CRISIS ON INFINITE EARTHS & CRISIS COMPAGNON
Crisis on Multiple Earth Vol.1-5 / Absolute Crisis on Infinite Earth / History of the DC Universe / Legend of the DC universe Special COIE - Etats-Unis - 1963 /1985
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Nombre de pages : 1088 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 8 juillet 2016
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
L'Anti-Monitor mène ses troupes de soldats d'ombre de dimensions en dimensions afin de détruire les Univers parallèles et de s'alimenter de ses énergies perdues. Son double positif, le Monitor réunit une assemblée de héros de différentes Terres afin de stopper son avancée, mais même les plus puissants des surhommes ne peuvent rien face à la vague d'antimatière qui fond sur eux. Des mondes vont vivre... des mondes vont mourir... et l'Univers DC ne sera plus jamais le même !
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L'ancien testament

Tout lecteur de comics sait que chez DC, les « Crisis » sont des chapitres incontournables et cycliques venant renverser la vapeur et donner une nouvelle impulsion à un univers en constante évolution. Edité il y a très longtemps chez Artima (en 86-87 donc) puis en quatre albums souples chez Semic (mais avec une colorisation peu convaincante), l'œuvre séminale Crisis on Infinite Earths débarque enfin dans sa version définitive, avec un équivalent Compagnon bien senti.

A force de reboot, chaos cosmiques et remises en question constantes de l'équilibre de la mythologie DC, le principe des grandes crises, crossovers évènementiels vendus avec une promotion envahissante, la nature même de ce type d'évènement finit par se noyer dans sa propre forme cyclique. Pourtant leur modèle à tous, le fameux Crisis on Infinite Earths était à l'origine une maxi-série unique en son genre, totalement inédite et qui surtout avec une véritable raison d'être. Sans refaire ici l'intégralité de la longue et complexe histoire des éditions DC, autrefois National Allied Publications, la firma a connu sa première heure de gloire super-héroïque de 1938, la première apparition de Superman, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, voyant apparaitre quelques légendes comme Batman, Wonder Woman, Aquaman, mais aussi la 1ère Société de Justice d'Amérique réunissant les plus grands d'entre eux. A l'époque tout était simple, vilains contre gentils, et les univers partagés encore à leurs balbutiements. C'est la renaissance même des super-héros au début des années 60 qui va entièrement changer la donne, les auteurs remettant aux goûts du jour de nombreux titres célèbres, mais en réinventant plus ou moins les personnages, en changeant leurs pouvoirs ou leurs identités. Quitte même à faire se croiser leur différentes incarnation comme dans l'inventif Flash of Two Worlds.

 

pré-histoire


L'idée de terres parallèles commence à prendre naissance naturellement, en particulier lorsque la firme rachète progressivement quelques anciens concurrents comme Fawcett Comics (Captain Marvel), Quality Comics (Uncle Sam) ou Charlton Comics (Blue Beetle), ou plus tard donne carte blanche pour ouvrir de nouveau univers aux connexions pas des plus clairs avec la maison mère (le Quatrième Monde de Jack Kirby). Les auteurs, souvent fins connaisseurs des anciennes publications et friands de l'exercice multiplient les croisements de personnages à travers le temps, les dimensions et les différentes facettes d'un catalogue de héros costumés de plus en plus conséquent et complexe. Une étape presque devenue une tradition dans les pages de Justice League of America, lorsqu'après un premier contact avec l'ancienne Société de Justice (avec des doublons de personnages donc), l'équipe prit l'habitude tous les ans de leur rendre visite, occasionnant quelques échanges de vilains, mais aussi des accidents qui vont leur faire rencontrer les Freedom Fighters en pleine Seconde Guerre Mondiale, donner un coup de main à la Marvel Family, se confronter pour la première fois au terrible Darkseid, voir sauver ce multivers des manipulations temporelles de Per Degaton, aux cotés de l'Escadron des étoiles. Des mini-crossovers réunis dans l'imposant volume français Crisis Companion, et dont on découvre étonné et amusé, les titre prophétiques : Crisis on Earth-Two, Crisis on Earth-S, Crisis on Earth-Prime...

 

le meilleur des mondes

 

Si ces grandes aventures débridées, marquées par la décontraction du Silver Age, peuvent sembler encore naïves, elles portent clairement les germes de la catastrophe à venir : une multiplication constante des références, des chronologies qui se croisent et se contredisent, divers incarnations d'un même héros qui survivent dans différents titres, des auteurs qui s'emmêlent les pinceaux et des nouveaux lecteurs qui peinent à rattraper le TGV lancé à toute blinde. D'où la naissance d'une idée aussi simple que révolutionnaire qui va permettre de clarifier ces différentes terres cohabitant à quelques vibrations l'une de l'autre: sélectionner directement les évènements et l'historique à préserver, et rafraichir le panthéon de l'éditeur. Ca sera Crisis on Infinite Earths, une maxi-série incontournable de douze numéros aux répercutions colossales confiée à deux des plus talentueux créateurs du milieu des 80's, Marv Wolfman et George Perez qui viennent justement de démontrer leur savoir-faire avec la relance inoubliable de Teen Titans. Ici le ton se fait moins décontracté, plus sentencieux, mais le contexte s'y prête puisque l'Anti-Monitor dévore une à une toutes les réalités parallèles, ne laissant que peu de survivants sur son passage. Seule une Terre finalement survivra, agrégat réfléchis du meilleur de chacunes, utopie dramatique annonçant dans ses derniers retranchements une relance généralisée des titres phares avec une mise à plat des origines de chacun. Auteur pointilleux, ici impressionnant, Wolfman brasse allègrement 50 ans d'histoires et des milliers de pages de BD mettant certes en avant les héros les plus iconiques, mais aussi quelques figures plus atypiques, allant jusqu'à utiliser les anciens titres westerns (Jonah Hex, Batlash...), les BD de guerre (Sgt. Rock, Le Tank Hanté) ou le future post-apocalyptique de Kamandi.

 

neo-Genesis


Un puzzle géant, ébouriffant par la multiplicité des apparitions et guest, colossal par le brio constant de son orchestration. A la fois une tragédie de dieux déchus, une épopée humaine symbolique, cette fresque cosmique, réflexion excitante sur le sacrifice, le destin et naturellement l'héroïsme, pousse la réussite jusqu'à user d'une trame quasi-biblique qui rend l'ensemble accessible même aux moins studios des lecteurs. A la fois carnage géant (les pertes sont nombreuses), blockbuster toujours inégalé par son gigantisme, la maxi-série porte tout autant la marque du minutieux George Perez, artiste à la ligne d'une fausse simplicité, narrant l'enchainement éreintant de conflits et révélations par un gaufrier classique, mais qui une fois encore esbaudit par son génie de la gestion de l'espace. Reconnu pour sa maitrise justement des comics mettant en scène de nombreux personnages, Perez signe ici son œuvre graphique la plus majestueuse, explorant dans chaque page un fourmillement de détails et de figures toutes caractérisées et colorées.

Un véritable tournant dans l'histoire des comics, indéfiniment copié depuis mais sans jamais atteindre cet aspect incontournable, mis en valeur par une très belle édition concoctée par Urban Comics. Cette dernière contient en supplément pour la première fois l'inédit, et tardif, numéro de Legend of the DC Universe Special proposant un tie-in anecdotique mais sympathique, et surtout les deux chapitres de History of the DC Universe venant conclure en bonne et due forme les évènements de Crisis. Ecris en prose et accompagné d'illustrations libres des deux mêmes auteurs, ils délivrent ce qui était alors la version définitive de l'Histoire DC.

Nathanaël Bouton-Drouard










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