ARCHANGEL
Archangel #1-5 - Etats-Unis - 2016/2017
Image de « Archangel »
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 4 avril 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Archangel »
portoflio
LE PITCH
2016. Suite aux mauvaises décisions de ses dirigeants, la planète entière est devenue un enfer radioactif. Le dernier espoir de l’humanité a un nom : le Splitter, une colossale machine à remonter le temps conçue pour changer le cours de l’histoire. À moins que les paradoxes temporels qu’elle risque de produire n’aboutissent à un désastre plus terrible encore… Alors qu’une lutte de pouvoir s’immisce pour le contrôle du Splitter dans le présent, en 1945, l’agent du rense...
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fight the future

Grand fondateur de la mouvance littéraire cyberpunk, William Gibson (Neuromancien) s'essaye au forma plus condensé du comic pour un Archangel qui ressemble plus que jamais à une série B d'action badass : Voyage dans le temps, mondes parallèles, seconde guerre mondiale, et beaucoup, beaucoup, de castagne.

Petit raccourci rapide pour les rares qui n'auraient jamais jeté un œil sur un texte de Gibson où auraient entendu parler de lui : le créateur de Neuromancien est aussi considéré dans la SF que Stephen King fans la littérature horrifique. Une référence, un inventeur de concept (comme le cyberspace), parfois même un visionnaire, mais qui est resté essentiellement attaché aux romans ou aux nouvelles, en dehors de deux épisodes de la série X-Files et une adaptation de son propre Johnny Mnemonic pour le cinéma. D'ailleurs ce Archangel était au départ prévu pour un scénario original, une nouvelle tentative de faire son entrée sur grand écran, avant que Gibson n'abdique et accepte la proposition de IDW d'en faire une minisérie en cinq épisodes. Deux formats (le ciné et la BD) bien plus élusifs que le roman, qui poussent manifestement l'écrivain, aidé par le copain Michael St. John Smith, à tailler dans le gras, réduire sa trame à l'essentiel et emporter le tout dans le feu de l'action. La définition de la pure série B, usant d'un canevas de SF bien noir, pour mieux délivrer son lot de gunfight, de poursuites et de révélations abyssales... tout ça bien entendu dans une Allemagne à peine sortie de la seconde guerre mondiale et qui devient le théâtre d'un affrontement venu du futur.

 

chronophage


Une variation autour du célèbre Terminator, que Gibson tempère tout de même en insufflant quelques réflexion plus politiques (une famille de tyrans américains s'amusant à conquérir les lignes temporelles), idéologiques (la menace nucléaire, la pseudo suprématie ricaine) et scientifiques en installant d'emblé une utilisation très pertinente du voyage dans le temps et ses conséquences. Le background est largement maitrisé, solidement ancré, mais finalement Archangel semble toujours courir après quelque chose dans une suite d'accélérations et de frénésie qui empêche au récit de véritablement prendre de l'ampleur. Les personnages s'avèrent le plus souvent assez creux (le vilain Junior et son sourire de sociopahte) ou inexploité comme l'anglaise Naomi Givens et son collègue américain embarqué malgré eux dans cette course contre la montre. Trépidant, parfois excitant même, en particulier grâce à la mise en scène bien musclée signée Butch Guice (Winter Soldier, Nick Fury Agent of Shield) décidément très à l'aise dans ce contexte de Guerre Froide à la fois réaliste et bourré de gadgets. Plutôt bien trouvés ou réinventés d'ailleurs. Malheureusement là aussi Archangel tend à s'essouffler. Suite à une série de retards éditoriaux, Guice se voit épaulé assez discrètement par Alejandro Barrionuevo (The Authority) sur le quatrième chapitre avant d'être totalement remplacé pour le final. Une «apothéose» effrénée avec un regard lecteur final qui froid dans le dos, absolument gâchée par la triste performance de Wagner Reis (Vampirella, Warlord of Mars) se vautrant dans des illustrations brouillonnes et amateurs.

Un essai pas vraiment transformé donc pour le passage de William Gibson du coté de la BD, mais qui pourrait se découvrir un nouveau souffle et une meilleur apparence sous la forme d'une adaptation cinéma. Retour à la source en somme.

Nathanaël Bouton-Drouard




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