DEVOLUTION
Devolution #1-5 - Etats-Unis - 2016
Image de « Devolution »
Dessinateur : Jonathan Wayshak
Scenariste : Rick Remender
Nombre de pages : 176 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 26 septembre 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Devolution »
portoflio
LE PITCH
Dans le futur, suite à l’épidémie d’un mystérieux virus, toutes les créatures sur Terre ont « dévolué », plongeant la planète entière dans une nouvelle Préhistoire. Toute trace de civilisation a disparu, et les cités humaines ne sont plus que des territoires hostiles dominés par néandertaliens à dos de mammouths, tigres à dents de sabre et autres insectes géants anthropophages. Seule une poignée d’êtres humains semble avoir gardé ses capacités intellectuelles. Parmi e...
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à coup de massue

Entre deux titres Marvel bien maitrisés, l'auteur Rick Remender aime à questionner notre futur, notre avenir, laissant affleurer dans des dystopies peu engageantes comme Tokyo Ghost, The Last Days of American Crimes ou Low, une note d'espoir touchante, essentiellement portée par la nature profonde de l'être humain. Dans Devolution, l'être humain peut crever la gueule ouverte.

Voilà une minisérie qui tranche sérieusement en effet avec les œuvres récentes de Rick Remender. Il faut alors rappeler que le concept de Devolution est né en 2012, un peu avant que sa carrière n'explose définitivement, et que le titre est édité non pas par Images Comics mais par la plus nerveuse Dynamite. Si le scénariste a sans doute retravaillé sa copie en cours de route après une premier annulation due à une brouille entre le très fin Paul Renaud et l'éditeur, reste que l'idée même de ce virus hautement volatile plongeant une planète terre, déjà bien éreintée, dans un nouvel âge de pierre approximatif (il y a quand même beaucoup de dinos et d'insectes géants) est moins issu de l'esprit du Remender de Black Science, que de celui plus bis de Fear Agent. En version vénère. Il ne faut pas s'y tromper : si les cinq chapitres et le volume intégrale français arborent de superbes et gracieuses illustrations de Jae Lee, l'intérieur à été confiée au bien plus barbare et cradingue Jonathan Wayshak (Call of Duty Zombies, Lost Boys : Reign of Frogs).

 

pour que ça rentre bien dans la crane


Avec de petits airs punks de Simon Bisley, le bougre prend un sacré plaisir à donner corps aux pires pulsions du script, balançant avec un sens du détail bien à propos, autant de décors post-apocalyptiques ravagés, de designs de créatures tout en griffes et en bave, que de planches qui s'engouffrent joyeusement dans le gore gratuit et le sordide : gamin bouffé à moitié, ptérodactyle qui arrache l'œil de sa victime, Cro-Magnon qui fait caca, fornications pas toujours volontaires et festival de têtes explosés, de membres tranchés et de cadavres pourrissant en tous genre. Ce n'est pas encore le foncièrement malsain Crossed... mais pas loin. Surtout qu'ici Remender manie la même démonstration par l'absurde que Garth Ennis en réduisant la race humaine à une horde de sauvages obsédés par la mort, le cul et le culte du pouvoir, éliminant vicieusement en cours de route les plus innocents. Devolution ne fait pas dans la poésie, ni dans la nuance, et prend la forme d'une course effrénée et sanglante pour une survie impossible, un peu à l'image d'un Mad Max Fury Road où les néo-nazis au vocabulaire limité (pléonasme) se partageaient la gloire avec une araignée géante ou un mégalodon espiègle. A force de pousser le levier dans les extrêmes Devolution ne peut s'extirper de l'énorme défouloir colérique qu'il est, balançant une double conclusion, entre fatalisme froid et délire 50's improbable, avec une hargne aveugle qui manque de se manger le mur de peu.

Nathanaël Bouton-Drouard


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