FLASH ANTHOLOGIE
Etats-Unis - 1940/2014
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LE PITCH
Depuis 1940, les rues des villes-joyaux, Keystone City et Central City, sont parcourues et défendues par trois générations de bolides écarlates. Jay Garrick, Barry Allen et Wally West ont tour à tour endossé l’uniforme écarlate de l’éclair humain : Flash ! Cette anthologie inédite offre un parcours sans temps mort à travers l’historique du personnage et sa place toute particulière au sein de l’univers DC.
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Le monarque du mouvement

Enfin de retour dans l'actualité avec une participation attendue dans le prochain film Justice League et surtout une nouvelle série tv produite dans la foulée d'Arrow, Flash méritait bien une anthologie. Surtout que le bolide rouge a toujours eu une place très particulière au sein de l'éditeur, sorte d'électron libre dont les multiples évolutions transforment à chaque fois le visage de DC Comics.

Pas toujours facile pour un super héros de vivre dans l'ombre de figures aussi incontournables que Batman ou Superman, auréolées de succès éditoriaux à la chaine et de longues sagas cinématographiques. Pourtant, aucun de ces deux là ne peut se vanter d'avoir autant impacté la grande histoire éditoriale de DC Comics. Des virages à 180° que décrivent à la perfection les nombreux textes explicatifs qui accompagnent encore une fois le volume, entre la biographie des auteurs et artistes, telle une version abrégée mais précise de l'ouvrage ultime de Taschen. C'est en effet lui qui sera le premier costumé à revenir chez les libraires en 1956, annonçant à lui seul l'avènement de « l'âge d'argent ». C'est lui qui croisera en 61 sa première incarnation dans un mythique "Flash of Two Worlds" amorçant la mise en place des terres parallèles. C'est lui qui sera le pivot de la première équipe de super-héros, la Ligue de Justice. C'est lui qui sauvera l'univers dans Crisis on Infinite Earth et conditionnera la nouvelle compression des univers alternatifs. Et c'est enfin le même qui en tentant d'empêcher sa nemesis Nega-Flash de tuer sa mère dans Flashpoint, sera à l'origine du reboot de 2011.

 

Le  sultan de la vitesse


Un personnage central, essentiel qui est aussi un des seuls à avoir connu trois grandes incarnations, trois hommes derrières le masque. Le premier, Jay Garrick sera crée dès Flash Comics #1 en 1940 par Gardner Fox et Harry Lampert dans un récit des origines forcément naïf, et illustré avec certaines maladresses, mais qui contient déjà les ingrédients qui vont faire la réputation de l'homme le plus rapide du monde : un héros décontracté, usant de ses pouvoirs pour jouer des tours à ses ennemis tout en en profitant pour séduire la belle Joan. Une BD toujours légère, où peu à peu des méchants aux couleurs criardes et aux ambitions on ne peut plus matérielles, vont se réunir sous l'appellation des Lascars. A son look un poil ringard de Mercure du pauvre (vive la casserole sur la tête), on lui préfèrera bien entendu sa seconde incarnation, Barry Allen et son costume plus athlétique qui comme le montre l'excellent récit des origines dans Showcase #4, préserve la tonalité initiale du héros, tout en ajoutant un ingrédient surprenant : Barry est un fan du premier Flash dont il lisait les comics étant enfant ! C'est le début de l'âge d'argent, et clairement la meilleure période du personnage puisque sous l'impulsion de scénaristes comme John Broome et le vétéran Gardner Fox (créateur de la première version) Flash ne cesse de voir son petit monde prendre de l'ampleur avec un palmarès de méchants de plus en plus foutraque (le violoneux, l'homme-miroir, Captain Cold, Le charlatan... et surtout le terrible Nega-Flash), des croisements réguliers avec Jay Garrick, l'arrivée du jeune Wally West (premier Kid Flash et futur repreneur du masque ), le mariage avec Iris West qui insiste sur l'aspect comédie romantique ... instaurant pour la première fois l'idée du « famille Flash ». A cela s'ajoute la totale omniprésence graphique du géant Carmine Infantino, livrant des couvertures révolutionnaires et mythiques (quelques unes sont reproduites dans le livre) et surtout des planches dont la précision du trait et l'inventivité des représentations de la vitesse délirantes du personnage sont restées des références. La preuve avec les quatre épisodes regroupés ici, parfaitement choisis et qui constituent le pic qualitatif de l'anthologie.

 

Le bolide écarlate


On est un peu moins convaincu par les épisodes suivants. Déjà la partie post-Crisis on Infinite Earth ou finalement Wally West reprendra l'identité de Flash après le sacrifice de Barry Allen, sera bien moins constante, marquée par les changements d'orientations des story-arcs des différents scénaristes (Grant Morrison, Mark Waid ou Geoff Johns) mais se sont surtout les difficiles et très violentes 90's qui ne correspondent pas forcément à l'atmosphère et la nature du bolide. Même problème du coté des illustrateurs (Mike Wieringo, Humberto Ramos, Greg Laroque...) qui semblent toujours trop balourds, trop figés et musclés pour retranscrire la diligence du héros. On notera tout de même la réorganisation logique de l'ensemble de la famille Flash avec l'introduction de la notion de "Force Véloce", mais comme beaucoup de comics, ce fut une période difficile et instable. Heureusement les années 2000 vont retrouver une belle part de la grâce du Silver Age, avec certes des passassions de pouvoir régulières entre Wally West, un Barry Allen revenu d'entre les morts et même Jay Garrick, mais avec une maturité et une compréhension de la longue histoire éditoriale qui permet de piocher à nouveau dans la fraicheur d'autrefois. De très bons segments comme le Justice League of America #20 illustré par le percutant Ethan Van Sciver , dans lequel Flash ne cache pas son admiration devant la sculpturale Wonder Woman, ou l'énième relecture des origines par Francis Manapul et Brian Buccellato qui compile avec élégance et clarté toutes les trajectoires et surtout le feuilleton paru dans Wednesday Comics. Une revue dont le but était de renouer avec le rythme des publications hebdomadaires et qui permet à Karl Kerschl de livrer une aventure totalement délirante avec le grotesque Gorilla Grodd dans lequel la capacité de Flash de voyager dans le temps et les dimensions est poussée à son paroxysme. Superbe et excessivement drôle.

Une fois encore tous les épisodes historiques de répondent pas présents (certains sont disséminés dans les précédentes Anthologies) et certains choix éditoriaux sonnent comme de petites fausses notes (le très anecdotique Teen Titans ou le dérivé de la série TV en fin d'album), mais la traversée reste particulièrement révélatrice de la nature même de Flash et de son parcours historique. Et puis le rapport qualité / prix est toujours aussi alléchant.

© DC Comics / Urban Comics

Nathanaël Bouton-Drouard






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