AQUAMAN : LA MORT DU PRINCE
Adventure Comics #435-437,441-455 + Aquaman #57-63 - Etats-Unis - 1974/1978
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Nombre de pages : 344 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 7 décembre 2018
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Destitué et exilé, Aquaman débute une des périodes les plus sombres de son existence. Il doit ainsi faire face au retour de ses pires ennemis dont Black Manta. Mais même cette avalanche de duels terrifiants et de défis éreintants ne peut le préparer à ce qui va rester le pire échec de sa carrière de justicier.
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le poids de la couronne

Question de profiter et de rappeler ses origines de papier, Urban Comics ne pouvait pas passer à coté d'une sortie librairie Aquaman pour cette fin d'année. Venant compléter les récentes sorties de la série ongoing et des deux tomes de Sub-Diego, voici enfin un titre qui s'intéresse au passé de l'atlante de DC.

Il a beau apparaitre triomphalement (?) sur grand écran dans sa propre superproduction en ce mois de décembre, Aquaman n'en reste pas moins l'un des demi-dieux DC Comics les moins connus, et appréciés, de la famille. Pourtant sa longévité reste tout à fait admirable puisque sa première apparition date de 1941. Mais sans doute encore plus que ses célèbres copains encapés (euh Batman, Superman & co.), le maitre des mers a connu tout au long de sa carrière de nombreuses coupures, des changements de revues, des retours ratés et de grands moments d'amertumes. Là encore, malgré son t-shirt orange à écailles et son joli collant vert et moulant, Arthur Curry de son vrai nom, a même parfois été un précurseur, et à connu ses petits moments de gloire. Ca a certainement été le cas avec cette longue saga étalée sur une bonne quinzaine de fascicules où la trame va passée de simple double programme dans Adventure Comics, éclipsée par les péripéties du Spectre, avant d'en devenir la star et enfin de reprendre sa propre revue là où l'éditeur l'avait laissé soit au numéro 57. Preuve s'il en est que dans ce feuilleton retitré de nos jours La Mort du prince, il s'y déroulait des évènements qui accrochainet les jeunes lecteurs de ce milieu des années 70.

 

contre-courrant


Cet ingrédient est clairement une instance dramatique totalement inédite puisque le groupe de scénaristes, menée par David Michelinie (cocréateur de Venom et auteur très productif sur le Spider-man des années 90), ont décidé de bousculer la petite vie royale du roi Arthur, en lui envoyant d'épisodes en épisodes à peu près tous ses ennemis mythiques (son demi-frère Ocean Master, Black Manta, le Pécheur et sa canne meurtrière... on ne rigole pas) pour mieux lui ravir son trône, son jeune acolyte qui part sur les traces de ses propres origines, son fils et pourquoi pas sa jolie femme Mera. Rarement un super-héros n'aura connu autant d'infortunes et certainement que les ultimes évènements, traumatiques pour le personnage, ont participé à ouvrir la voie au fameux Dark Age de la décénnie suivante. Très osé pour l'époque et sans aucun doute inconcevable sur un titre comme Superman, le récit contenu dans ce volume des DC Archives (avec une très jolie couverture rétro) n'en est pas moins limité par son époque avec des épisodes fill-in justement pas toujours très palpitants, un chapitrage un peu laborieux, des twists carrément kitch et surtout un manque de virtuosité qui gâche les effets. Là où dix ans plus tard la mort de Jason Todd (Batman Un Deuil dans la famille) sera illustrée comme un évènement historique, le décès, pourtant atroce, du fils d'Aquaman, manque d'emphase, le héros disparaissant presque dans la foulée pour chercher revanche. Pas de deuil ici, ou bien trop tardif, le scénario manque la marche, laissant le lecteur plus occupée à découvrir l'identité secrète (là aussi c'est un tournant) de Black Manta.

Un album un peu daté donc, dans sa forme et sa manière, malgré une ambition certaine, mais qui reste un passage indispensable pour les fans du personnage.... Et pour les fidèles du grand Jim Aparo (Phantom Stranger, Batman and the Oustiders) tant l'approche dynamique et spectaculaire de l'artiste donne à Aquaman la prestance et la puissance qui lui a un peu trop souvent manqué.

Nathanaël Bouton-Drouard


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