VIRUS T.1: INCUBATION
France - 2019
Image de « Virus T.1: Incubation  »
Dessinateur : Rica
Scenariste : Sylvain Ricard
Nombre de pages : 136 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 9 janvier 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Virus T.1: Incubation  »
portoflio
LE PITCH
Une équipe d’intervention spéciale pénètre chez Guillaume pour l’interroger sur les évènements récents qui ont eu lieu au laboratoire où il travaille. Mais il n’y a que sa petite amie chez lui qui les informe qu’il est parti en croisière se ressourcer. C’est une catastrophe : Guillaume est porteur d’un virus mortel.
Partagez sur :
la croisière ne s'amuse plus pour longtemps

Malgré les cas Costa Concordia, le taux colossal de pollution de ces paquebots puants et la prolifération de prolos qui suintent la crème solaire, les croisières de luxe font toujours autant rêver. Ajoutez-y un petit patient zéro qui diffuse à chaque respiration un virus inédit et diablement performant, et tout de suite le billet semble un peu cher payé.

Il y a quelques semaines un petit fait divers a fait son apparition sur le web, parlant d'une sublime croisière de luxe se transformant en cauchemar absolu à cause d'une épidémie galopante de gastro. Au-delà des rires vaguement compatissants que cela a pu provoquer chez tous les chanceux qui n'y étaient pas, cette information résonne directement, et de manière bien plus inquiétante, avec le nouvel album de Sylvain Ricard et Rica, le très justement nommé Virus. Ici aussi il est question d'un voyage le long des flots qui tourne à la catastrophe à cause d'un agent pathogène, sauf que ce dernier n'a rien de naturel et se révèle irrémédiablement fatal. Ancien ingénieur biologiste moléculaire, Sylvain Ricard (François sans nom, Motherfucker) maitrise totalement son sujet et semble prendre un malin plaisir à décrire par le menu toutes les étapes de cette phase d'incubation qui déjà laisse quelques lits couchettes inoccupés.

 

Piège en haute mer


Reprenant directement la structure progressive de tout récit catastrophe qui se doit, avec la multiplication des personnages secondaires, l'annonce des dégâts à venir et quelques révélations bien placées, ce premier album se bâtit efficacement sur une tension qui monte lentement mais sûrement. Mais plus intriguant encore que les évènements qui se déroulent sur le bateau, les remous dans le gouvernement français dont est témoin le lecteur s'avèrent aussi glaçant que passionnant. Entre vulgarisations limpides, secrets d'états, manipulations et petites malversations « pour le bien de tous », Virus cible juste maniant tout aussi bien un sérieux flippant, qu'un humour noir salvateur. Ce premier album se veut une entrée en matière crédible, la plus véridique possible, mais n'appuie pas inutilement sur l'argument anxiogène (merci y a notre chère télévision pour ça), préférant habiller le tout des atours d'un thriller médical légèrement bis, lestement exubérant. Quelques effets plus spectaculaires et sanglants, et surtout une mise en image extrêmement dynamique signée Rica (Minus). Un artiste venu de l'illustration musicale et rock (d'ailleurs sa mise en page de la soirée rave en est une preuve) qui manie une matière très charnelle mais avec des effets presque déformants, caricaturaux, excessifs. A priori pas aux goûts de tout le monde, mais pourtant ce style plutôt atypique se montre aussi à l'aise dans le découpage clinique que dans des cadrages plus alambiqués, idéal pour donner un peu de couleurs à une forte pagination en noir et blanc.


Conçu comme une entrée en matière faussement calme, ce premier tome du triptyque en devenir se montre tout à fait convaincant (un peu trop peut-être ?), aidé par quelques bonus informatifs qui rappellent que la recherche bactériologique à but militaire continue un peu partout sur la planète... Pas certain que toute cette histoire s'achève en chanson. «it's loooove boaaaat».

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :

 

Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009-2019