ELIAS LE MAUDIT
2004 - 2007
Image de « Elias Le maudit »
Dessinateur : Corrado Mastantuono
Scenariste : Sylviane Corgiat
Nombre de pages : 168 pages
Distributeur : Les Humanoïdes associés
Date de sortie : 17 juin 2009
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Elias Le maudit »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Un roi cruel cherche à rassembler les pièces éparses d'un jeu de tablettes nommé « le jeu des corps célestes », visant ainsi à détenir un pouvoir absolu sur le monde. Mais sa quête croise la route d'un sorcier qui le punit de ses ambitions sans limite : ils échangent leur visage. Se sentant damné par cette nouvelle apparence qui lui fait perdre son royaume - et surtout qui le dote du visage de son pire ennemi -, Elias poursuit sa quête en chevalier errant, à la recherche du sorcier...
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Une carte à jouer

La BD francophone ne se consomme plus aujourd'hui que sous forme d'album cartonné. A l'heure du comics et surtout du manga, des éditeurs comme les Humano optent pour des rééditions d'intégrales, en volumes souples et à prix réduit. Une bonne occasion pour les retardataires de découvrir Elias le Maudit.

 

Avec son petit peuple persécuté, l'un des derniers géants du pays de glace, un méchant magicien et un chevalier lancé dans une quête vengeresse, Elias le Maudit ne cache pas son appartenance à l'un des genres favoris de la bande dessinée française : l'heroic-fantasy. Mais si la structure globale (retrouver le mal et le détruire) ainsi que la constitution progressive d'une équipe d'aventuriers hétéroclites sent forcément le déjà-vu, ce n'est que pour mieux s'en écarter, glisser vers une vision plus sombre et plus fouillée. A l'instar d'Elias, ancien roi conquérant et orgueilleux, devenu après le vol de son identité un cavalier errant aussi prompt à sauver l'innocent qu'à bousculer ses camarades et ceux qui se placent, même involontairement, sur son chemin. Un antihéros certes, mais qui n'est pas au centre d'un classique récit de rédemption, mais plutôt d'un retour vers le contact avec l'autre, avec l'humain... même si celui-ci est un zwerg (sorte de hobbit cannibale) ou un colosse de trois mètres. Des personnages secondaires par essence, mais qui, grâce à l'écriture de Sylviane Corgiat (Lune d'ombre, Stellaire) trouvent chacun leurs petites caractéristiques, leurs petits instants de gloire et une sympathie certaine permettant de dépasser l'habituel rôle de faire-valoir. Une place de choix, sans doute due à la plume féminine qui en est à l'origine, est aussi laissée à Evangele, jeune et belle guérisseuse, dont la force de caractère et le naturel ne peuvent laisser Elias insensible.

 

Les lois de la cité

 

Une belle galerie de personnages pour une trame assez linéaire dans le fond mais qui est sans cesse dynamisé par de petites touches d'humour et de fantaisie, mais surtout par un vrai sens de l'action et du dépaysement qui doit beaucoup à l'illustrateur italien Corrado Mastantuono. Inconnu en France (qui fait attention aux signatures des BD dans Mickey Parade ?), l'artiste papillonne de BD Disney en fumeti plus réalistes et polars, et signe avec Elias Le Maudit sa première et seul BD « à la française ». Celle-ci apparaît presque comme un aboutissement de son style à la fois précis et clair, mais aussi dynamique, balancé par des décors digne d'un Moebius ou d'un Caza. Des planches tout simplement superbes qui, en plus de la plastique du coup de pinceau, s'avèrent aussi convaincantes dans leur construction et leur cadrages. Petit problème cependant : ce qui fut longtemps appelé par l'éditeur et les auteurs un « premier cycle de trois tomes » aboutit aujourd'hui à une série de trois tomes. Malgré une plongée au centre de la terre pour trouver les origines de la peste rousse, l'album aujourd'hui présent laisse énormément de questions en suspens et une nouvelle quête en devenir. En même temps, on a déjà vu des œuvres inachevées en bien pire état.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

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