SPIDER T.1: RABBIT HOLE
France - 2019
Image de « Spider  T.1: Rabbit Hole »
Dessinateur : Stefano Raffaele
Nombre de pages : 56 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 23 janvier 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Spider  T.1: Rabbit Hole »
portoflio
LE PITCH
Detroit. Une drogue meurtrière, la Spider, déferle dans la mégalopole plongée dans le chaos, provoquant d’horribles mutations chez ses consommateurs. Afin d’en découvrir l’origine, une jeune flic va mener une enquête dans les bas fonds, qui l’entraînera au-delà de ses limites.
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méthadone

Créateur de Prométhée et Olympus Moon, le prolixe Christophe Bec entame la nouvelle année en venant filer un coup de main à Gils Daoust (Carthago Adventures) pour le premier tome d'un diptyque policier. Ici la drogue sévit, mais vu ses effets et son mode d'ingestion, le fantastique devrait rapidement pointer son nez.

Si le rôle de Christophe Bec n'est pas tout à fait limpide dans l'affaire, il est clairement signifié que l'idée de Spider vient de l'esprit de Giles Daoust, réalisateur indépendant (Last Night on Earth, The Room) qui avait justement déjà mis son nez dans l'univers du premier avec un spin-of de Carthago. Un duo qui se connait donc et qui lance ici les aventures d'un autre duo. En l'occurrence deux détectives de Détroit, le vétéran maussade et la jeune recrue bien foutue, qui entre deux cadavres calcinés aux mutations étranges, doit faire face à l'explosion d'une nouvelle drogue virulente : la Spider. Celle-ci s'ingère directement en avalant quelques araignées modifiées et faitapparaitre dans l'esprit du toxicomane des rêves devenus réalités. Après une intervention qui tourne au fiasco, Charlie est obligée de faire cavalier seul, et forcément va devenir à son tour victime du Spider, mais aussi un atout pour le bureau : elle est l'agent infiltré parfait.

 

premier shoot


Si la narration coule de source et joue plutôt efficacement avec la mythologie de cette drogue exotique, en particulier en posant d'entrée de jeu une scène de culte tribal en Ethiopie, le récit repose sur une mécanique un peu trop bien rodée. Les évènements s'agencent à un bon rythme mais toujours en suivant docilement les codes du roman noir et la chute lente de l'héroïne. Un premier tome en forme d'introduction, où tout reste encore à développer, ou une bifurcation vers une tonalité plus horrifique reste possible... On imagine aisément une BD cousine avec les excroissances métamorphes de David Cronenberg (Rage, Existenz) grâce en particulier à une cohabitation réussie entre un décorum contemporain sur fond d'Amérique en pleine crise économique (le choix de Détroit, aux quartiers désormais désertiques, n'est pas un hasard) et une substance qui se répand tel un virus au sein des populations les moins aisées. L'importance du travail visuel de Stefano Raffaele (Fragile), collaborateur privilégié de Bec sur ses meilleurs récits d'horreur soit Pandemonium et Sarah, est indéniable tant il joue sur une certaine frontalité du trait, une colorisation numérique mais atmosphériques, pour mieux glisser régulièrement dans l'épouvante crue, voir le gore. Des apparitions glissées presque comme des inserts, en particulier ces successions de junkies/zombies, aux corps pourrissants, qui alors décuplent certainement la portée de ce premier Rabbit Hole. Le second album saura-t-il s'en saisir ?

Nathanaël Bouton-Drouard


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