CABAL
Nightbreed - Etats-Unis - 1990
Image de « Cabal »
Musique : Danny Elfman
Durée : 46 minutes
Nombre de pistes : 22
Distributeur : MCA Records
Bande originale : note
Jaquette de « Cabal »
portoflio
LE PITCH
Boon est un homme tourmenté. Chaque nuit, il rêve d’une cité mystérieuse, Midian, peuplé de créatures horribles et étranges. Bien que consultant le psychiatre Philip K. Decker, les visions se font de plus en plus intenses, il ne reste plus qu’une solution pour Boon, trouver Midian…
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La cour des miracles

Souvent considérée comme un ersatz de Batman, voire une ébauche de Darkman (qu'il composera la même année), Cabal est pourtant une œuvre majeure dans la carrière de Danny Elfman tant elle représente déjà un condensé de tous ses débuts en tant que compositeur (Oingo Boingo inclus), et va introduire des éléments inédits dans son écriture annonçant certains de ses chefs d'œuvre futurs.

Tout juste auréolé du succès surprise de sa partition pour Batman (premier film d'envergure dans sa jeune carrière), c'est en 1990 que Danny Elfman se voit proposé la composition de Nightbreed (tiré d'une nouvelle de Clive Barker, lui-même réalisateur du film), encore titré Cabal. A l'époque, il souffre d'une image d'électron libre, ses confrères ne voyant en lui qu'un prête-nom sous lequel se cachent d'autres compositeurs dits « plus talentueux ». Ceux-ci en fait lui reprochent sa vision de la composition, Elfman étant un intuitif, misant sur la spontanéité, le développement des textures ambiantes autant que sur une fusion totale de l'image et de la musique. Un parti pris qui éclate dans Cabal. Sa bande son a souvent été mise de côté car considérée comme mineure, bruitiste, une musique de film d'horreur sans grande ambition de plus (même constat pour le film d'ailleurs). On lui compare souvent des partitions finalement beaucoup plus radicales et thématiques dans leurs traitements (la rage et la folie mélancolique de Darkman en est un bon exemple), en partie à tort.

 

Flesh for the beast


La musique de Cabal n'est pas Thématique dans le sens où elle ne repose sur aucun thème identifiable à la première écoute, mais plutôt sur un motif récurent (auquel on peut trouver une ressemblance à l'un des thèmes principaux du Abyss de Alan Silvestri), ainsi qu'une gamme très large de textures illustrant l'univers mystique de Midian. Alliant des ambiances mystérieuses (Into Midian) à des ambiances plus embrumées (Carnival Underground), le score va même jusqu'à présenter des élans épiques avec son impressionnant Main Titles, voire péplumesques avec le final grandiose de The Initiation, épousant totalement la destinée prophétique de Boon. La flûte de Pan (qu'Elfman ne réutilisera que pour Instinct), les chœurs massifs, les cuivres grondants et l'utilisation appuyée de percussions ethniques (avec lesquels il s'est familiarisé lors d'un voyage en Afrique du Sud, où il a vécu pendant un an durant sa jeunesse) renforcent la tonalité envoutante mêlée à un sentiment de danger latent entourant Midian. La rage et la complexité des arrangements de percussions annonçant d'ailleurs déjà le belliqueux La Planète Des Singes. Les partis pris musicaux (autant que cinématographiques) tendent d'ailleurs toujours à représenter la cité non pas comme monstrueuse, mais bel-et-bien comme une civilisation ancienne, à l'aura mythologique, peuplée de créatures pour lesquelles l'empathie doit être possible, une sorte de « cour des miracles » selon Barker.

 

A la frontière


Les passages les plus horrifiques (UH-OH...Decker ! aux sonorités très hermanniennes) et les plus rageurs illustrent le choc entre Midian et les humains, ceux-ci étant représentés comme plus bestiaux que les créatures qu'ils attaquent elles-mêmes (l'une des principales thématiques du film). L'un des sommets du score étant le End-titles, sorte de synthèse des traits caractéristiques d'Elfman : les chœurs d'enfants descendants rappelant ceux de Scrooged, les lignes de Marimba, réminiscence d'Oingo Boingo, ambiance ténébreuse et furieuse annonçant déjà Darkman, la fin du morceau évoquant quant à elle Batman. Pêle-mêle elfmanien ? Oui, Cabal l'est certainement, mais ce serait minimiser l'une des forces du score (qui va d'ailleurs marquer un tournant dans l'écriture du rouquin) qui est bel-et-bien la place des chœurs. Intervenant autant dans les textures, de manière ambiante, rageuse ou rythmique (il suffit d'écouter Dream pour s'en convaincre), ceux-ci prennent également une place inédite chez Elfman, puisque ils ont enfin un rôle central, et ne sont plus exploités exclusivement en termes d'arrangement. Le motif principal, par exemple, est presque toujours interprété par les chœurs, et lui apporte une aura fantastique, voire triomphante. Une démarche qu'Elfman réitérera pour ses 2 chefs d'œuvres : Edward aux mains d'argent, et Batman Returns qu'il composera peu de temps après.

Au final, Elfman aura réussi à capturer avec brio l'essence même du métrage. Un score envoutant, tribal, irréel, mythologique, voire tout simplement beau et grandiose lors de ses phases les plus « fantasy », et n'est certainement pas l'œuvre mineure qu'on lui prétend. En gros, un score à réévaluer de toute urgence.

Henri Delecroix








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1-Main Titles
2-Dream
3-Carnival Underground
4-Into Midian
5-Meat For The Beast
6-Resurrection suite 1
7-Boone Transforms
8-The Initiation
9-Scalping Time
10-Rachel's Oratory
11-Party In The Past

12-poor Babette
13-Uh-Oh...Decker!
14-"Then Don't Say It!"
15-Boone Gets A Taste
16-Breed Love
17-Mayhem In Midian
18-Baphomet's Chamber
19-Farewell
20-2ND Chance
21-End Credits
22-Country Skin

 
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