DRUUNA T.2 : CREATURA / CARNIVORA
Italie - 1990/1992
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Dessinateur : Paolo Eleuteri Serpieri
Nombre de pages : 152 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 13 juin 2016
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Un vaisseau spatial est en approche d’un mystérieux astéroïde. Will, l’un des membres de l’équipage, a d’étranges visions alors qu’il capte un signal radio provenant du corps céleste. Un « rêve » qui parait pourtant si réel... À l’issue d’un majestueux dédale, il rencontre une femme magnifique vêtue de rouge. Elle l’attend pour faire l’amour mais prétend qu’il n’est que le fruit de son imagination : une illusion dans une illusion. Elle dit s’appeler Druuna.....
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A croquer

Second volume de la nouvelle édition intégrale concoctée par Glénat, le doublet Creatura / Carnivora transporte la plantureuse héroïne dans un mélange de cauchemar scabreux et d'érotisme affolant dont les atours dramatiques se révèlent étonnamment de plus en plus complexes.

Toujours aussi luxueux ce volume, qui en plus des deux albums initiaux comporte en suppléments de superbes illustrations et des pages à l'étape du crayonné, opère un certains revirement dans la vie de la jolie brune aux formes généreuses. Les deux premiers tomes constituaient la suite d'une même histoire contant la découverte par Druuna d'une arche gigantesque rattrapée par l'apocalypse qu'elle avait tenté de fuir. Les tomes 3 et 4 fonctionnent plutôt en effet miroir, chacun usant, abusant du précepte du rêve éveillé, d'une réalité manipulée, pour décortiquer une aventure souvent trop loquace, ambitieusement métaphysique, mais pas toujours des plus habiles dans sa disposition. Se réveillant après un long sommeil, Druuna se rend compte qu'une fois encore tout s'est écroulé autour d'elle, mais sera sauvée par de nouveaux explorateurs, attirés par d'étranges messages télé kinésique. Pas une opération simple puisque les mutants sont toujours aussi voraces, et que l'esprit fusionné de Shastar (son premier amant) et Lewis (l'IA) fragilise les perceptions.

 

La tête et l'entrejambe


Et bien entendu dans Carnivora rien ne s'arrange puisque c'est cette fois-ci toute la nouvelle navette qui se retrouve au centre des frontières entre les dimensions, distendant le temps et faisant apparaitre des monstres organiques dignes du The Thing de John Carpenter. Dans cette ambiances oppressante, paranoïaque aussi puisque des clones de chacun apparaissent, Paolo Eleuteri Serpieri absorbe le lecteur moins par ses considérations philosophiques que par sa fascination pour une science-fiction très bis (italienne donc) et sa faculté incroyable à systématiquement placer son héroïne dans des situations hasardeuses. Ne rechignant que rarement à la besogne, la miss fantasme sur ses beaux males préférés, se retrouve une fois sur deux sans aucun vêtement, est obligée de s'accoupler avec une famille de dégénérés, voir carrément de se faire violer par une horde de mutants défigurés... Du pur Druuna en somme, où l'artiste continue de nous fasciner par la maitrise élégante de son trait, réaliste, ferme, anatomique, la profondeur et la finesse de ses décors low-tech, l'absurdité de ses créations horrifiques et organiques. Encore et toujours très beau, ça c'est indéniable.

Nathanaël Bouton-Drouard


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