A KIND OF MAGIC
Royaume-Uni - 1986
Image de « A Kind of Magic »
Musique : Queen
Durée : 53 minutes
Nombre de pistes : 12
Distributeur : EMI Records
Bande originale : note
Jaquette de « A Kind of Magic »
portoflio
LE PITCH
Connor Macleod est un immortel. Il traverse les Ages depuis son Ecosse de 1536, multipliant les rencontres, les expériences et les combats...Car depuis plus de 400 ans Macleod affronte dans des luttes sans merci d'autres immortels pour remporter Le Prix. Le seul moyen de le tuer est de leur trancher la tête et c'est ce qu'il s'évertue à faire depuis des siècles tout comme son ennemi juré : le Kurgan. Un guerrier sadique ayant tué la majorité des immortels. C'est dans le New York de 1986 ...
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Here we are !

Tiens ! Un article sur un album de Queen ? Mais, mais ... Et bien oui, une fois n'est pas coutume, attardons-nous sur un album d'un groupe mythique du rock, mais ce pour une bonne raison, celui-ci étant officieusement une partie du score d'un film tout autant mythique des 80's...

1986, année on ne peut plus faste sur le plan cinématographique, et plus spécifiquement du cinéma de genre (à l'image des 80's tout court en fait). Aliens, Jack Burton, Blue Velvet, Cobra, Sixième Sens, The Fly, House, Le Nom De la Rose, Henry (Portrait of A Serial Killer), Le Maître De Guerre, Le Marin Des Mers De Chine, Rocky 4, Stand By Me... Et la liste est encore longue. Un nombre incalculable de films qui vont tous devenir cultes (pour différentes raisons certes). Et au milieu va naître un projet des plus atypiques, un film dont le script est signé par un américain à propos d'immortels se battant à coup de décapitations, réalisé par un australien (connu pour avoir réalisé un film de sanglier géant), avec en rôles titres un français jouant un écossais au rire inimitable, et un authentique écossais (anciennement connu en tant qu'agent 007) jouant un espagnol. Improbable vous avez dit ? Et pourtant, même s'il mettra un peu de temps à cela, le film deviendra bel-et-bien culte au fil des ans, notamment pour sa réalisation assez novatrice à l'époque, pour son pitch, la révélation à l'internationale (après Greystoke) de notre Christophe Lambert national adoré, mais aussi pour la particularité de sa bande-son. Et il s'agit bien entendu du encore trop sous-estimé Highlander !

Durant la production du film, le réalisateur Russell Mulcahy souhaite attacher au projet un artiste ou groupe pour composer une poignée de chansons, permettant ainsi de renforcer l'aspect énergique du métrage qu'il peaufine. Plusieurs noms se succèdent (dont David Bowie), mais un lui reste en tête depuis le départ. Il contacte alors le groupe Queen, dont il est fan depuis des années, qu'il convie à une projection d'un clip de 20 minutes du métrage. Bien que refusant dans un (court) premier temps, les images n'en marquent pas moins les esprits des 4 acolytes. Selon la légende, Brian May aurait même été impressionné au point d'écrire quasi l'intégralité du fameux Who Wants To Live Forever sur le chemin du retour, post projection. L'idée de pouvoir se frotter à nouveau au scoring, sans répéter les erreurs commises avec Flash Gordon 6 ans plus tôt, est on ne peut plus alléchante. Mulcahy de son côté ne s'attend que soit à un refus définitif, soit au mieux à juste une chanson de la part du groupe. La surprise est d'autant plus grande que le groupe va carrément lui proposer d'écrire une partie du score, chacun des membres ayant été inspiré par des aspects précis du film. Une nouvelle qui ravit autant Mulcahy que Michael Kamen, engagé pour sa part pour la composition de la partie orchestrale de la bande-son.

Celui-ci proposera même d'asseoir la collaboration au point de placer à intervalles réguliers les chansons du groupe british et ses propres compositions, de manière à marquer un véritable équilibre entre rock et orchestral (en gros, les allers-retours entre passé et présent de l'histoire de McLeod). On notera d'ailleurs clairement un partage/découpage dans l'attribution des thèmes dans les deux scores ; Kamen se chargera du fabuleux Main Titles, de toutes les scènes de combat, et les séquences de flashback, là où Queen héritera du Love Theme, de celui du Kurgan (autrement dit le méchant), et des Opening et End Titles. Les deux finissant par fusionner en milieu de métrage avec le magnifique Who Wants To Live Forever, composé par May et arrangé et orchestré par Kamen, la version présente dans le film étant même un mix entre la version de Queen et la version symphonique de Kamen. L'importance de l'implication de Queen n'en est que plus évidente encore. Implication d'autant plus surprenante qu'ils écriront également plusieurs morceaux additionnels, en plus des 6 chansons intégrant aux textes des dialogues du film (voire des dialogues tout court, notamment sur Gimme The Prize, intitulé un temps Kurgan's Theme où résonne la voix bien flippante de Clancy Brown). Il en est de même pour les titres des chansons, Princes Of The Universe (le titre d'origine de Highlander), Don't Loose Your Head (tout est dit), A Kind Of Magic en référence à la phrase de McLeod pour Rachel (à l'origine A Kind Of Vision) etc.

 

the princes of the universe !


L'ambition clairement affichée de Queen n'est donc pas de juste livrer des stand alone, mais bien de créer un ensemble cohérent de titres intégrant totalement les grandes thématiques du film, en adoptant systématiquement le point de vue des immortels vis-à-vis des humains dans les textes, leur pouvoir, mais aussi leur désespoir. Princes Of The Universe traite de la supériorité des immortels sur les humains, empruntant des patterns de batterie et riffs de guitare à Gimme The Prize (donc plus ou moins le point de vue du Kurgan), là où A Kind Of Magic peut être vu comme une sorte de chant d'espoir et de salvation post « rassemblement ». Quant au déchirant Who Wants To Live Forever, c'est le désespoir face à la disparition des êtres aimés (en l'occurrence Heather pour McLeod) de devoir continuer à vivre pendant des siècles avec le souvenir meurtri des amours passés (One Year Of Love appuyant encore un peu plus cette idée). Des textes profonds, et totalement en symbiose, notamment de par leur placement adéquat dans le film (une torture pour Mulcahy durant le montage, celui-ci voulant absolument rendre justice au travail de ses désormais quatre amis).

Six chansons en définitif (A Kind Of Magic, Princes Of The Universe, Gimme The prize, Don't Lose Your Head, Who Wants To Live Forever, One Year Of Love) qui malheureusement ne verront jamais le jour dans leur forme d'origine sur album, ainsi que l'intégralité du travail du groupe (y compris la reprise de New York New York de Liza Minelli accolé à Don't Lose Your Head, une demande expresse de Mulcahy, qui ne sera juste jamais éditée tout court), puisque les versions présentes sur l'album officiel A Kind Of Magic sont des versions refaites spécialement. Celui-ci restera d'ailleurs l'un des moins aimés par les fans. En effet, A Kind Of Magic marque un tournant dans la carrière du quatuor (début de la période plus pop accès synthé) mais arbore des colorations pop, Hard-rock, drama, voire soul perdant au passage en cohérence suite à l'ajout de 3 titres supplémentaires sans rapport aucun avec le travail effectué pour Highlander (dont One Vision utilisé lui sur le film Iron Eagle) lui conférant de facto un mood quelque peu confus. Un constat que déplore toujours à l'heure actuelle Brian May qui rêvait encore de produire en 2003 un album complet, réunissant les travaux du groupe, mais également ceux de Michael Kamen. Malheureusement, le décès de celui-ci ternit quelque peu l'ambition de May, mais la demande des fans se fait toujours ressentir. Une ressortie qui serait d'autant plus essentielle tant la particularité et la réussite totale du score de Highlander, autant au niveau de la collaboration que de sa cohérence parfaite, aura fait des émules mais sans jamais être détrôné (par exemple Prince pour Batman dont certains thèmes seront réutilisés par Elfman, Queen Of The Damned et la collaboration entre Richard Gibbs et Jonathan Davis...). Allez, dans 4 ans pour le 35éme anniversaire ?

A noter que la version d'origine du vinyl comprenait 9 morceaux. La version chroniquée est la version CD, ajoutant 3 titres supplémentaires (dont une version instrumentale au piano de Who Wants To Live Forever non présente dans le film). Et qu'une version remastérisée en 2011 réintègre enfin la version d'A Kind Of Magic entendue dans le film. C'est peu, mais c'est déjà ça ...

Henri Delecroix














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1- One Vision
2- A Kind of Magic
3- One Year of Love
4- Pain Is So Close to Pleasure
5- Friends Will Be Friends
6- Who Wants to Live Forever

7- Gimme the Prize (Kurgan's Theme)
8- Don't Lose Your Head
9- Princes of the Universe
10- A Kind of "A Kind of Magic"
11-Friends Will Be Friends Will Be Friends...
12- Forever

 
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