U.C.C. DOLORES T.1 : LA TRACE DES NOUVEAUX PIONNIERS
France - 2019
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Scenariste : Didier Tarquin
Nombre de pages : 48 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 9 janvier 2019
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
C’est un grand jour pour sœur Mony. À 18 ans, il est temps, pour cette orpheline recueillie à la porte du couvent des Nouveaux Pionniers, de quitter le nid et de trouver sa voie. Mais à peine propulsée dans le monde extérieur, voilà que la jeune fille découvre être l’héritière du UCC Dolorès, un croiseur de guerre de l’armée confédérée ayant appartenu au général Mc Monroe, de sinistre mémoire ! Incapable de manœuvrer un tel engin, la candide Mony se met en quête d’un...
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A big ship for sister mony

Enfin ( ?) libéré des aventures de Lanfeust qui viennent d'achever leur troisième épopée, l'illustrateur Didier Tarquin a enfin trouvé ses marques pour se lancer dans la voie ardue de l'auteur complet. Avec UCC Dolorès l'artiste change d'univers, d'éditeur et orchestre scénario et dessin avec une même fraicheur retrouvée. A priori ça lui a fait du bien.

Sans vouloir s'attirer les foudres des fans inconditionnels, il faut reconnaitre que cela fait bien longtemps que la saga Lanfeust ne fait plus vraiment sensation, se perdant dans une quête à rallonge, épuisant bien souvent au passage son dessinateur, clairement pas toujours inspiré dans ses planches et son trait. Pourtant le monsieur a du talent et, après s'être échauffé sur quelques séries de son cru (Les Ailes du Phaéton, SPEED Angels...) en laissant le soin d'illustrer le tout à quelques collègues, il franchit ici le pas pour un U.C.C. Dolorès qui a tout de l'œuvre personnelle. Une sorte de fantasme absolu pour un illustrateur comme lui, revendiqué comme issu de la culture geek, qui s'embarque en l'occurrence pour un voyage débridé dans un space opera décomplexé, où il s'amuse à mêler toutes ses influences favorites (Star Wars, Tolkien, Blueberry, Captain Harlock...) dans un tableau d'autant plus excitant qu'il reste sans prétention autre que de divertir, d'amuser et de faire voyager.

 

la planète au trésor


Comme nourries par un second souffle, ces planches se montrent bien plus fouillées, précises et excitantes que ses dernières prestations sur Lanfeust, comme si le fait de prendre en main son propre univers, lui avait redonné la fougue d'origine. Aidé de ce coté par son épouse Lyse aux couleurs, il déploie ainsi un patchwork maitrisé, faisant cohabiter mégapole étouffante grouillante de vie et de pollutions diverses, planétoïde perdu en forme de paradis perdu et surtout un espace étendu, sauvage... Oui comme dans un western. C'est d'ailleurs essentiellement à ce genre plus précisément que ressemble le plus U.C.C. Dolores (avec une grosse dose d'aventures de pirates) en faisant cohabiter une belle et plantureuse femme d'église, sœur Mony, et un vieux briscard en fin de course, Cash façon Sierra Torride de Don Siegel avec Clint Eastwood et Shirley Maclaine. Très généreux donc dans son dispositif, carrément efficace dans son graphisme, la nouvelle série de Didier Tarquin se montre tout aussi séduisante dans son récit constamment mis en mouvement par l'action pure et ses personnages. Les échanges dialogués cultivent le second degré, l'aspect série B met constamment en avant une certaine décontraction, mais U.C.C. Dolores indique déjà la direction d'un voyage initiatique qui ne sera pas sans conséquence pour la belle et ingénue Mony qui se découvre l'héritière d'un monstre de guerre et devient la cible d'enjeux qui la dépasse totalement. Classique certes, mais ultra fun.

Nathanaël Bouton-Drouard


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