CYBERWAR T.1 : DAY ONE
France - 2018
Image de « Cyberwar T.1 : Day One »
Dessinateur : Denys
Scenariste : Daniel Pecqueur
Nombre de pages : 48 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 17 octobre 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Cyberwar T.1 : Day One »
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LE PITCH
Etats-Unis, dans un futur proche. Une vague d’attaques informatiques plonge le pays dans le chaos. Une guerre des nerfs commencent alors entre les autorités et des pirates qui semblent insaisissables.
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cherchez le héros

Le terrorisme, sujet sensible et malheureusement d'actualité depuis de trop nombreux mois, se pare cette fois des atours d'une nouvelle série de bandes dessinées dont voici le premier tome.Alors, petite bombe ou pétard mouillé ?

Washington, lors de la finale du championnat de baseball. Soudain, le noir. Le stade et toute la capitale sont plongés dans les ténèbres. Dans les tribunes, craignant une quelconque attaque à son encontre, le service de sécurité du président s'empresse de l'exfiltrer. Une fois dans son hélicoptère, le chef d'États apprend que l'attaque ne visait pas que Washington et qu'on dénombre déjà plusieurs incidents ferroviaires et l'arrêt de trois centrales nucléaires. La cyber attaque ne fait plus aucun doute. Pendant ce temps, au sol, parmi des civils paniqués, Jack et sa petite amie tombent par hasard sur un homme blessé suite à un accident de la circulation. L'étranger leur confie, juste avant de mourir, une clé USB qu'il leur enjoint de porter à la Maison Blanche. Si l'introduction de ce premier tome de Cyberwar n'est pas exempt de clichés, il faut lui reconnaître une véritable efficacité dans son découpage, qui prend le lecteur de court et l'embarque fissa dans une course contre la montre qui promet d'être intense. A une exception près, et de taille : après une dizaine de pages, son héros malgré lui (le fameux Jack) se révèle être un beau salopard qui se rend coupable de vol, vandalisme et meurtre, laissant le lecteur seul, sans rien à quoi se raccrocher, dans un univers qui menace de disparaître très rapidement dans ce qui semble se transformer bien vite en future troisième guerre mondiale.

 

petit manuel de fin du monde


Le moins que l'on puisse dire, c'est que le scénario de Daniel Pecqueur (les séries Golden City et Arctica) se révèle vite particulièrement cynique. Scènes de pillages, meurtres et viol s'y succèdent avec une belle régularité, tandis que les autorités compétentes, dépassées, tombent de plain pied dans les pièges retors conçus et préparés par des terroristes sans visage. Une étrange originalité probablement voulue par l'auteur mais qui désarçonne sévèrement le lecteur, qui ne devient qu'une sorte de témoin passif d'une fin du monde semblant de toute façon annoncée. Une froideur de ton qui se retrouve aussi dans les dessins de Denys (plusieurs albums dans les séries d'anthologie Jour J et Sept...), dont le réalisme exacerbé donne encore un peu plus de crédit à l'histoire, mais aussi dans des messages informatifs (en forme de nota bene) portés constamment à la connaissance des lecteurs et appuyant la véracité des faits et des recherches effectuées par l'auteur pour raconter son histoire.

En choisissant donc le réalisme (un peu à la manière d'un Christophe Bec) plutôt que le divertissement pur et en s'interdisant un héros clairement identifié, on peut prédire que ce premier tome de Cyberwar ne satisfera pas tous ses lecteurs. En attendant de voir jusqu'où ses auteurs oseront aller dans cette direction.

Laurent Valentin


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