HIGHLANDER: THE ORIGINAL SCORES
Highlander / Highlander II : The Quickening / Highlander: The Final Dimension - Etats-Unis / Royaume-Uni - 1986/1994
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Durée : 60 minutes
Nombre de pistes : 16
Distributeur : Edel
Bande originale : note
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LE PITCH
Au fil des siècles, la vie de Connor McLeod, immortel en quête du « prix » qui lui amènera enfin la paix.
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'there can be only one..."

Après avoir longuement parlé de la partie composée par le groupe Queen, revenons à présent sur le travail magistral exécuté par Michael Kamen sur Highlander, ainsi que ceux de Stewart Copeland et J.Peter Robinson pour ses deux suites, ici présentés pour la première fois (ou presque) depuis leur création, dans cette compilation sortie en 1995. 22 ans déjà, et toujours rien de plus ne se profilant à l'horizon...

D'entrée de jeu, avouons qu'on aurait vraiment aimé développer d'avantage, voire uniquement, l'apport essentiel de Michael Kamen sur ce qui deviendra une franchise des plus boiteuses et incompréhensibles du cinéma à partir des 90's. Mais, malheureusement, par plusieurs coups du destin, il est encore à l'heure actuelle impossible de se procurer (du moins officiellement) l'intégralité du score, participation de Queen y compris. La saga a pourtant toujours bénéficiée d'une fan base solide, et d'un engouement toujours renouvelée, bien que rarement récompensé. Six films au total, une série de six saisons, une série spin-off, deux séries animées, un manga, des jeux, romans et le tout (hormis Highlander premier du nom) allant du sympathique à l'éminemment nauséabond. Les ennuis commencèrent en fait dès le second opus (reprenons les mêmes gars, mais faisons une grosse purge cette fois-ci) n'aidant en rien à sauver la franchise du clan McLeod. Notamment au niveau du traitement et de l'édition des dits-films ainsi que de leurs bandes son qui, à l'inverse de leurs supports filmiques, ne sont pas si indéfendables que ce que l'on pourrait craindre. Tout démarra avec le premier opus qui, faute de recettes au box-office suffisantes, se vit alors privé de sorties des scores et de Queen, et de Michael Kamen pourtant prévus depuis le départ (ceux-ci étant même annoncés à la fin du générique du film, chez EMI...). En effet, à l'heure actuelle, il n'existe aucun enregistrement officiel des scores des trois premières aventures de Connor McLeod, à l'exception de ce Highlander : The Original Scores. Un constat d'autant plus rageant que les trois BOs sont ponctuées de franches réussites (le travail de Kamen restant bien entendu indétrônable), mais révélant également quelques absurdités maousses, une grande caractéristique de la saga en général...

 

frise (pas) chronologique


Un point particulièrement notable dans un premier temps de par les tonalités des trois compositeurs, il est évident que chacun a son style, cela va de soi. Mais à l'exception du Bonny Portmore de Loreena McKenitt qui deviendra un des « thèmes » récurrents de la franchise, série comprise (un comble), on remarquera avec déception, et plus, que jamais un seul des thèmes provenant de la pourtant riche BO du premier film ne sera cité dans les deux suites, à l'exception d'une ou allusions à Who Wants To Live Forever et à A Kind Of Magic placés n'importe comment dans Highlander 2, histoire de s'acheter une continuité, mais à perte. D'autant plus regrettable, ne serait-ce que pour la force incroyable du Highlander Theme de Kamen, sorte d'ode puissante à l'immortalité et au caractère presque mythologique de Connor. C'est ainsi que l'on passe d'une bande-son très (trop ?) généreuse en moments de bravoures, montées glorieuses et fulgurantes (annonçant les futurs Robin Hood, Three Musketeers, Hudson Hawk, voire Band Of Brothers), et mélodie gracile pour Kamen à une partition bien plus pensée dans un esprit Symphonie/ballet gothico-punk bénéficiant de quelques touches rock très rythmiques pour Stewart Copeland. Une des marques de fabrique de l'ex batteur de Police, un temps pressenti à la place de Queen pour le premier film, qui lorgne volontiers à une ou deux reprises sur le Hellraiser de Christopher Young, ou Jaws de John Williams. Une grandiloquence qui accroit encore plus l'aspect définitivement trop théâtral et bizarroïde de ce Highlander 2: The Quickening. Robinson optant de son côté pour un mix entre électronique, groove et orchestral, parfois un peu à la ramasse mais gagnant cependant en efficacité dans son très chouette final (Final Battle/Quickening 3/ Epilogue). Une diversité pas nécessairement malvenue, mais qui utilisée de cette manière aurait plutôt tendance à encore plus perdre l'auditeur/spectateur, les trois partitions n'ayant que peu de liens entre elles. Un constat un peu gênant, surtout pour une saga qui au milieu de son incohérence constante cherche à introduire des éléments lui donnant une continuité particulièrement tirée par les cheveux. Pour rappel, on passe d'un film avec les prémices d'une mythologie et d'une certaine réflexion, à un film de SF Steampunk et baroque, pour terminer par un film d'aventure mystique (on oubliera poliment les 2 derniers volets). Il y a pourtant pléthore d'exemples de saga où divers compositeurs ont officiés derrière le pupitre, et avec cohérence et brio, au hasard : Alien, Terminator, James Bond, La Planète des singes, Harry Potter ...

 

pas immortel


Mais que l'on se comprenne bien, l'avis mitigé est au final surtout dû à la déception de ne jamais avoir eu l'occasion de réellement juger, dans leur intégralité, ou tout du moins de manière plus complète les trois BOs ici citées. Le score de Kamen affirmant son talent et son aptitude à savoir jongler entre le purement épique, l'écriture à la limite de l'atonal, et les mélodies à la beauté majestueuse. Stewart Copeland fait preuve, à quelques rares exceptions près, d'une puissance baroque, chœurs à l'appui. Et Robinson fait passer l'auditeur de couleurs écossaises sympathiques (dont un très joli réarrangement du titre de McKennitt), avant de carrément surprendre à deux moments par des montées presque élégiaques. Mais on ne peut pas nier qu'il y a un goût de trop peu (19 minutes pour Highlander, 15 minutes pour le 2, 27 minutes pour le 3), que l'on imagine ne contenant que très peu de matériels thématiques des trois volets. Une compilation sympathique au final donc, mais qui laisse particulièrement sur sa faim.

 

Inutile dès lors de préciser que l'on rêve toujours d'une ressortie qui rendrait enfin justice au travail des trois anciens rockeurs (si si), mais surtout à celui de Kamen. Un problème qui ne risque pourtant pas de s'arranger, la saga des Highlander n'ayant jamais follement excité le public américain (cause de l'annulation des vinyles prévus pour le 1, on le répète), et il y aurait apparemment également un problème de localisation des bandes d'enregistrement de celui-ci, ce qui n'aide en rien. Notons quand même que pour ceux qui voudraient compléter, il existe tout de même une compilation sortie par Silva Screen en 1994 également (Ghost-Classic Fantasy Film Music Vol 2) comprenant une suite de cinq morceaux tirés du premier film, s'agissant soit de morceaux différents, soit de versions différentes dont la fabuleuse version symphonique de Who Wants To Live Forever, incluant les arrangements à la guitare électrique, interprétées par Brian May. Bon, allez (ça aussi on le répète), il vous reste 4 ans avant le 35ème anniversaire pour bien faire les gars...

Henri Delecroix
















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01 The Highlander I - The Highlander Theme
02 Rachel's Surprise-Who Wants to Live Forever
03 The Quickening
04 Swordfight at 34th Street
05 Under the Garden -The Prize
06 Highlander II - Finger Dip
07 Rebel Troops
08 Dam Raid

09 White Cloud
10 Mac Absorbs Reno
11 Shield Shatters - Alan Dies
12 Highlander III - Love Theme - Shrine Fight
13 Massacre (The Beginning)
14 Laundry Room - Quickening 2
15 Revolution
16 Final Battle - Quickening 3- Epilogue

 
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