LE HOBBIT - LA DéSOLATION DE SMAUG
The Hobbit - The Desolation of Smaug - Nouvelle-Zélande / Etats-Unis - 2013
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Musique : Howard Shore
Durée : 129 minutes
Nombre de pistes : 29
Distributeur : DECCA
Bande originale : note
Jaquette de « Le Hobbit - La Désolation de Smaug »
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LE PITCH
Bilbo, Gandalf et les nains de Thorin Oakenshield doivent traverser la forêt de Mirkwood, affronter des araignées géantes, les Elfes des bois et les hommes du Lac avant de parvenir à la montagne d'Erebor, où les attend le cruel dragon Smaug...
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Retour en grâce

Après le doux échauffement d'Un voyage inattendu, La Désolation de Smaug permet à Howard Shore de revenir pleinement aux affaires. Amateurs de grande musique de film, accrochez vos ceintures, vous allez être dûment servis...

 

Un voyage inattendu avait, et c'est un euphémisme, tendu quelques pièges à Howard Shore. Contraint par la nature même du projet de réutiliser une grande partie du matériel thématique de La Communauté de l'Anneau, le compositeur avait vu ses nouveaux thèmes (dont un superbe leitmotiv pour Erebor et la civilisation des nains) totalement éclipsés par la chanson centrale du film, signée par un quatuor étranger à Shore avant le début du tournage, et réutilisée sous forme orchestrale à de nombreuses reprises au fil de l'aventure. Il n'est pas surprenant que ce thème disparaisse totalement de La Désolation de Smaug, Shore préférant remettre au premier plan son propre leitmotiv. La marche harmonique en six notes d'Erebor et l'envolée symphonique des nains (assez proche dans l'esprit de celle du Gondor dans Le Retour du Roi) gagnent ainsi considérablement en puissance, un morceau comme Wilderland en proposant des arrangements épiques pour le moins saisissants. Un autre thème d'Un voyage inattendu, marquant par des rythmiques quasiment baroques la première rencontre entre Bilbo et ses treize compagnons d'infortune, se voit également recontextualisé et retexturé dans Barrels Out of Bond, soulignant le souffle d'aventure que Shore entend faire souffler sur la partition.

 

La grande aventure

 

C'est peu dire que le maestro se lâche au gré des différents morceaux de bravoure du film, s'abandonnant à un lyrisme emportant tout sur son passage à la fin de Flies and Spiders, au démarrage de The Forest River ou dans la globalité de Beyond the Forest, probablement le morceau le plus évocateur de la bande originale. Comme pour mieux marquer la rupture avec le tout venant de la musique de film actuelle, bâtie sur des harmonies faciles, des tonalités confortables ou des rythmes binaires, Shore ne cesse d'explorer toute la palette de son orchestre, se risque à des cadences imprévisibles, change à la volée de tonalité, syncope son écriture dès qu'il le peut... Résultat : les évènements pleuvent constamment, prenant à contre-pied l'auditeur pour mieux l'engager émotionnellement à la seconde suivante. Un vrai travail d'orfèvre qui ne peut s'apprécier que sur la durée, et avec une implication d'écoute réelle, les enjeux du long-métrage guidant parfois Shore vers des dissonances et des sonorités peu communes dans le paysage musical actuel. Tandis que des morceaux comme Feast of Starlight et Kingsfoil permettent de raviver la flamme poétique qui illuminait One of the Dunedin (Les Deux Tours) et The Grace of Undomiel (Le Retour du Roi), la plupart des nouveaux motifs participent à ce refus du stéréotype, de la mélodie énigmatique de Bard, A Man of Lake-Town aux accords moyenâgeux de Thrice Welcome.

 

Dans l'antre du Dragon

 

Souvent extrêmement menaçante, en particulier lorsqu'elle arrose Flies and Spiders de glissandos et d'arpèges de cordes herrmanniens en diable, la bande originale de La Désolation de Smaug trouve évidemment son point d'orgue avec le leitmotiv du dragon lui-même. Déjà entendu brièvement lors du dernier plan d'Un voyage inattendu, ce thème en six notes (La blanche, Sol# blanche, La noire, Sol# noire, Fa bécarre noire, Mi noire) hante l'ensemble du second disque. Les vingt-cinq dernières minutes sont sous son emprise, le compositeur parvenant à exploiter jusqu'à la dernière miette de son ingénieuse et obsédante mélodie. Jouant tour à tour sur les aigus et sur des graves extrêmes, sur un suspense enveloppant (les crescendos / decrescendos répétés d'A Liar and a Thief font leur effet), des choeurs d'outre-tombe, des percussions orientales et des déchaînements de cuivre majestueux, Howard Shore entremêle épopée et cauchemar, ses expérimentations culminant avec les accès de fureur de My Armour is Iron, au terme duquel retentira plus fier que jamais le thème des nains. Une conclusion idéale, pour ce qui se présente déjà comme le meilleur score de l'année... et de loin.

Alexandre Poncet










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Disque 1 - Edition Collector

1. The Quest for Erebor
2. Wilderland
3. A Necromancer (Bonus Track)
4. The House of Beorn (Extended Version)
5. Mirkwood (Extended Version)
6. Flies and Spiders (Extended Version)
7. The Woodland Realm (Extended Version)
8. Feast of Starlight
9. Barrels Out of Bond
10. The Forest River (Extended Version)
11. Bard, a Man of Lake-town (Extended Version)
12. The High Fells (Extended Version)
13. The Nature of Evil
14. Protector of the Common Folk

Disque 2 - Edition Collector

1. Thrice Welcome
2. Girion, Lord of Dale (Extended Version)
3. Durin's Folk (Extended Version)
4. In the Shadow of the Mountain
5. A Spell of Concealment (Extended Version)
6. On the Doorstep
7. The Courage of Hobbits
8. Inside Information
9. Kingsfoil
10. A Liar and a Thief
11. The Hunters (Extended Version)
12. Smaug (Extended Version)
13. My Armor Is Iron
14. I See Fire performed by Ed Sheeran
15. Beyond the Forest

 
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