LE DERNIER EMPEREUR
The Last Emperor - Chine / Italie / UK / France - 1987
Image de « Le Dernier Empereur »
Musique : Ryuichi Sakamoto
Durée : 50 minutes
Nombre de pistes : 18
Distributeur : Virgin Classics
Bande originale : note
Jaquette de « Le Dernier Empereur »
portoflio
LE PITCH
L'évocation grandiose de la vie du dernier empereur Pu Yi. De 1908, où il monte à trois ans sur le trône impérial à 1967, la fin de sa vie où il devient jardinier du parc botanique de Pékin, en passant par la révolution chinoise durant laquelle il est rééduqué.
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Côté orient

Le Dernier Empereur, le film aux neuf oscars en 1988 de Bernardo Bertolucci et qui triompha de très nombreux autres prix à travers le monde est aussi une œuvre méconnue. Succès mitigé au box-office, bénéficiant aujourd'hui d'une reconnaissant très en-dessous de la moyenne, il n'en demeure pas moins une expérience prodigieuse, y compris musicalement.

 

Frisant les trois heures, voire les quatre dans sa version télévisée, Le Dernier Empereur est une œuvre aux multiples facettes. Entièrement tourné en Chine avec la bénédiction de l'Etat (ce qui aura tout de même valu deux ans de négociation aux producteurs), le film de Bertolucci verse dans l'Histoire, la politique, la romance et n'oublie évidemment pas de le faire de façon grandiose en se voyant ouvrir les portes de la Cité Interdite pour la première fois au cinéma. La musique ne pouvait être confiée à un compositeur non-asiatique. Les producteurs ont donc coupé la poire en deux : Ryuichi Sakamoto, star montante, partagera le score avec David Byrne et Cong Su, probablement pour éviter d'imposer un Japonais seul sur un film sur la Chine. Sakamoto, également acteur dans le film, perçait à cette époque non seulement en tant que compositeur de musique de film mais également en tant que musicien sur les scènes du monde entier et ce depuis le début des années 80. En mélangeant instruments asiatiques avec des sonorités plus modernes ou classiques (violons, synthétiseurs), le compositeur japonais ne perd pas ici son style découvert en Occident avec Merry Christmas Mr. Lawrence en 1983. Le thème du film, magistralement interprété par un véritable orchestre, met en exergue tout le talent dramaturgique de Sakamoto, qui déjà dans sa période électronique incorporait des éléments tragiques dans ses compositions. Lancinantes et d'une beauté à couper le souffle, les cordes jouent l'élément central et dynamique de cette bande originale, régulièrement accompagnées d'instruments asiatiques type Pipa ou Guzheng (Koto en Japonais). Malgré tout, le motif le plus emblématique du film, qui restera dans les mémoires parmi les classiques de Ryuichi Sakamoto, reste la piste Rain, probablement interprétée aux synthétiseurs ; hypnotique course sous la pluie où toute la noirceur du film se fait ressentir.

 

Côté occident

 

La seconde partie de la bande originale est dédiée aux pistes de David Byrne. Le compositeur anglais a de commun avec Sakamoto le fait de venir également d'un groupe populaire aux influences parfois similaires avec le Yellow Magic Orchestra japonais, Talking Heads. Pour ce second souffle après l'excellent début du confrère Sakamoto, Byrne débute avec le thème principal du film, revu et corrigé pour prendre définitivement forme en tant que leitmotiv officiel. Extrêmement strict, abusivement exotique (là où Sakamoto intègre régulièrement des éléments classiques) et porté par un ton résolument positif, ce Main Theme contraste terriblement avec les pensées noires du compositeur japonais et se révèle même a contrario extrêmement cliché. Le reste des pistes de Byrne est très minimaliste, joue pour l'ambiance et n'atteint jamais la profondeur orchestrée par Sakamoto. Le troisième larron à être crédité pour la musique du film est Cong Su... Imposé par les Chinois ? Quoi qu'il en soit, gagner un Oscar pour une piste de cinq minutes, le tour est bien joué. « Lunch » est un morceau très lent, plein de pizzicati asiatiques soulignés par les lamentations désespérées d'un instrument à vent probablement lui aussi asiatique. Bref, une piste d'ambiance passant inaperçue dans le film. Trois pistes diégétiques ferment la bande originale dont la musique illustrant la valse de l'Empereur. L'album dans son ensemble est donc d'une qualité certaine mais dommageable pour la qualité du travail de Ryuichi Sakamoto ; ce dernier aurait pu et dû composer la musique du Dernier Empereur à lui seul.

Romain Dasnoy

 

 

 

 

 

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01 First Coronation (Sakamoto)
02 Open the Door (Sakamoto)
03 Where Is Armo? (Sakamoto)
04 Picking Up Brides (Sakamoto)
05 The Last Emperor - Theme Variation 1 (Sakamoto)
06 Rain (I Want a Divorce) (Sakamoto)
07 The Baby (Was Born Dead) (Sakamoto)
08 The Last Emperor - Theme Variation 2 (Sakamoto)
09 The Last Emperor - Theme (Sakamoto)

10 Main Title Theme (Byrne)
11 Picking a Bride (Byrne)
12 Bed (Byrne)
13 Wind, Rain, and Water" (Byrne)
14 Paper Emperor" (Byrne)
15 Lunch (Su)
16 Red Guard (Performed by the Red Guard Accordion Band)
17 The Emperor's Waltz (Performed by the Ball Orchestra of Vienna)
18 The Red Guard Dance (The Girls Red Guard Dancers)

 
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