LES VOLEURS DE BEAUTé
France - 2018
Image de « Les Voleurs de beauté »
Dessinateur : Manuel Garcia
Scenariste : Philippe Thirault
Nombre de pages : 64 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 24 octobre 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Les Voleurs de beauté »
portoflio
LE PITCH
Un soir d'hiver, Benjamin et sa fiancée Hélène sont pris dans une tempête de neige et trouvent refuge dans un chalet où un avocat aux allures de vieux beau vit avec sa femme et un petit homme repoussant qui leur sert d’homme-à tout-faire. Ils sont bien accueillis, mais peu à peu, un poison se mêle au charme. Fasciné et épouvanté à la fois, Benjamin va découvrir par mégarde le secret des lieux : un boyau humide et souterrain où leur Barbe-Bleu d’hôte et ses complices enferment...
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miroir tronqué

Il n'y a pas que le cinéma qui va chercher ses sujets du coté des succès de l'édition, mais aussi parfois la BD qui s'essaye à l'exercice compliqué de l'adaptation en quelques dizaines de pages d'un roman. Ici la cible est Les Voleurs de beauté qui valu à son auteur Pascal Bruckner (Lune de fiel, Le Divin enfant) un prix Renaudot en 1997.

Un romancier clairement en marge d'une certaine littérature française moderne puisqu'il n'hésite jamais à embrasser le fantastique, le thriller ou la fable moderne pour venir questionner le lecteur et la société moderne sur ses déviances et ses faiblesses. Sa marotte restant la mise en accusation de la société de consommation, le culte de l'apparence et l'infantilisation de la culture occidentale. Evocation d'une génération soixante-huitarde qui a depuis longtemps perdu de vue ses illusions pour se bercer dans un confort et une quête de la jeunesse éternelle assez pathétique, Les Voleurs de beauté est un livre franchement surprenant dans sa construction digne d'un roman d'horreur (assistant difforme, récit en flashback par le biais d'un témoin, maison isolée aux expériences douteuses...), ses notes d'humour noirs assez déstabilisantes, le tout tirant, par ses exigences thématiques, vers l'essai social et philosophique.

 

beauté cachée


Presque 300 pages, non pas dense, mais en tout cas assez difficile à réduire à la petite soixantaine que constitue l'album en présence. Le très productif et disparate Philippe Thirault déjà auteur d'adaptations comme Le Père Goriot ou La Guerre des boutons, s'y essaye pourtant en tentant de capturer l'essentiel de ce conte pour adulte. Le jeune couple perdu dans la neige, l'étrange homme masqué qui conte ses mésaventures à la gentille ( ?) infirmière, le couple de vieux-beaux et leurs secrets les plus intimes... Tout est là, ou tout comme, mais forcément en remplaçant une lente mise en place d'atmosphères et un jeu constant sur les bifurcations morales, par quelques planches forcements plus directes, une grande partie de l'attrait s'évapore. L'écriture est soignée, mais tout s'enchaine trop rapidement, trop facilement, décrédibilisant constamment les personnages (réduits souvent à des archétypes) et anéantissant l'effet de surprise. Un rendez-vous manqué en somme, même si on reconnaitra d'authentiques qualités aux illustrations et au découpage de l'espagnol Manuel Garcia. Un artiste que l'on croise plus généralement du coté des comics aussi bien chez Marvel (Spider-Man New Avengers) que chez DC (Checkmate), mais qui trouve de temps en temps en France une occasion de s'oxygéner un peu dans des environnements plus réalistes. Avons aussi qu'illustrer une partouze bourgeoise ça doit pas lui arriver tous les jours aux USA.

Nathanaël Bouton-Drouard


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