DRUUNA T.5 : CELLE QUI VIENT DU VENT
Italie - 2018
Image de « Druuna T.5 : Celle qui vient du vent »
Dessinateur : Paolo Eleuteri Serpieri
Nombre de pages : 96 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 6 mars 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Druuna T.5 : Celle qui vient du vent »
portoflio
LE PITCH
Druuna atterrit mystérieusement sur un monde ressemblant aux grandes plaines de notre passé. Livrée à elle-même, elle déambule à travers cette immense étendue jonchée de cadavres jusqu’à sa rencontre avec un chef indien qui la nomme « celle qui vient du vent ». Mais il ne semble pas être le seul à la connaître. Ils seront bientôt rejoints par une troupe de conquistadors, Druuna prise entre deux feux… Ce monde est-il seulement réel ? Et pour quelle raison Druuna peut-elle bie...
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bientôt quadra

En complément de la réédition complète et enrichie des albums de la série Druuna, Glénat avait aussi accompagné une relance de l'œuvre de Serpieri avec, entre autres, Anima que l'on nous présentait comme la prequel de Druuna. Voici désormais la suite inédite qui reprend 15 ans après le précédent Clone les péripéties naturistes de la belle amazone.

Comme beaucoup d'œuvres de ce type, Druuna aura, malgré son statut culte dans la BD érotique et SF européenne, finalement surtout connu ses meilleurs moments dans ses premières heures, réussissant à manier à la fois une vision post-apocalyptique déliquescente, une contamination organique déstabilisante et une sexualité débordante, parfois brutale, mais dont semblait toujours sortir vainqueur la sublime Druuna. Les années passent, Serpieri vieillit et oscille avec plus ou moins de bonheur dans une certaine répétitivité et une volonté un peu lourde de révéler les origines de ce monde en constante mutation. Le diptyque La Planète oubliée / Clone tenait encore à peu près la route, même si la lecture manquait d'un peu de souffle, mais clairement Celle qui vient du vent voit culminer tout les défauts de l'auteur en tant que scénariste : monologues interminables, explications lourdes et inutiles, révélations peu convaincantes et un méli-mélo pseudo-philosophique carrément vieillot.

 

celle qui vend du vent


Il est évident que tout à été dit et raconté autour de Druuna depuis bien longtemps, mais la voilà pourtant qui se retrouve dans une nouvelle réalité recrée de toute pièce par « les machines », se retrouvant de nouveau face à quelque-uns de ses clones, à de vagues apparition de bestioles arachnides et à un scientifique bien connu et trop bavard... Tout cela pour mener le lecteur vers une énième fin ouverte, qui trébuche le bec dans l'eau. Un constat un peu triste pour une série qui, sans vouloir jouer les pervers en plein sevrage, manque aujourd'hui même de mordant du coté de son érotisme. Si la miss se trimballe toujours dans des tenues affriolantes et en particulier dans un simple string élimé, elle ne se laisse même plus approcher par les males en rut qui croisent sa route. D'autant plus dommage que si l'inspiration n'est plus vraiment présente, le talent de dessinateur de Serpieri n'a par contre lui rien perdu de sa superbe. Les décors sont foisonnants et précis, les personnages ultra réalistes et dotés de matières impressionnantes et Druuna bien entendu est plus belle que jamais avec son corps sculptural et opulent. Toute la beauté de l'école italienne où l'on se prendrait presque à suspecter l'artiste d'avoir livré ces quelques pages uniquement pour renouer, par un artifice là encore peu convaincant, avec ses premières publications qui montraient son amour pour le western, l'Amérique des conquistadors et les paysages sauvages.

A déguster plutôt comme un artbook finalement, dont la pagination a été gonflée par un nouveau cahier graphique bien chargé entres les splendides illustrations inédites (et là un peu plus coquines) et la quasi-intégralité de l'album dans un noir et blanc plus brut.

Nathanaël Bouton-Drouard


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