JOHN CARPENTER’S LOST THEMES
Etats-Unis - 2015
Image de « John Carpenter’s Lost Themes »
Musique : John Carpenter
Durée : 47 minutes
Nombre de pistes : 9
Distributeur : Sacred Bones Records
Bande originale : note
Jaquette de « John Carpenter’s Lost Themes »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Trop absent, John Carpenter le cinéaste légendaire revient avec un disque inédit, composé en partie de thèmes de film inédits.
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Vortex

Devenu de plus en plus rare depuis Ghosts Of mars en 2001, dernier film à avoir eu les honneurs d'une exploitation en salle, soit depuis 14 ans ( entre temps, seulement 2 épisodes pour la série Masters of Horror en 2005 et 2006, et le film The Ward en 2010 qui fut exploité directement en DTV après avoir croupi pendant quasi 2 ans dans un tiroir...), John Carpenter donnait l'impression d'être quasiment sur le point de disparaître définitivement. Inutile de dire à quel point l'annonce courant 2014 de la sortie d'un album du Big John, titré John Carpenter's Lost Themes fit l'effet d'une bombe, et ravivait les espoirs les plus fous des fans d'un des plus grands (et des plus incompris) réalisateurs du cinéma américains des 50 dernières années, voire de l'histoire du cinéma. Que vaut alors ce Lost Themes.... ?

...Force est d'admettre que la baffe est bel-et-bien là, mais malheureusement pas comme on l'aurait souhaité. Pour commencer, il tient plus du concept album que d'une vraie compilation de thèmes inédits. En effet, avec celui-ci, Carpenter tente plutôt de livrer des thèmes de films imaginaires, censés renouer avec les sonorités, et les textures ayant faites sa renommée. Et c'est bien là que le bât blesse. A l'exception du très bon morceau d'ouverture Vortex renvoyant directement à Escape From New York, Assault On Precinct 13, voire à Big Trouble In Little China, et du chouette morceau Final Night, quasiment l'intégralité de l'album oscille entre le tout juste sympa, le moyen, au parfois vraiment mauvais, et ne renoue quasi jamais avec l'excellence d'un Prince Of Darkness, ou d'un Fog. L'un des plus gros problèmes de l'album est sans aucun doute l'obsolescence et la ringardise des sons utilisés (Bon Sang, cette guitare....). Domain en est d'ailleurs un parfait exemple tant il symbolise à lui seul quasiment tout ce qui a de bancal dans Lost Themes. Le thème est pire que certains de ceux composés dans les 80's par Jan Hammer, les samples electros sont affligeants, et les ponts sembleraient presque sortis des plus mauvaises compositions de la saga Castlevania (car oui, elles sont rares, mais il y en a eu...). Et c'est ici que l'on se rend d'autant plus compte de l'importance de la place occupée jusqu'à They Live par Alan Howarth (dont on ressent définitivement et cruellement l'absence sur cet album), celui-ci étant alors quasi « responsable » de l'identité sonore des bandes composées par Big John dans les 80's (à l'instar de duos comme Nicholas Dodd/David Arnold, Greg McRitchie/James Horner dans les 80's ou encore Pete Anthony/Marco Beltrami), la place de celui-ci étant occupée, dans le cas présent, principalement par son fils Cody (dont ses compositions pour les segments de Masters of Horror réalisés par son parternel ressemblent beaucoup à la tonalité générale de Lost Themes). Le sample d'intro de Wraith ressemblerait, quant à lui, presque à la sonnerie d'un téléphone portable (c'est dire...), ce qui est d'autant plus dommage que le morceau n'est pas entièrement mauvais... La construction de la plupart des morceaux pose également de gros problèmes, tant ceux-ci semblent être un assemblage de riffs, choisis au hasard dans une grosse banque de données, puis assemblés n'importe comment, il suffit d'écouter Obsidian ou Domain pour s'en convaincre. Carpenter a certes longtemps était un partisan de la composition de musique séquentielle, qui consistait à écrire des séquences musicales courtes indépendamment des images, et à les y réassocier. Mais le problème, c'est qu'ici il n'y a pas d'images, et que ces associations ne fonctionnent que très rarement. Dans les seules bonnes surprises, on pourrait tout de même citer le sympathique Purgatory, dont la guitare, la basse et le pattern de batterie flirtent volontiers avec les ambiances très western de They Live ou Vampires, et un Abyss rappelant farouchement dans ses sons et ambiances la bande-son du jeu PC Alien Trilogy, composée par Stephen Root, il y a quasi 20 ans. Pas totalement étonnant au passage, Carpenter ayant déclaré passer beaucoup de temps à jouer aux jeux vidéo. Rien de surprenant alors à ce que ses Lost themes aient régulièrement un aspect «videogames»,  mais pas nécessairement dans le bon sens. Ce qui reste somme toute une bien légère consolation.

 

Fallen


Un bien lourd constat tant on aurait aimé dire du bien de cet album (en ce sens, oui ces quelques lignes sont particulièrement pénibles à écrire). Mais la douche est réellement froide, voire glaciale. Il aurait d'ailleurs été peut-être moins pénible d'en arriver à cette conclusion (et donc d'être moins dur) s'il avait été écrit "Jan Hammer's Lost Themes" sur le CD. Il faut avouer qu'à plus d'un moment, on se croirait dans une de ses compositions (Domain par exemple). On en finirait presque par se demander si Carpenter est bien derrière cet album tant on peine à retrouver la marque du maître. La faute à des choix de sons vraiment médiocres, une construction dont l'équilibre est, la plupart du temps, à la limite de l'illogique, et une tonalité incompréhensiblement kitch. Vouloir proposer un album concept old-school est une chose, mais opter pour un traitement à la limite du pastiche rendant le tout presque ringard en est une autre. Une grande question se pose alors : Manquons-nous d'indulgence à propos de ce John Carpenter's Lost Themes à la qualité toute relative dans la mesure où, justement, celui-ci est composé par le Big John ? Et donc par conséquent, en attendions-nous trop ? Encore une fois, en prenant en considération la disparition progressive de Carpenter des radars, une attente probablement un poil démesurée pesait sur ce CD (Ce qui peut tout de même paraitre logique à la vue de la discographie quasi parfaite de celui-ci). Alors oui, on se surprend à force d'écoute à retenir un thème ou 2, voire à se mettre à le siffler de temps à autre, ce qui pourrait peut-être, au final, traduire d'une très légère efficacité.... Et non, dans l'ensemble, l'écoute du CD ne provoquera aucune hémorragie auriculaire. Mais il faut bien admettre qu'on est bien loin de ce à quoi Carpenter nous avait habitués jusque-là, en terme sonore et musicale...

Allez John, encore un effort, malgré tout, nous on y croit encore...

Henri Delecroix














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