JUSQU'EN ENFER
Drag Me To Hell - Etats-Unis - 2009
Image de « Jusqu'en Enfer »
Musique : Christopher Young
Durée : 53 minutes
Nombre de pistes : 14
Distributeur : Lakeshore Records
Bande originale : note
Jaquette de « Jusqu'en Enfer »
site officiel
LE PITCH
Une banquière en quête de promotion refuse un prêt à une tzigane afin d'impressionner son patron. La vieille dame la frappe d'une malédiction : le Lamia, un démon légendaire, va la tourmenter pendant trois jours, puis la traîner violemment jusqu'en Enfer...
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La mort vous va si bien

Remplaçant définitivement Danny Elfman en tant que compositeur fétiche de Sam Raimi (ce qui, visiblement, n'engage pour le cinéaste qu'une pure relation professionnelle), Christopher Young suit l'auteur sur son premier film d'horreur depuis Evil Dead 2. L'occasion de revenir à ses propres sources horrifiques, Jusqu'en Enfer valsant avec les fantômes de La Revanche de Freddy, Hellraiser et La Mouche 2.

 

Il fallait bien ce retour aux affaires pour que le grand Chris nous venge d'une année bien triste pour la musique de film. Jeté dans une mare créative trouble, parasitée par du temp tracking excessif et des orchestrations interchangeables, le pavé Drag Me To Hell est un choc inespéré, et assomme son auditeur dès les premières mesures. Libéré des contraintes grand public de son (toutefois excellent) score de Spider-Man 3, Young retrouve le style "bombastic", décomplexé et hautement gothique de ses débuts. Le Main Title s'impose à ce titre comme l'un des morceaux les plus aboutis de sa carrière. Les cuivres menacent d'emblée dans les graves, les cymbales résonnent en contrepoint, les choeurs (en soutien, et non en voix principale) mêlent douleur et plaisir comme au bon vieux temps des Ecorchés... Quelques notes à peine, et l'ambiance est déjà là. Il ne manque plus au compositeur qu'à délivrer son thème dans toute sa puissance, ce qu'il ne tarde pas à faire grâce à un violon tzigane tiraillant des arpèges pour mieux symboliser la malédiction rampante dont est frappée l'héroïne. Construit en miroir, le morceau explosera quelques minutes plus tard dans une reprise du motif par une grande formation de cordes, troquant les arpèges cités plus haut contre une envolée lyrique comme on n'en avait pas entendue depuis longtemps.

 

Le bazar de l'épouvante

 

Cet aspect lyrique ne quittera jamais vraiment l'album. Le thème de l'héroïne, énoncé au piano avec une naïveté de jeune fille dans Tale of a Haunted Banker, se doublera ainsi d'une mélancolie inattendue dans Familiar Familiars, mêlant un piano électronique (très brillant) à un doux-amer filet de cordes. Il fallait bien cela pour contrabalancer les nombreux sursauts horrifiques réservés à l'auditeur par Young, lequel semble ici bien décidé à prouver qu'une partition d'épouvante moderne peut très bien se passer des bidouillages électro-industriels à la mode depuis l'avènement des Saw. Porté sur l'orchestre (vrombrissements et gillsandos de cordes en pagaille), les expérimentations acoustiques (voir la manière dont il traite ses choeurs), les percussions étranges, les sonorités typées (le violon tzigane) et oubliées (superbe apparition d'un orgue de verre), le compositeur cède même par moments à ses influences jazz, accompagnant notamment son incroyable suite Loose Teeth d'une slap-bass presque dérangeante. Jouant souvent la carte du dissonnant, mais toujours de manière aguicheuse, Young cède aussi aux motifs secondaires à très forte personnalité, notamment la marche cuivrée qui conclue de piste Lamia, dont la rapidité et la détermination semblent narguer musicalement l'héroïne. Un morceau de bravoure parmi d'autres, pour une bande originale appelée à rejoindre les grands classiques du cinéma fantastique.

Alexandre Poncet

 

 

 

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01 - Drag me to Hell

02 - Mexican Devil Disaster

03 - Tale of a Haunted Banker

04 - Lamia

05 - Black Raindows

06 - Ode to Ganush

07 - Familiar Familiars

08 - Loose Teeth

09 - Ordeal By Corpse

10 - Bealing Bells With Trumpet

11 - Brick Dogs A La Carte

12 - Muttled Buttled Brain Stew

13 - Auto-Da-Fe

14 - Concerto To Hell

 
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