GARANCE
France - 2010
Image de « Garance »
Scenariste : Séverine Gauthier
Nombre de pages : 32 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 8 septembre 2010
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Garance »
portoflio
LE PITCH
Garance marche sur l'eau. C'est un secret. Léopold, son ami de toujours qui, comme tous les ans, vient passer les vacances en bord de mer, ne l'a jamais cru. Cet été, décidée à le convaincre, elle lui confie d'où elle tient ce pouvoir : elle l'a hérité de son père, un géant qui vit sur une île. Garance propose qu'ils lui rendent visite et aussitôt ils prennent la mer à bord d'une frêle embarcation...
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Y a pas que les grands qui rêvent

Beaucoup gardent précieusement en mémoire leurs vacances de jeunesse et petits amours d'été. A tous ceux-là et aux mioches qui vivront prochainement les leurs, Garance réchauffera un bref instant le coeur.

 

Deux ans après Mon Arbre, le trio composé de Séverine Gauthier (scénario)/ Thomas Labourot (dessins) / Christian Lerolle (couleurs) revient au monde de l'enfance au travers d'un conte simple et plein de douceur. Deux enfants se retrouvent sur la plage, partagent quelques moments de bonheur comme les étés précédents, tandis que les sentiments semblent passer de la camaraderie à un amour immuable. C'est joli et fort, d'autant que les textes restent le plus souvent en retrait, laissant le travail de Labourot (Les Geeks, Troll) faire tous les efforts de narration avec facilité. Les planches préservent de petits coups de crayons qu'épaissit un trait manga jamais caricatural. Avec leurs grands visages envahis d'un immense sourire, les deux mioches sont rapidement attachants et rappellent aux plus grands quelques souvenirs agréables vécu sles pieds dans l'eau et les yeux plissés par le soleil. Le découpage est bien pensé et les dialogues, brefs, reproduisent à merveille le langage de l'enfance.

 

vaguelette

 

Mais Garance n'est pas qu'une chronique délicate, c'est aussi un vrai conte de fée qui bascule lorsque l'adorable demoiselle propose à Leopold de rendre visite à son père... qui s'avère être un géant faiseur de vagues. On a ainsi droit à un petit moment de frissons lorsque les personnages doivent passer un mur de déferlantes, mais la poésie reprend rapidement ses droits, cette rencontre étonnante entre un petit bonhomme et un géant plein de bonhommie apparaissant comme une métaphore amusante de la peur du père, par extension de l'adulte. Véritable éloge de l'imaginaire de l'enfance dans toute sa pureté, exploré avec une belle délicatesse, Garance est clairement porté par la jolie colorisation pastelle de Lerolle (H.K., Nävis). Dédié autant aux plus jeunes qu'à leur parents (grands frères ou autres), Garance aurait pourtant mérité largement de dépasser ces trente petites pages qui, malgré une dernière planche particulièrement émouvante, semblent parfois aller trop vite, ne pas laisser le temps à la seconde partie de prendre ses aises. Un reproche que l'on pouvait déjà faire d'une certaine façon à Mon Arbre. Sans doute mériteraient-ils d'être réédités en un seul volume.

Nathanaël Bouton-Drouard


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