LES INDESTRUCTIBLES
The Incredibles - Etats-Unis - 2004
Image de « Les Indestructibles »
Musique : Michael Giacchino
Durée : 55 minutes
Nombre de pistes : 19
Distributeur : Warner Bros.
Bande originale : note
Jaquette de « Les Indestructibles »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Remarqué par Brad Bird grâce à la série Alias, Michael Giacchino hérite du projet Les Indestructibles, pour lequel on lui commande une partitioin dans la droite lignée de Schiffrin ou Barry...
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Most incredible !

A l'occasion de la sortie de la première bande originale de Alias, nous vous avions déjà dit tout le bien que nous pensions de Michael Giacchino, de ses partitions alliant miraculeusement rétro et moderne, de ses expérimentations orchestrales et numériques et de sa filiation évidente avec John Barry. Sous le charme, nous attendions des Indestructibles une confirmation, qui permettrait efin au jeune maestro d'échapper au carcan mésestimé et réducteur de "compositeur pour séries TV et jeux vidéo". Nous n'étions pas encore assez enthousiastes : le score du film de Brad Bird n'est rien moins qu'une consécration !

 

Excusez du peu : Michael Giacchino est sans doute le compositeur de B.O. le plus doué de sa génération. Brian Tyler, David Arnold et John Powell n'ont plus qu'à s'en mordre les doigts. Rythmiquement parlant, Les Indestructibles est déjà effarant de maîtrise ; dès l'ouverture, initiée par une variation triomphante de Mr Incredible, Giacchino se lance dans un tourbillon de rebondissements imprévisibles, de contre-points imparables et de fondus enchaînés orchestraux. Malin, il laisse soudainement la place à un saxophone lent alors que se profilait un éclat de trompettes, juxtapose flûtes et graves de piano, fait sautiller les slap-basses puis libère son grand orchestre... Passées deux petites minutes de ce déchaînement virtuose, Giacchino ose un thème romantique à l'ancienne, fort d'un piano, d'un saxo et de violons caressants. Une pièce irrésistible telle qu'on n'en avait pas entendue depuis les James Bond des sixties.

 

La force du thème

 

Ouvertement connotée et déclinée sous la forme d'un hommage vibrant à John Barry (après tout, Brad Bird a engagé Giacchino grâce au déjà très marqué Alias), la partition n'en dégage pas moins une fraîcheur et une modernité confondantes. En aucun cas l'oeuvre d'un jeune réac, Les Indestructibles parvient à renouer avec l'essence, la chaleur et la même fougue que les symphonies de Barry pouvaient dégager en leur temps, sans que le plaisir ne soit tributaire d'une analyse référentielle, voire d'une approche nostalgique. Car Giacchino ne triche pas, ni ne cède à la facilité du clin d'oeil. Intégralement enregistré live, avec un orchestre au deux tiers constitués de cuivres, et privé de la moindre rustine numérique à postériori, le score sonne d'autant plus vrai qu'il dévoile des richesses thématiques rares. Avec son leitmotiv déclinable à l'infini, sous des angles héroïque, tragique, mystérieux ou charmeur, Mr Incredible domine logiquement la partition. Le compositeur ne néglige pas pour autant ses autres protagonistes : harpes, flûtes et violons aériens pour Elastigirl ("Lithe or Death"), basses et arpèges déchaînés, reformant progressivement le thème du père pour Flèche, au fur et à mesure qu'il parvient à apprivoiser ses pouvoirs (monumentale piste 13), mélodie répétitive et menaçante pour Syndrome ("Kronos Unveiled"), successions d'accords plaqués et menaçants pour l'OmniDroid (piste 4)... Entre les lignes, le compositeur se pose comme héritier de John Williams, notamment dans sa faculté à développer sur la longueur des morceaux consciencieusement frustrants, avant qu'un accord parfait ne vienne libérer l'auditeur en fin d'écoute ("Marital Rescue" et "100 Mile Dash" en sont deux exemples éloquents).

 

Dans la cour des grands

 

Virtuose mais pragmatique, Giacchino n'oublie pas de phagocyter la narration de Brad Bird, rapprochant progressivement, jusqu'à les mêler, les thèmes de chaque membre de la famille. Renversante de précision, l'écriture de morceaux tels que "A Whole Family of Supers" ou "Saving Metroville" naît avant tout d'un souci de cohérence, puisant sa force dans les émotions mêmes de l'intrigue. Logiquement monté dans un ordre chronologique, l'album apparaît ainsi comme un récit à part entière, une oeuvre à la fois subordonnée et indépendante. Véritable synthèse de ce morceau de bravoure de près d'une heure, le foudroyant "The Incredits" sonne l'aboutissement de cette bande originale, voguant d'un leitmotiv à l'autre, d'une sensation à son contraire avec une aisance qui n'appartient qu'aux grands. Sur orbite, Michael Giacchino vient tranquillement d'entrer dans leur temple par la porte de devant.

Alexandre Poncet










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01 - The Glory Days
02 - Mr Humph Will See You Now
03 - Adventure Calling
04 - Bob Vs The OmniDroid
05 - Lava in the Afternoon
06 - Life's Incredible Again
07 - Off to Work
08 - New and Improved
09 - Kronos Unveiled
10 - Marital Rescue

11 - Missile Lock
12 - Lithe or Death
13 - 100 Mile Dash
14 - A Whole Family of Supers
15 - Escaping Nomanisan
16 - Road Trip
17 - Saving Metroville
18 - The New Babysitter
19 - The Incredits

 
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