LA CITé DES CHIENS
France - 2015/2018
Image de « La Cité des chiens  »
Dessinateur : Jakub Rebelka
Scenariste : Yohan Radomski
Nombre de pages : 120 pages
Distributeur : Akileos
Date de sortie : 24 octobre 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « La Cité des chiens  »
portoflio
LE PITCH
Volas, cruel seigneur de la Cité des Chiens, est sous l’emprise de l’Ombre à laquelle il n’hésite pas à sacrifier sa famille pour faire régner sans partage son pouvoir sur les Norlandes. Craignant pour sa vie, sa nièce Enora fait appel à un groupe de renégats, la Confrérie de l’Île des Pendus, pour l’assassiner. Mais comment lutter contre un ennemi comme l’Ombre, la part obscure que chacun porte en soi ?
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Pelage d'hiver

Edité pour la première fois en 2015, le premier tome de La Cité des chiens avec son récit aux contours médiévaux et ses planches renversantes de beauté, avait fait son petit effet. Curieusement depuis plus rien, ou plus grand-chose, et ce n'est finalement qu'aujourd'hui que sort enfin la conclusion de ce diptyque mais directement en volume intégral et en noir & blanc.

Petit coup dur pour ceux qui possèdent le premier album au format classique, belle surprise pour les autres qui peuvent découvrir d'emblé cette légende très Sword & Sorcery dans un superbe grand format, dos toilé et surtout des planches intégralement en noir et blanc. Occasion rêvée, même si la colorisation était très réussie, de découvrir que le travail de Jakub Rebelka n'est pas si proche qu'on pouvait le penser d'un Mike Mignola et ses aplats de couleurs. La pureté des lignes encrées, la fermeté des contours, les contrastes ultra marqués entre les zones de lumières et d'ombres sont plus impressionnants de maitrise que jamais, soulignant un croisement rêvé entre la géométrie des peintres médiévaux, l'expressivité de Philipe Caza et la poésie baroque du grand Comès. Des références qui auraient pu être écrasantes, mais que le dessinateur accompagne avec finesse, imposant son univers sombre et fantastique, et sa propre identité visuelle. Du moins, il faut le reconnaitre, essentiellement dans la première partie.

 

Désolation


La seconde se montre en effet étrangement moins marquante. Les personnages gagnent en formes arrondies, les décors se font moins fouillés, les détails moins creusés et les compositions des planches reposent désormais plus largement sur les espaces blancs et cela bien avant que la situation ne se soit véritablement allégée. Curieux revirement qui d'une certaine façon semble un écho du récit lui-même qui, après une longue et nécessaire installation présentant les personnages en présence autant que la nature atypique de cette fable épique, s'écoule plus nonchalamment, s'attardant trop largement sur des personnages très secondaires, avant de s'achever presque abruptement sur un petit happe end épistolaire... Comme si La Cité des chiens n'était que le point d'amorce d'une aventure bien plus grande. Pourtant La Cité des chiens, laisse constamment affleurer la puissance évidente d'un grand récit classique, geste de la reconquête du pouvoir, de vengeance et d'amour, embrassant la simplicité du conte moral pour mieux y puiser une noirceur omniprésente, une dureté et une cruauté surprenante. Jusqu'au bout, la douce et belle Enora magnétise les planches, contraste naturel avec le sordide du monde qui l'entoure, la magie noire qui suinte des marais ou des forêts décharnées, et bien entendu avec la puissance malade de son oncle (ou père ?) Volas, tyran froid et malsain. Une figure totale du pouvoir qui corrompt tout sur son passage. Une BD souvent forte, éclatante, mais qui semble malheureusement avoir épuisé ses auteurs en cours de route.

Nathanaël Bouton-Drouard


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