SHERLOCK HOLMES SOCIETY T.1 : L'AFFAIRE KERLODGE
France - 2015
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Dessinateur : Stéphane Bervas
Scenariste : Sylvain Cordurié
Nombre de pages : 56 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 6 mai 2015
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
De 1891 à 1894, Sherlock Holmes s’est fait passer pour mort. Peu de personnes savaient qu’il avait survécu à son affrontement avec James Moriarty aux chutes de Reichenbach. Pas même le docteur Watson. Puis, après bien des épreuves, Holmes a mis fin à cette duperie et repris son activité de détective-conseil. Il travaille aux côtés de Scotland Yard pour arrêter un copycat de Jack l’Éventreur quand son frère Mycroft vient solliciter son aide. Keelodge, un village enclavé entr...
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La mort frappe à baker Street

Joie, la collection 1800 de Soleil accueille une nouvelle aventure fantastique de Sherlock Holmes. Une spécialité que s'est faite Sylvain Cordurié, et qu'il ne cesse de creuser avec une chronologie complète qui prend de plus en plus forme.

Le détective le plus célèbre du monde est tombé dans le domaine public depuis un moment, ce qui permet à nombres d'auteurs de s'essayer à lui donner de nouvelles dimensions. Entamée par le biais du diptyque Sherlock Holmes & Les Vampires de Londres, la vision de la collection 1800, entièrement orchestrée par Sylvain Cordurié se plait à le confronter à des menaces plus ésotériques et fantastiques qu'à l'accoutumée. Après les suceurs de sang, les créatures lovecraftiennes (Sherlock Holmes & Le Nécronomicon) et les expérimentateurs temporels (Sherlock Holmes & Les Voyageurs du temps), le scénariste pousse une fois encore son personnage fétiche dans les limbes des sectes criminelles et des grands monstres du cinéma avec Sherlock Homes Society. Une nouvelle série annoncée en quatre volumes, avec à chaque fois un illustrateur différent, qui débute par une ultime confrontation avec un copycat de Jack L'éventreur avant d'envoyer le détective en mission dans un village contaminé par un étrange virus. Voilà qui signe la résurrection officielle de Holmes (que le public croyait mort aux chutes de Reichenbach), mais qui souligne aussi à quel point Cordurié compose peu à peu un véritable tableau évolutif de la création de Conan Doyle.

 

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Assombri encore plus par ses récentes découvertes sur les menaces ténébreuses qui pèsentsur le monde des humains, Holmes est ici plus dépréssif et distancié que jamais, mais fait preuve aussi d'une familiarité presque inédite avec son compère Watson, comme si ces récentes expériences lui avaient rappelé l'importance des relations humaines. Comme toujours depuis les premiers albums de la collection, l'auteur use d'un réel talent pour retrouver le sens de l'écriture acérée des textes originaux, la minutie des enquêtes, mais y ajoute sa propre personnalité, plus volontiers tournée vers l'action. Les 56 pages de L'Affaire Kerlodge se lisent ainsi d'une traite, jouant habilement sur les codes de l'invasion zombie, disséminant quelques indices sur l'ampleur des tomes à venir, et réussit à étoffer constamment des personnages que l'on croyait connaître par cœur comme Mycroft, plus manipulateur que jamais, où le brave Watson très touché par la disparition d'une consœur. Un excellent début, rehaussé par les planches de Stéphane Bervas (2021). Son style s'imprègne admirablement du « cahier des charges » 1800, avec un trait semi-réaliste des plus précis et expressif, qu'il combine avec une très belle ampleur dans les compositions, l'utilisation de décors et une certaine nervosité dans les assauts des morts-vivants. Un contexte terrifiant, opaque et tendu, qui est d'ailleurs particulièrement bien rendu par le travail presque monochrome du coloriste Jean Bastide.

Nathanaël Bouton-Drouard


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