MIDNIGHT TALES VOL.2
France - 2018
Image de « Midnight Tales Vol.2 »
Nombre de pages : 136 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 2 novembre 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Midnight Tales Vol.2 »
portoflio
LE PITCH
Dans ce deuxième opus de Midnight Tales, nous poursuivons notre voyage à travers le monde, faisant escale au Caire en 1927, où un vieil homme occidental - de 5 cm de haut ! - vient solliciter l’aide des Midnight Girls, Zohra et Jamila, afin de retrouver sa taille normale. Au Canada, une vague de disparitions autour du lac Majeur semble être liée à de petites créatures vivant au fond de l’eau. Trois lycéennes - Camryn, Brandy et Aileen - vont enquêter afin de retrouver les agresseur...
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Season of the witch

Il y a quelques mois à peine, Mathieu Bablet lançait son nouveau projet d'envergure : Midnight Tales. Une nouvelle revue anthologique pour le label 619 d'Ankama, mais avec cette fois-ci un univers commun. Après une introduction intrigante et une démonstration de force visuelle, ce second tome libère-t-il vraiment le sortilège ?

Un projet encore un peu fou pour l'éditeur Ankama, devenu il est vrai coutumier du fait, et qui sans avoir vocation à prendre la relève de Doggybags lui emboite le pas avec une petite variation dans le concept. Là où le premier dévelopait une collection d'histoires scabreuses et flippantes sans autres liens que de petites fioritures thématiques, Midnight Tales entend bien mettre en place, histoire après histoire, un univers complet, étendu, et cohérant. Une idée qui a germé dans l'esprit du très talentueux Mathieu Bablet (Shangri-la, Adrastée) qui officie comme grand orchestrateur de l'objet mais aussi comme scénariste et illustrateur récurent. L'occasion pour ce dernier d'invoquer quelques camarades de jeu, et pas des moindres, puisque l'on retrouve cette fois-ci l'incontournable Florent Maudoux (Freaks' Squeele), le novéliste Tanguy Mandias (qui a fait des merveilles sur Doggybags justement) ou Mathilde Kitteh (Wrecked Hearts) ainsi que quelques petits nouveaux comme Da Coffee Time (illustrateur) ou Isabelle Bauthian (écrivaine). Des approches qui varient, qui se teintent des identités de chacun que ce soit dans les choix visuels disparates, mais toujours élégants et marqués, ou les approches scénaristiques en philactères ou en proses illustrés avec parcimonie.

 

rituels


La sensation de défricher peu à peu une toile bien plus vaste est sans doute l'effet recherché par Bablet, tout autant que la volonté de présenter les multiples facettes de situations rencontrées par cet Ordre de minuit. Des histoires de maison fantômes (Witch O'Whinchester), une évasion égyptienne sur les traces d'une citée perdue (L'étrange cas de Mr Bartholomew), un ultime combat pour sauver l'âme de son ancêtre (L'Amulette), une rencontre entre deux jeunes filles perdues (Devil's Garden) ou même une invasion insulaire digne d'un texte de Lovecraft (Nous ne croyons pas), chaque épisode se suit avec d'autant d'intérêt que les portraits de personnages majoritairement féminins qui y sont installés impulsent directement d'une note délicate et généralement mélancolique. Si Midnight Tales peut être considéré comme est une œuvre féministe, c'est uniquement parce qu'elle sait donner la parole à ses héroïnes sans excès de manifeste ou de grands discours. Un second volume toujours aussi séduisant donc, mais qui une fois encore semble se contenir, se réserver pour plus tard, empêchant alors l'objet de décoller définitivement vers une aventure plus épique. Quelques bribes dans les dernières pages du Tome 1, une planche finale et un personnage secondaire, dans celui-ci, les récits restent à distance les uns des autres comme par peur de trop en dévoiler et, il faut le reconnaitre, c'est un petit peu dommage car le potentiel saute constamment aux yeux. Est-ce que le prochain Midnight Tales Vol.3 se déroulant exclusivement au Japon, viendra bousculer tout ça ?

Nathanaël Bouton-Drouard


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