IN ONE’S LAST MOMENT
Shinigiwa / シニギワ - Japon - 2016
Image de « In One’s Last Moment »
Dessinateur : Kentaro Fukuda
Scenariste : Kentaro Fukuda
Nombre de pages : 208 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 28 novembre 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « In One’s Last Moment »
portoflio
LE PITCH
Mamoru Kaname, 16 ans, peut voir la mort de ceux qu’il touche, ce qui lui vaut le surnom de « dieu de la mort ». Un jour, il découvre comment Kana Shiraishi doit mourir. Il s’engage alors dans une lutte sans fin pour changer le destin de celle qu’il aime.
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dernier souffle

Il y a des grandes et des petites victoires. Celle de Soleil Manga aujourd'hui est d'avoir réussi à décrocher les droits d'un manga publié dans l'une des mythiques revues Jump (en l'occurrence Shônen Jump GIGA). Petite victoire parce que Shinigawa ne fut manifestement pas l'un de ses grands succès s'achevant au bout d'un seul volume.

Un arrêt peu naturel et sans doute un peu brutal pour In One's Last Moment comme en atteste rapidement la lecture avec une mise en place assez efficace, qui présente avec le soin nécessaire les personnages principaux, dispose quelques mystères et dérobe violemment les prévisions du lecteur par une révélation marquante à la fin du troisième chapitre... Avant de laisser place à une dernière partie en forme de conclusion précipitée après une belle ellipse de quelques années. La bonne nouvelle c'est que Kentaro Fukuda a réussi à mener sa trame jusqu'à un final convaincant et logique, même si le rythme général, l'ambiance et l'accroche au personnage en pâtissent nettement.

 

éloge funèbre


Malheureusement ces ingrédients sont clairement au cœur de ce manga, qui plutôt que de verser dans le très commun jeu de massacre adolescent si populaire actuellement, imagine un jeune homme, Mamoru, décidé à sauver quoi qu'il en coûte la jolie Kana des griffes de la mort. S'il a en effet le pouvoir de voir le décès prochain des personnes qu'il touche, il n'a cependant qu'une incidence limitée sur celle-ci devant au pire livrer une autre victime en pâture aux entités squelettiques, au mieux subir lui-même les souffrances et les scarification liées. Et pour la fille qu'il aime, il est prêt à tous les sacrifices. Déjà auteur d'un Devilyman encore inédit en France, mais limité là aussi à seulement deux volumes, Kentaro Fukuda a encore une certaine fragilité dans son écriture, quelques facilités dans la manière d'articuler les réactions de ces héros ados. Il a par contre ici de très jolies idées, et impose rapidement une trame au romantisme indéniable, versant agréablement dans le gothique contemporain avec une ligne graphique fine, parfois morbide, mais jamais glauque. Des touches qui ressemblent parfois à du Suehiro Maruo soft, mais qui exacerbe l'abnégation du héros, son donc silencieux dont l'être aimé ne saura jamais rien. Touchant, en particulier dans un dernier chapitre intitulé « Il y a autant de façon de mourir que d'êtres humains » où se nouent les ultimes enjeux entre love story déchirante, découverte d'une amitié profonde et illustration délicate de la condition humaine. Il aurait vraiment été intéressant de voir ce qu'aurait pu donner ce manga s'il avait pu se développer dans son entier.

Nathanaël Bouton-Drouard


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