JUSTICE LEAGUE OF AMERICA T.6: ASCENSION
JLA #55-60, JLA Classified #1-3 + DC One Million 80-Page Giant + JLA: Heaven's Ladder - Etats-Unis - 1999/2005
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Nombre de pages : 320 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 15 février 2019
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Depuis ses origines, la Ligue de Justice, regroupant les plus puissants héros de la Terre, affronte des menaces venues de l'espace à l'occasion de combats épiques. Et la nouvelle aventure qui les attend, dont l'enjeu se joue à l'échelle du cosmos entier, ne déroge pas à la règle... Les justiciers sont aujourd'hui confrontés à une menace dont les implications scientifiques bouleverseront les principes philosophiques qui régissent notre civilisation, rien de moins !
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Ainsi parla la JLA

Voici le tome 6 consacré à l'une des plus célèbres périodes de l'équipe phare de DC Comics, marquant le passage de témoin entre le révolutionnaire Grant Morrison et le non moins percutant Mark Waid. Un ultime volume qui forcément prend parfois des airs pot-pourri un peu trop parfumé, regroupant une Graphic Novel culte, la fin d'un run, un conte de noël, un bout de crossover et quelques épisodes plus tardifs.

D'où d'ailleurs le retour sur la couverture de Grant Morrison dont on retrouve ici en fin d'album des prestations totalement détachées des épisodes de son collègue. En l'occurrence les quelques pages dédiées à la JLA au sein du très spécial DC One Million (imaginant les numéros Un Million des titres les plus célèbres de l'éditeur) et son récit rocambolesque publié dans les trois premiers fascicules de JLA Classified. Dans les deux cas, la JLA y est décrit comme l'archétype de la team super-héroïque et le scénariste se livre à son petit jeu coutumier des lectures multiples et des contractions du multivers... quitte à approcher ouvertement l'auto parodie. Bordélique et délirant, mais pas forcément indispensable, en particulier à coté du travail de Mark Waid qui pour une fois, sans doute par sa plus grande rigueur, se montre bien plus performant.
En achevant son passage sur la série régulière tout d'abord, dans laquelle il livre une ultime invasion de la planète, cette fois-ci organisée par les martiens « blancs », race beaucoup plus vicieuse et violente que celle de J'on Jonzz, et qui n'est vraiment pas loin de réussir. L'aspect classique de la trame, largement tournée vers l'action et le spectaculaire d'une BD catastrophe, est aussi l'occasion de rappeler ce qui fait tout la force de cette JLA, largement malmenée dans les tomes précédents : sa cohésion, sa structure presque familiale. L'illustrateur plutôt standard mais efficace Mike S. Miller (Injustice) se montre alors tout à fait adéquate dans ces cinq épisodes en forme d'essentiel.

 

Les multiples face à l'unique


Et c'est cette même sensation qui se dégage du Graphic Novel qui ouvre ce tome 6 : Heaven's Ladder. Plus connu en France sous le titre Ascension, autrefois édité en album par Soleil puis repris en kiosque pour la sortie du film Justice League au cinéma, le récit verse là plus volontier vers l'épure, vers le grand dessein kubrickien. 2001 L'odyssée de l'espace est l'une des inspirations manifestes de cette aventure cosmique dans laquelle les planètes habitées sont arrachées de leur orbite par des entités extraterrestre, qui vont se révéler être la premier espèce vivante de l'univers, en passe de s'extraire de leur condition et de s'échapper au-delà de la mort. Un grand voyage mystique et philosophique qui questionne l'existence du divin, ou en tout cas s'efforce d'en rassembler toutes les facettes vers une immense note d'espoir. Le scénario est incroyablement ambitieux, parfois un peu trop complexe alors que le « message » est exposé trop ouvertement, mais la dynamique même de la JLA est une fois encore utilisée avec maestria, approchant plus que jamais la stature d'un panthéon moderne. L'autre raison de la réussite d'Ascension est clairement le travail impressionnant de Brian Hitch, plus assuré que sur The Authority pas encore aussi parfait que sur The Ultimates, mais qui déploie son trait réaliste et fouillé au service de planches sensationnelles et grandioses. Placé dans le dernier tier de ce volume, Ascension aurait résonné comme la conclusion idéale à cette collection dédiée à la Justice League of America.

Nathanaël Bouton-Drouard


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