LE HOBBIT - LA BATAILLE DES CINQ ARMéES
The Hobbit - The Battle of the Five Armies - Etats-Unis / Nouvelle-Zélande - 2014
Image de « Le Hobbit - La Bataille des Cinq Armées »
Musique : Howard Shore
Durée : 94 minutes
Nombre de pistes : 21
Distributeur : DECCA
Bande originale : note
Jaquette de « Le Hobbit - La Bataille des Cinq Armées »
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LE PITCH
Tandis que Smaug déverse sa colère sur Lake-Town, Thorin se laisse envahir par l'amour de l'or redécouvert dans les profondeurs d'Erebor. Bientôt, alors que les Elfes et les hommes menacent d'attaquer la montagne pour récupérer leur dû, les armées de Sauron envahissent le champ de bataille, menées par Azog...
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La fin du voyage

Et de six. Treize ans après La Communauté de l'Anneau, Howard Shore met un terme à l'une des sagas les plus importantes de l'histoire de la fantasy, à la fois d'un point de vue cinématographique et en termes purement musicaux. Autant dire que cette conclusion attendue au tournant aura été menée avec passion et panache.

 

Le morceau Fire and Water, qui ouvre l'album de La Bataille des Cinq Armées, de même que le film, souligne la place très singulière qu'occupe cet épisode au sein de la saga de La Terre du Milieu. Se permettant une entrée en matière In Medias Res, reprenant sur une cadence de plus en plus oppressante le motif de Smaug qui hantait le dernier acte de l'opus précédent, Howard Shore donne immédiatement à sa partition une impulsion dévastatrice. Première surprise, le motif de Bilbo et de la Comté n'est pas utilisé en accompagnement du générique d'ouverture, remplacé par le fameux leitmotiv du dragon. Et il ne faudra pas trois minutes pour que des thèmes évoqués autrefois de façon pacifique (notamment ceux de la Ville du Lac et de Bard) gagnent des accents héroïques démesurés, appuyés par des cuivres et des choeurs développant, jusqu'à leur pleine maturité, une mélodie entendue à la toute fin de La Désolation de Smaug. Si la piste suivante, Shores of the Long Lake, réexpose les enjeux dramatiques en citant les motifs de Kili et Tauriel, mais aussi du félon Alfrid, le premier plus ample (les sentiments entre les deux personnages se sont renforcés), le second beaucoup plus sec (la disparition de son Maître en est la cause), Shore use de ces repères connus pour mieux faire rebondir sa narration. Portée par des ostinatos très rythmés soulignant une perpétuelle fuite en avant, la partition se meut très rapidement en véritable machine de guerre, gagnant en ampleur titre après titre.

 

A la morT !

 

Bien sûr, le talent de raconteur d'histoire de Shore éclate ici à maintes reprises, en particulier dans l'impressionnant Guardians of the Three, où des leitmotivs connus (Galadriel, Elrond, Saroumane, Sauron, les Nazguls...) s'entremêlent et s'affrontent avec une cohérence délectable. Le thème de Smaug, toujours aussi fourbe et rampant, projette également son ombre sur l'ensemble de la musique, s'invitant notamment dans les superbes Beyond Sorrow and Grief, Mithril et The Clouds Burst pour souligner les accès de folie de Thorin (on reconnaît bien là le compositeur de SE7EN et du Silence des Agneaux). Toutefois, c'est bel et bien dans ses prouesses épiques que le score révèle toute sa valeur. Grave, lyrique, héroïque et décomplexée, la BO de La Bataille des Cinq Armées fait preuve à ce niveau d'une inventivité orchestrale jubilatoire. Se remettant constamment en question en termes de spectacle et d'échelle, la bataille allant de The Clouds Burst à l'apocalyptique To The Death est d'une intensité dont nous prive le plus souvent une Hollywood prisonnière des bricolages synthétiques de Hans Zimmer.

 

acier trempé

 

Tandis que les thèmes exposés dès Un voyage inattendu, en particulier ceux d'Erebor et des Nains, se découvrent des résonnances mythologiques insoupçonnées, appuyées par des choeurs masculins alternant des staccatos très virils et d'amples legatos, de nouveaux motifs s'invitent sur le champ de bataille : des envolées d'orchestre dignes d'un Basil Poledouris dans Sons of Durin et Ravenhill, ou une marche jouée à la cornemuse et aux cordes pour le personnage de Dain Ironfoot. De véritables morceaux de bravoure que Shore aborde sans fausse timidité, et dont l'impact met d'autant plus en valeur les rares moments calmes du score, dont un épilogue de quinze minutes à la fois marqué par des sonorités bien connues, et très humble dans son approche thématique. La magnifique chanson de Billy Boyd, The Last Goodbye, conclue idéalement cet adieu à la Terre du Milieu ; ce premier adieu, du moins, puisque des versions longues du film et de sa bande originale sont attendues dès la fin 2015.

Alexandre Poncet







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Disque 1

1. Fire and Water
2. Shores of the Long Lake
3. Beyond Sorrow and Grief
4. Guardians of the Three
5. The Ruins of Dale
6. The Gathering of the Clouds
7. Mithril
8. Bred for War
9. A Thief in the Night
10. The Clouds Burst
11. Battle for the Mountain

Disque 2

 

1. The Darkest Hour
2. Sons of Durin
3. The Fallen
4. Ravenhill
5. To the Death
6. Courage and Wisdom
7. The Return Journey
8. There and Back Again
9. Ironfoot
10. The Last Goodbye performed by Billy Boyd
11. Dragon-Sickness (Bonus Track)
12. Thrain (Bonus Track)

 
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