ANTHOLOGY: MOVIE THEMES 1974-1998
Etats-Unis - 2017
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Musique : John Carpenter
Durée : 42 minutes
Nombre de pistes : 13
Distributeur : Sacred Bones Records
Bande originale : note
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LE PITCH
Nouvelle anthologie musicale d’un des derniers grands « maîtres de l’horreur », John Carpenter.
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... All Outta Gum

Ayant marqué à tout jamais le cœur et les oreilles des cinéphiles avec une filmographie et discographie quasi parfaite, John Carpenter a désormais presque totalement disparu des grands écrans. La faute à une mutation vomitive du système hollywoodien en grande partie, où les dinosaures du cinéma (pourtant parmi les plus talentueux) sont devenus, en gros, Persona Non Grata. Qu'à cela ne tienne, s'il doit revenir, même si ce n'est pas par la case cinéma, ce sera par le biais de la musique. Preuve en est avec cette anthologie, orchestrée par Carpenter lui-même...

Et nous y revoilà ! Après deux volumes sortis hors contexte cinématographique qui nous avaient déjà un peu laissé de marbre, probablement à cause d'une attente un peu démesurée, puis une tournée triomphale et mondiale, il était clair que Carpenter à défaut de pouvoir (vouloir ?) nous gratifier d'un nouveau film, n'entendait pas se laisser enterrer si facilement. Un sort malheureux et honteux réservé désormais à tous les grands noms du cinéma de genre tels que Joe Dante, John Landis, Dario Argento (quand il ne se saborde pas lui-même), ou encore feu Wes Craven, George A. Romero et Tobe Hooper pour ne citer qu'eux. Rangeons les caméras donc, et ressortons les synthés. Finalement, comme on dit, ce sont dans les vieilles marmites que l'on fait les meilleurs potages. Ouais, enfin, quand le potage n'a pas un gout un peu rance au final en tout cas. Débarque donc dans les bacs ce John Carpenter Anthology 1974-1998, évinçant de fait Ghosts Of Mars de la timeline, (ainsi que d'autres titres, heureusement pour eux ...) mais probablement pour une simple et bonne raison. L'envie de Carpenter de ressortir une anthologie/remix chapeautée par ses propres « soins » lui vient probablement de sa joie très visible sur scène, suite à sa tournée organisée à l'occasion des Lost Themes I et II. Tournée pendant laquelle il avait déjà pu modifier et remettre aux goûts du jour (enfin les siens plutôt) certains de ses plus grands thèmes, puisque exécutés sur scène par Carpenter et un groupe monté pour l'occasion, échangeant volontiers les sonorités synthétiques la plupart du temps par des guitares saturées. Une initiative plutôt cohérente en fin de compte, Carpenter n'ayant jamais caché son goût prononcé pour les guitares bien grasses. Dès lors, pas besoin de retravailler Ghosts Of Mars, la BO en son temps ayant juste été interprétée par le légendaire groupe de trash Anthrax, Steve Vai, Buckethead etc, rien que ça... Du gros son donc qui avait l'air d'être d'ailleurs la sonorité générale de cette anthologie à l'écoute des deux premiers singles : In The Mouth Of Madness et Christine (accompagnée d'un clip de et avec Carpenter). Deux singles sympathiques offrant un peu d'espoir quant à la qualité de la galette, espoir renforcée après écoute de la foudroyante cover du thème de Halloween par le duo Trent Reznor et Atticus Ross, dont certains articles laissaient entendre que le titre pourrait bien être présent sur le CD. Reprenons : Une anthologie de certains des thèmes les plus cultes de Carpenter (une vraie cette fois) par Carpenter ? En plus rock, et à l'image des arrangements prodigués à son répertoire durant sa tournée ? Avec des possibles guests tels que Reznor et Ross ? Mais OUI ! On signe, et on sort les billets direct.

 

here comme the storms


Enfin jusqu'à écoute du CD, dès lors on remettra bien sagement les billets là où ils étaient. Car oui, malgré toutes les promesses, c'est encore une douche bien froide qu'on se prend dans les oreilles. Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer ? Carpenter qui refait lui-même ses thèmes, en soi, ça aurait dû être cataclysmique. Comment le même Big John peut avoir créé un « son » et des thèmes si mémorables devenues séminales pour un grand nombre de compositeurs encore aujourd'hui, et avoir sorti cette anthologie vide de toute âme ? On n'a pourtant les mêmes morceaux, mais on n'arrive parfois même pas à comprendre ce qui ne va pas. En fait, on finit même par se demander tout simplement si Carpenter y croit encore, ou si ça lui importe encore un minimum. On se retrouve donc avec des auto-reprises pour la plupart similaires en tout point, mais pourtant tellement éloignées, tellement vaines et vides de toute substance émotionnelle. Ainsi The Thing, Fog et Prince Of Darkness perdent toute leur noirceur et leur désespoir d'origine, et n'inspire absolument plus l'effroi qui est pourtant l'une de leurs matrices. Invasion Los Angeles passe en mode gériatrique, Halloween est identique et pourtant l'angoisse n'est pas au rendez-vous, de même que Assault On Precinct 13. Finissons péniblement avec Vampires, Dark Star et l'horrible nouvelle version de Starman qui ressemblent désormais à des versions compilation cheap style « Les Plus grands Synthétiseurs » vendus pour trois francs six sous en supermarché dans les mid 90's (ne faites pas les innocents, on en a tous et toutes acheté...). Restent donc In The Mouth Of Madness en début, Jack Burton et Escape From New-York en milieu, et Christine en fin de CD (une disposition qui rappelle fortement celle de Lost Themes) pour un tant soit peu rattraper le tout de la catastrophe. Mais quand on connait les versions d'origine des thèmes, on se dit que c'est vraiment bien peu.

 

this is not a dream


L'ironie une fois de plus est de remarquer l'obsolescence presque immédiate de 90% des sons utilisés (sons voulant la jouer retro mais ayant pourtant une patine « moderne ») quand le son et la texture des bandes sons originales n'ont jamais été autant d'actualité que depuis quelques années avec la scène électro Retro dark wave dont Perturbator, Dance With The Dead, Lazerhawk, Danger, et bien entendu Carpenter Brut en tête (l'hommage ne peut pas être plus évident) dont Carpenter est bien entendu l'influence majeure (avec Goblin, John Harrison et quelques autres). En gros, cette « Anthology » n'est pas nécessairement nulle, mais plutôt vaine et complétement dispensable, les quelques nouveautés ou différences étant bien trop rares pour être réellement significatives (une guitare en palm mute par-ci, un son de synthé en reverb par-là). Mais au-delà même du mauvais goût ponctuel de la production de l'album, ou les arrangements parfois douteux (encore une fois, l'horrible version de Starman), c'est bel-et-bien le manque d'âme qui règne quasiment de la première à la dernière piste qui choque, âme qui planait pourtant dans les versions d'origine, et ce même dans leur minimalisme. Cet avis peut paraitre dur, voire beaucoup trop en mode puriste, mais réécoutez un peu les originaux et vous comprendrez. En tout cas, on peut au moins reconnaître un mérite à la galette, c'est qu'elle nous donnera d'autant plus envie de retourner se consoler en réécoutant la discographie du Big John, qui restera dans nos cœurs et surtout nos oreilles parce que malgré tout, on l'aime Big John. C'est au moins ça de pris ...

Henri Delecroix
















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1 - In The Mouth Of Madness
2 - Assault On precinct 13
3 - The Fog
4 - Prince Of Darkness
5 - Santiago ( Vampires)
6 - Escape From New York
7 - Halloween

8 - Porkchop Express (Big Trouble In Little China)
9 - They Live
10 - The Thing
11 - Starman
12 - Dark Star
13 - Christine

 
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