HOPE ONE T.1
France - 2019
Image de « Hope One T.1 »
Dessinateur : 'Fane
Scenariste : 'Fane
Nombre de pages : 72 pages
Distributeur : Comix Buro
Date de sortie : 16 janvier 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Hope One T.1 »
portoflio
LE PITCH
« On est en 2020, Megan... Vous avez dormi 49 ans. ». Megan Rausch se remet mal de sa léthargie : nausées, troubles de la mémoire, paranoïa... Malgré les traitements et la bienveillance de son partenaire de bord, la jeune passagère glisse au fil des jours dans la folie... Aucun signe de vie, au sol. À part eux, tout est mort. Stérile. À quoi bon avoir survécu au cataclysme, si tout retour sur Terre semble impossible ?
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la survivante

On l'a surtout connu amateur de grosses mécaniques comme repreneur du célèbre Joe Bar Team, mais aussi habile metteur en scène de courses endiablées au cœur des grands espaces avec Streamliner, voici qu'il change de voie pour un huis clos spatial au cadre des plus resserrés.

A force de lire leur, généralement, très bonnes adaptations de l'univers de Stefan Wul, on en oublierait presque les propositions plus originales de Comix Buro. Pourtant cet éditeur indépendant, désormais protégé par Glénat, aime aussi proposer des concepts inédits voir même risqués. Tout autant qu'au cinéma, la forme du huis clos est ainsi une structure qui ne pardonne pas, exigeant une écriture précise, économe et maitrisée, ainsi qu'une réalisation visuelle tranchée, à la fois étouffante et dynamique. Sur ce dernier point, 'Fane s'est déjà montré plutôt habile dans ses créations précédentes, usant des ses connaissances cinématographiques pour jouer avec un cadre scope, un découpage ample et nerveux dont on retrouve inévitablement ici les bienfaits. Les planches, construites le plus souvent à la verticales pour permettre à l'album de respirer, retrouve assez efficacement les jalons de ses modèles, avec bien entendu en ligne de mire l'implacable Alien de Ridley Scott.

 

asphyxie


Mais pas de créature extraterrestre en présence ici, le monstre semble avoir visage humain, celui d'Adam, partenaire déclaré de Megan, survivant d'un holocauste nucléaire et  gravitant désormais autour de la Terre. Elle, amnésique à cause de son sommeil cryogénique (ou autre chose ?), fait de moins en moins confiance à son acolyte qu'elle perçoit peu à peu comme un geôlier, tandis que 'Fane multiplie les indices pour provoquer le trouble et cultiver le mystère. On pense ici au petit Passengers mais aussi et surtout à 10 Cloverfield Lane, avec cette hésitation constante à ouvrir la trame sur ce qui se passe réellement à l'extérieur. Les pièces secrètes, les autres couples survivants qui restent invisibles, les non-dits, ces sordides visions nocturnes, les journées qui se suivent et se ressemblent... Les bases sont plutôt bonnes dans Hope One, tout comme cette idée de placer le récit en 2020 donnant forcément un avantage un peu vicieux au lecteur, mais la tension peine parfois à garder de bonnes hauteurs, n'évitant pas les redites, tandis que les dessins proprement dits, assez fluctuants, lourdement tracés mais assez creux dans le détail, n'arrivent pas toujours à donner de l'épaisseur, de la densité aux personnages. Parfois un peu trop étirée, cette première partie d'un diptyque dont on devrait connaitre la fin en mai prochain, accroche cependant suffisamment pour que malgré ses dernières planches assez prévisibles, on se demande tout de même ce que Megan va découvrir au-delà de cet habitacle étouffant et des mensonges d'Adam. Comme quoi le suspens n'est jamais bien loin.

Nathanaël Bouton-Drouard


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