SKYBOURNE
Skybourne #1-5 - Etats-Unis - 2017/2018
Image de « Skybourne »
Dessinateur : Frank Cho
Scenariste : Frank Cho
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 16 mai 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Skybourne »
portoflio
LE PITCH
Après sa miraculeuse résurrection, Lazare eut trois enfants : Abraham Skybourne, Thomas Skybourne et Grace Skybourne. Sa progéniture se vit alors dotée de pouvoirs hors du commun : une force extraordinaire, une peau impénétrable et l’immortalité. Ceci est leur histoire, une histoire faite de vengeance, de pouvoir et de meurtres…
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L'épée magique et le lance-roquettes

L'illustrateur star Frank Cho a enfin regagné son indépendance, et chante que l'on ne l'y reprendra plus. Il multiplie alors depuis l'année dernière les annonces de nouvelles créations en rafales avec pour lancer la machine un massif Skybourne. Une minisérie en cinq épisodes qui porte la signature de son créateur : de l'action démesurée, des créatures fantastiques et une héroïne au corps... imposant.

C'est d'ailleurs souvent à cela que les lecteurs résument l'art de Frank Cho : des femmes aux courbes fermes et généreuses, souvent tout à fait consciente de leur pouvoir sur les hommes. Liberty Meadows, ses couvertures pour Wonder Woman ou ses illustrations jouant de la polémique autour de la sexualisation des supers-héroïnes, Cho a vraiment le dont pour réunir à la fois les ados la bave aux lèvres et les lectrices qui apprécient justement l'autorité qui se dégage de ces superbes femmes. Mais comme en attestent les planches de son passage sur Hulk, sur Shanna The She-Devil, son Savage Wolverine ou New Ultimates, le bougre a aussi un talent inné pour l'entertainement massif, explosif et disproportionné. Un sens de l'action qui prend systématiquement tout sa dimension dès lors que Cho y trouve un moyen pour explorer son amour pour les aventures d'Indiana Jones, la culture Pulp et le cinéma fantastique d'autrefois. Mélange de mythologie arthurienne, de concept à la Highlander et de blockbuster moderne avec du Dwayne Johnson dedans, Skybourne ressemble alors à une virée dans la chambre de l'éternel ado.

 

he-men


Construit comme une suite presque ininterrompue de castagnes plus ou moins spectaculaires, un peu sanglantes, parfois volontairement ridicules (l'entrainement de Thomas) parfois aussi épiques qu'un final de Game of Thrones, les cinq chapitres défilent en vitesse lumière propulsant les deux immortels Skybourne, Thomas et Grace, sur les traces d'un Merlin en quête de vengeance contre l'humanité depuis la chute de Camelot. Un contexte prétexte plus qu'un scénario véritablement étoffé qui permet à l'auteur d'invoquer une armée de dragons, un minotaure, des centaures (dont un profite du boxon pour se taper une licorne !?!), des sirènes, fées et autres loups-garoux, mais aussi quelques grands monstres du cinéma piochés du coté des Kaiju-eiga ou des œuvres de Ray Harryhausen. Fun forcément, impressionnant tout autant, surtout que le trait fort, les rondeurs de ses contours et la précision de ses poses et mouvements, atteignent ici un nouveau palier. Associé à un découpage ample et maitrisé, ses illustrations grandiloquentes font, presque, toute l'identité de Skybourne. Presque car il est évident que malgré la construction en minisérie unique, le titre est aussi une expérimentation autour d'un univers aventureux dont on aperçoit ici qu'une infime partie. La destinée des enfants de Lazare reste le plus souvent dans l'ombre, emporté par l'action, et ne prend donc jamais vraiment le temps d'être développée, à peine effleurée. Les contrastes entre Thomas et Grace sont pourtant plutôt intéressants, entre l'âme torturée du premier qui espère trouver un jour de mettre fin à sa vie, et la seconde qui prend son rôle de gardienne très à cœur... Frank Cho a ici un beau matériau brut à peaufiner dans les années à venir s'il veut.

Nathanaël Bouton-Drouard


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