JASON ET LES ARGONAUTES
Jason And The Argonauts - Etats-Unis - 1963
Image de « Jason et les Argonautes »
Musique : Bernard Herrmann
Durée : 62 minutes
Nombre de pistes : 29
Distributeur : Intrada
Bande originale : note
Jaquette de « Jason et les Argonautes »
portoflio
LE PITCH
Dans le but de reconquérir le royaume de son père, Jason part à la recherche de la mythique toison d’or, à bord de l’Argos, accompagné des argonautes. Ceux-ci seront confrontés durant leur périple autant à de nombreuses créatures et intempéries, qu’aux dieux et déesses eux-mêmes…
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"une des plus grandes odyssées de tous les temps!"

Découvert par une ribambelle d'enfants dès le plus jeune âge, Jason et les Argonautes s'est très vite imposé comme un des chefs d'œuvre instantanés du film d'aventure mythologique. Autant adulé par plusieurs générations que régulièrement cité par de grands noms du cinéma (au hasard, Guillermo Del Toro, Tim Burton, Sam Raimi ...), ou dans le monde du jeu vidéo (la saga des God Of War en tête ...), le métrage doit autant de sa superbe aux effets immortels du légendaire Ray Harryhausen, à la réalisation brillante de Don Schaeffer, qu'au score flamboyant et épique de Bernard Herrmann, autre légende du cinéma. Un score qui reprit de sa superbe en 1999, lors de la ressortie orchestrée par Intrada, réenregistré sous la baguette du trop vite oublié Bruce Broughton.

Réalisé en 1963 par Don Schaeffer, Jason et les argonautes marque la troisième collaboration entre le producteur Charles H. Schneer, le maitre de l'animation Ray Harryhausen, et Bernard Herrmann (qu'on ne présente plus ...) après Le Septième voyage de Sinbad en 1958, et L'île mystérieuse en 1961. Connu principalement pour son aptitude à créer un climat de tension et de suspense au travers de ses compositions, Herrmann réussit progressivement à s'imposer dans un genre où, jusqu'ici, on ne le prédestinait que trop peu, et signe l'une de ses œuvres les plus remarquables dans le genre de l'epic fantasy. A l'époque malgré tout, plusieurs critiques lui reprochèrent une écriture trop minimaliste, construite sur des éléments recyclés de ses 2 précédentes partitions pour Harryhausen. On serait tenté de crier au scandale bien entendu. En effet, la musique de Jason et les argonautes a pour particularité de marquer un tournant dans la carrière du maestro, et de proposer à nouveau un concept déjà plus ou moins mis en œuvre sur Psycho trois ans auparavant, à savoir se défaire de la structure classique de l'orchestre symphonique, en l'occurrence les cordes, les bois, les cuivres et les percussions. Ici, il n'en gardera que les cuivres prioritairement mis en avant, les bois et une large palette de percussions, le tout dans un esprit de renforcement et de soutien du caractère mystique, exotique et héroïque de l'œuvre. Donc, exit les cordes (à l'exception de la harpe) pourtant généralement assimilées à tout ce qui se rapportent aux sentiments, à l'émotion (le métrage étant loin d'en être dépourvu). Et pourtant, on n'en ressent jamais l'absence, le lyrisme étant plus d'une fois mis en avant. Herrmann expérimentera également en terme de placement orchestral, puisqu'il instaure tout au long du film des jeux de question-réponse entre les cuivres et les bassons, les timbales et les montées furieuses de flutes qui jaillissent d'un coup au milieu de la masse des cors, pour s'adoucir aux sons délicats des harpes, envoutant et transportant ainsi continuellement son auditorat tout au long du récit, tout en assignant aux différentes familles d'instruments un rôle bien précis.

 

et vogue le navire


Ainsi, l'Argos vogue au rythme d'un thème majestueux et puissant, cadencé par des percussions quasi martiales, qui font écho à celles dudit bateau. Percussions qui appuient aussi la marche implacable et menaçante du géant de bronze Talos (définitivement, même adulte, ça fait toujours son p'tit effet). La harpe symbolisant quant à elle l'aura mystique de l'Olympe, là où le cliquetis des percussions donne corps aux squelettes ressuscités. Ou quand la musique devient équivalente aux images en termes de narration, le mariage parfait en somme. Une richesse à côté de laquelle on aurait malheureusement pu passer totalement à côté sans la ressortie miraculeuse en 1999 du score intégrale par Intrada, avec le concours du très grand Bruce Broughton à la baguette (Silverado, Monster Squad, Young Sherlock Holmes...), puisqu'au moment de la sortie du film, les dialogues, les effets sonores et la musique furent mixés ensemble, en mono, enlevant quasi de facto toute la dynamique du score d'Herrmann. Un mal réparé par une direction impeccable du Sinfonia Of London, et un son aux petits oignons. Une bande son culte qui, à l'instar de quasi toutes les compositions d'Herrmann, fit des émules et laissa une empreinte quasi indélébile dans le paysage de la musique de films et sera sans cesse cité par pléthore de compositeurs de renoms tout au long des années depuis sa création, parmi lesquels au hasard John Williams (qui fût un de ses protégés), Basil Poledouris (réécoutez bien Conan), Joseph LoDuca (Hercule et Xena assurément), ou encore bien entendu Danny Elfman qui en reprendra l'utilisation fréquente des bassons (son thème pour Army Of Darkness par exemple, un autre film avec des squelettes ...). On ne pouvait rêver plus bel hommage à un des plus grands compositeurs de musique de films, et ce assurément, pour encore bien longtemps ...

Henri Delacroix










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1. Jason Prelude
2. The Prophecy/The Battle
3. River Bank
4. The Feast
5. The Oak Grove/The Ascension
6. Mount Olympus
7. The Olympic Games
8. Departure
9. Hera's Effigy
10. Argo
11. The Titans/The Chamber/The Door
12. Talos/The Boat/The Wreck
13. Hera Speaks
14. The Attack/Talos Heel/ Talos Death
15. Sorrow/Hera's Warning

16. The Harpies
17. The Nets/The Rope/The Cage
18. Medea's Ship
19. Triton
20. Medea
21. Acastus and Jason Fight
22. Temple Dance
23. The Glade/The Golden Fleece
24. The Hydra/The Hydra Fight
25. The Stolen Fleece/The Teeth
26. The Path/The Cure
27. Hydra's Teeth/Skeletons/Attack
28. Scherzo Macabre
29. Finale

 
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