SAMBRE VIII : CELLE QUE MES YEUX NE VOIENT PAS…
France - 2018
Image de « Sambre VIII : Celle que mes yeux ne voient pas… »
Dessinateur : Yslaire
Scenariste : Yslaire
Nombre de pages : 72 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 28 novembre 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Sambre VIII : Celle que mes yeux ne voient pas… »
portoflio
LE PITCH
Juin 1862. La Bastide. Bernard-Marie a le pleen de son âge. Pour l’oublier, il se passionne pour le théâtre, la photographie, l’entomologie et la migration des sphinx tête de mort. Paris. Judith est l’une des attractions principales du Pays des Sphynges, qui compte par mi les bordels les plus courus de la capitale.
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le regard des damnés

Accompagné par une exposition de planches se déroulant du 5 décembre au 16 janvier prochain à la Galerie Glénat de Paris, voici l'avant-dernier album de la grande saga romantique d'Yslaire, tragédie familiale rédigée dans une encre rouge sang.

Entamé il y a bien longtemps sous la forme d'une grande fresque fougueusement romantique et passionnée, Sambre a glissé doucement mais surement du coté de la tragédie historique. Une histoire dans laquelle est tissée le destin de la famille Sambre déchirée par ses secrets et cette absurde crainte d'une malédiction portée par une jeune fille aux yeux rouges. Ménageant l'arrivé imminente du grand final depuis le précédent Fleur de pavé, Yslaire ne cache pas l'issue funeste et dramatique qui s'approche à grand pas et dont forcément les deux jumeaux qui s'ignorent, Bernard-Marie et Judith seront les premières victimes. Tout ici est donc le récit d'un rapprochement impossible, d'un fil tendu entre les deux jeunes gens aux lisières, comme souvent dans Sambre, d'un surnaturel affleurant. Lui, enfermé dans sa campagne, se passionne pour les papillons en espérant échapper à l'ennui et sa tante castratrice. Elle devenue prostituée espèrent échapper à la maison close et devenir moins une actrice, qu'une célébrité du Tout Paris.

 

dernière génération


Le spleen des Fleurs du mal de Baudelaire d'un coté, le réalisme sociétal et fastueux des Misérables de Victor Hugo de l'autre, Celle que mes yeux ne voient pas... est comme toujours une œuvre viscérale, délicate et désespérément poétique. Un éclat sublime rehaussée par la pate plus profonde que jamais du dessinateur, dont le trait s'est creusé et largement affirmé depuis 1986 (il suffit d'ouvrir le premier tome pour s'en rendre compte), qui maintient d'ailleurs une approche classique, crayon et pinceaux en mains. Le coup de crayon est souvent visible, l'encrage souligne les matières et l'opposition constante entre un monochrome gris-verts et des touches puissantes d'un rouge couleur sang et passion, fait de véritables merveilles dans les compositions où, la aussi, le réalisme documenté aime laisser place à un impressionnisme plus éthérée. On ne peut alors qu'être fasciné par la beauté impertinente de Judith, adolescente survivante uniquement attirée par son propre reflet comme un écho aux gamines d'aujourd'hui. Avec cette maturité graphique on se demande vraiment à quoi ressemblerait leur mère, Julie, grande héroïne de la première partie de Sambre, dont tant de lecteurs étaient tombés amoureux. La réponse, on l'espère, l'année prochaine.

Nathanaël Bouton-Drouard


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