WEBWITCH
Matt Martin’s Webwitch #1-5, Tim Vigil’s Webwitch #1-3 - Etats-Unis - 2002/2016
Image de « Webwitch »
Dessinateur : Tim Vigil, Matt Martin
Scenariste : Tim Vigil, Matt Martin
Nombre de pages : 240 pages
Distributeur : Tabou BD
Date de sortie : 29 janvier 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Webwitch »
portoflio
LE PITCH
Transformée en webwitch par la reine de la nation Arachnéïde, Nina a pour mission d'avoir autant de partenaires sexuels que possible afin d'en trouver un qui soit génétiquement compatible pour donner naissance à un roi. Capturée par le gouvernement qui parvient à contrôler son ADN, elle aidera les humains dans leur lutte contre l'envahisseur…
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Verte messaline

Echappée des tréfonds de la BD déviante américaine voici la résurrection de Webwitch, une créature vorace et obsédée qui prépare depuis les années 90 son invasion d'aliens à poil. Improbable, pas toujours recommandable, mais forcément aguichant.

Comme tout un pan de la BD érotique US, Webwitch n'a jamais eu de véritable écho en France avant la présente publication du recueil soigné de Tabou BD (un spécialiste donc). Pourtant cette demoiselle, fit ses premières armes dès 1997 sous les plumes combinées de John Migliore et Raff Ienco, qu'ils imaginent pour le compte des peu regardants Avatar Press, et leur catalogue interdit aux moins de 18 ans. Ils esquissent donc une très jolie jeune femme, Nina de son petit nom, possédée par l'esprit (ou les gènes, on n'a pas tout compris) d'une extraterrestre, afin d'en faire le réceptacle du futur roi des Webwitch pour peu qu'elle trouve la semence adéquate. Et va falloir tester un peu.
Que de promesses, mais le titre n'est pas qu'une revue polissonne, qui s'amuse à balader l'héroïne dans le plus simple appareil et à l'accoupler avec les beaux mecs qui passaient par là, mais aussi un comic mélangeant allègrement SF rétro, avec ses hordes d'envahisseuses verdâtres en tenues improbables, et horreur carrément scabreuse. Présente en seconde partie de cet album, la reprise du titre par Tim Vigil en 2002 et colorisée pour l'occasion, accentue d'ailleurs plus que généreusement cet aspect. Surtout connu pour avoir crée le personnage de Faust (qui eu même le droit a un film oublié de tous), Tim Vigil s'amuse à balancer la jolie Nina (souvent à poil bien entendu) aux cotés d'une troupe de militaires bien musclés dans une jungle où se cache l'une des dernières webwitchs, n'hésitant pas à chevaucher le bidasse avant de l'égorger tel une mante religieuse aux cuisses fermes. Un peu d'Aliens, pas mal de Predator, trois tonnes de gore et un soupçon de sexe gratuit pour trois épisodes aussi corsés que savoureux en particulier grâce à un graphisme très particulier, exacerbé et lourd, que n'aurait pas renier à une certaine époque les équipes d'EC Comics.

 

coïtus interompus


Mais le programme principal reste ici constitué par les cinq épisodes totalement inédits financés en partie par une campagne Kickstarter, à l'instar du récent Jungle Fantasy Vixen. Cover artiste reconnu et collaborateur régulier d'Avatar Press sur Lady Death ou Vortex, Matt Martin reprend plus ou moins le fil de ses collaborateurs et s'amuse même dans un premier temps à expliciter avec ironie les changements de direction de la série et le comportement plus qu'indécent de l'ex-stripteaseuse devenue agent secret du gouvernement. Comme quoi le rêve américain existe encore. On passe ensuite rapidement aux choses sérieuses avec le début de cette fameuse invasion annoncée depuis des lustres... Qui tourne au carnage absolu réduisant les humains en bouillie après les avoir gentiment laissé s'étriper tout seuls. Un délire apocalyptique sidérant de gratuité, aussi mesuré qu'une production Troma, qu'il alterne sans faiblir les parties de jambes en l'air plus ou moins consentantes (et même parfois post-mortem) et les descriptions bien craignos de démembrements divers et meurtres gratuits. Un mélange que l'on n'avait pas vu aussi assumé depuis les grandes œuvres de Toshio Maeda, créateur d'Urostukidoji. Le summum étant ici atteint lorsque Nina se balance jambes écartées au-dessus de ses ennemis, usant de son urine à l'acide pour les défigurer ! Ou comment renvoyer La Mutante à un film pour enfant. Pas franchement maitrisé par contre dans son écriture (euh, elle est où la fin ?), pas toujours égal dans un graphisme très ricain 90's aux airs de sous Michael Turner, Webwitch reste un mélange de cul et de gore totalement assumé, délirant et méchamment primaire. Avouez que ça fait envie.

Nathanaël Bouton-Drouard


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