon, presque ridicule par trop de détails. Souvent les décors gothiques, massifs nimbés de ténèbres font clairement leur effet, mais le dessinateur passe presque systématiquement à coté de l'onirisme des nouvelles à l'instar du célébrissime La Couleur tombé du ciel (ici sans couleur forcément), qui s'apparente plus à une série B qu'à un classique Universal. Reste que malgré ces nombreuses failles, le présent volume de 250 pages regroupe parmi les textes essentiels de Lovecraft, et approche à plusieurs occasions l'essence cauchemardesque du Maître, en général quand il en reste à une légère distance de sécurité. On ne se frotte pas impunément aux Grands anciens.

Nathanaël Bouton-Drouard


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