TARZAN : L’INTéGRALE RUSS MANNING NEWSPAPER STRIP VOL.1
Tarzan: The Complete Russ Manning Newspaper Strips - Etats-Unis - 1967 / 1969
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Dessinateur : Russ Manning
Scenariste : Russ Manning
Nombre de pages : 290 pages
Distributeur : Graph Zeppelin
Date de sortie : 11 décembre 2018
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
En 1967, l’entreprise qui gère le fonds du créateur de Tarzan, la Edgard Rice Burroughs Inc, fait appel à Russ Manning pour prendre en charge la production des bandes dessinées (comic strips) qui paraissent quotidiennement dans la presse, avec comme condition que celles-ci soient en harmonie avec la vision du créateur. Assisté de Bill Stout, Mike Royer et Dave Stevens, Manning illustre 9 histoires complètes en noir et blanc, découpées en bandes, à paraître quotidiennement (dailies) ...
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King of the lost continent

Après la publication de son Star Wars chez Delcourt, Russ Manning (Magnus l'anti-robot) est de nouveau à l'honneur, mais cette fois-ci chez Graph Zeppeling, avec le premier volume d'une intégrale de ses « newspaper strips » consacrés à Tarzan. Une saga phare aux USA proposée dans un superbe album, dos toilé, papier de qualité et restauration minutieuse, qui a d'ailleurs récolté un Eisner Award 2014 dans la catégorie "Best Archival Collection: Comic Strips".

Souvent réduit à ses incartades cinématographiques, Tarzan est pourtant bel et bien un héros multi support connaissant, outre bien entendu la série de romans de son créateur Edgar Rice Burroughs, des centaines d'adaptations du coté de la BD. Et sa grande et longue heure de gloire aura sans aucun doute été avec la succession presque ininterrompue de comics strips venant agrémenter quotidiennement les journaux américains. Un exercice ardu, restreint le plus souvent à seulement quelques cases en noirs et blancs, où des artistes comme Hal Foster (Prince Vaillant) et Bruce Hogarth avaient largement brillés avant que Russ Manning n'en reprenne la charge. Pourtant, maniant à la fois l'élégance noble du premier et la richesse sauvage du second, Manning s'impose naturellement. Visuellement tout d'abord par cette maitrise constante et impressionnante du noir et blanc (on est un peu moins convaincu par la colorisation des épisodes plus légers du dimanche), ses jeux d'ombres, ses décors, mais aussi par le dynamisme haletant qu'il impose à l'homme en pagne sans jamais perdre de vue la nécessitée d'installer une véritable histoire, convaincante. Pour cela l'artiste n'est d'ailleurs pas allé chercher bien loin puisqu'il fut dès sa prime jeunesse un authentique fan des œuvres de Burroughs, et en particulier des textes concernant Tarzan, qu'il connait sur le bout des doigts.

 

que son règne soit


A une époque où la figure de sauvage blanc reste dans la mémoire collective celle de Johnny Weissmuller et malheureusement plus pour les comédies familiale que pour le mélange d'aventure, d'érotisme et de violence farouche des deux premiers longs métrages pré-Code (Tarzan The Ape Man et Tarzan and his Mate), le strip de Manning s'efforce de rappeler les véritables origines du personnage. Adieu donc dès les premières publication à la petite cahutte perdue dans les bois et retour du grand Lord Greystoke propriétaire d'une fière demeure au cœur de la jungle africaine, en même temps d'ailleurs que la remise en avant du jeune Korak, véritable fils de Tarzan et Jane, et casse-cou patenté. Sans forcément adapter directement des nouvelles de Burrough, Manning réintroduit constamment des concepts de l'auteur, de la citée d'Opar et sa reine libidineuse, du monde perdu peuplé de dinosaures, de cannibales et d'homme-oiseaux, jusqu'au retour des grands singes, bien plus impressionnants que la petite (et fatigante) Cheetah. Du grand feuilleton se renouvelant sans cesse, enchainant les péripéties, multipliant les ennemis exotiques (des dieux égyptiens) au plus classiques (des pseudo-révolutionnaires en quête d'or), avec toujours en ligne de mire cette vision unique du surhomme : un mélange parfait entre la force de la nature et la raison de la civilisation. Tarzan retrouve ici toute sa noblesse, sa grandeur d'âme et son iconisation presque politique, lui le grand défenseur de l'équilibre entre les peuples et pourfendeur écologiste avant l'heure.

Nathanaël Bouton-Drouard






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