UN PROPHèTE
France - 2009
Image de « Un prophète »
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 57 minutes
Nombre de pistes : 22
Distributeur : Naïve
Bande originale : note
Jaquette de « Un prophète »
portoflio
LE PITCH
Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans. D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des " missions ", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propr...
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L'instrument de la solitude

Ce n'est pas sa nomination à l'oscar pour L'Etrange Histoire de Benjamin Button qui va détourner l'excellent Alexandre Desplat de ses racines. Fidèle à Jacques Audiard, le compositeur de La Jeune Fille à la perle ressort ses cordes aigues et son piano gracile pour Un prophète, suite logique de ses précédentes collaborations avec le réalisateur de Regarde les hommes tomber.

 

Peu ou prou, a priori, de surprise au programme de la bande originale d'Un prophète, si ce n'est une première partie accumulant des chansons qui n'auraient sans doute pas juré dans un film de Michael Mann. Concentré en douze pistes centrales, soit environ quarante minutes d'écoute, le score proprement dit repose avant tout sur les acquis de Sur mes lèvres et De battre mon coeur s'est arrêté. Roi du quintet, Desplat joue la même carte de l'épure, soulignant la complémentarité des instruments sans se sentir obligé de les démultiplier au sein de chaque section. Il s'en dégage, comme d'habitude chez le compositeur, une sensation de fragilité, d'émotion à fleur de peau, d'élans contenus, l'interprétation de chaque musicien ressortant avec beaucoup plus de subtilité que dans une formation symphtonique classique. Ces limitations assumées, habituelles chez Audiard, contrastent en revanche ici avec quelques morceaux particulièrement amples, où les envolées de cordes se voient soutenues par des boucles synthétiques (Le Respect) ou des rythmiques métronomiques pour le moins obsédantes (le bien nommé Visions).

 

Fuite en avant

 

Porté davantage sur le ressenti, et aspirant à jouer un rôle de contrepoint vis-à-vis de l'image (la paraphrase n'a ici pas droit de citer), Desplat signe avec Un prophète un nouveau bijou atmosphérique, laissant en sourdine les leitmotivs propres à ce type de long-métrage. Peu porté ici sur les thèmes, bien que ses talents mélodiques ne soient plus à prouver, le compositeur choisit d'appuyer la caractérisation et la narration d'Audiard en soulignant la solitude du personnage principal. D'où une alternance entre rêveries stagnantes (Le Pouvoir, ses cordes figées dans les graves et son piano libéré de toute contrainte rythmique) et fuites en avant aux couleurs menaçantes (les implacables Du Drahan pour l'Imam et Gunfight). Sans renouveler pleinement son travail (cf. Vie et mort) ni signer là la bande originale de l'année, Alexandre Desplat remplit haut la main son contrat, en renforçant avec finesse et sensibilité le pouvoir d'évocation du film de Jacques Audiard. Rien que pour ça, cet album superbement produit mérite bien des égards.

Alexandre Poncet

 

 

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01 - Le dépôt

02 - RuneII interprété par Talk Talk

03 - Interlude

04 - Bridging The Gap interprété par Nas Feat Olu Dara

05 - Corner of my Room interprété par Turner Cody

06 - Interlude

07 - Take me home with you, baby interprété par Jessie Mae Hemphill

08 - Récite

9-20 UN PROPHETE musique originale composée et dirigée par Alexandre Desplat

09 - Un prophète

10 - Les Rêves

11 - La Neige

12 - La Sortie

13 - Le Respect

14 - Visions

15 - Le Ciel

16 - Du Drahan pour l'Imam

17 - Le Pouvoir

18 - Gunfight

19 - Vie et mort

20 - La Prophétie

21 - Fouille

22 - Mack the Knife interprété par Jimmie Dale Gilmore

 
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