çA
It - Etats-Unis - 2017
Image de « ça »
Musique : Benjamin Wallfisch
Durée : 87 minutes
Nombre de pistes : 38
Distributeur : WaterTower Music
Bande originale : note
Jaquette de « ça »
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LE PITCH
Dans la ville de Derry, un groupe d’enfants marginaux se regroupent afin d’affronter leur peur les plus profondes, personnifié en un inquiétant clown : Pennywise.
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every 27 years...

Récit culte parmi les cultes signé Stephen King, déjà adapté en 1990 par Tommy Lee Wallace en mini-série devenue hautement adulée au fil des années par des trentenaires/quarantenaires l'ayant découvert à l'époque, Ca aka It revient hanter nos écrans (et nos nuits ?) sous l'objectif d'Andy Muschietti, et la baguette de Benjamin Wallfisch. Et une fois n'est pas coutume pour un score horrifique « moderne », la surprise est plutôt sympathique...

Figurant parmi les derniers rejetons de tonton Hans, Benjamin Wallfisch a officié en tant qu'orchestrateur et chef d'orchestre notamment pour John Williams, Dario Marianelli puis compositeur additionnel pour diverses productions RCP avant d'enfin avoir la possibilité de se retrouver seul derrière le pupitre. Ayant principalement le vent en poupe depuis deux ans grâce à son travail remarqué pour A Cure of Life de Gore Verbinski, il n'est pas étonnant de retrouver désormais le compositeur anglais sur un projet générant une aussi grosse attente que It. Une composition rassemblant pêle-mêle les plus grandes qualités du compositeur, mais aussi ses plus gros défauts. Au travers d'un récit initiatique par excellence traitant du deuil, des premiers émois amoureux, de l'exclusion entre autres, le tout baigné dans une atmosphère nostalgique 80's très en vogue actuellement, bien que peu envahissante au final, mais aussi des peurs les plus profondes d'une période de nos vies décidemment bien compliquée, Wallfisch opte pour une musique volontiers mélancolique, au contexte dramatique sous-jacent quasi permanent, sans toutefois trop appuyer sur le pathos gratuit. Une musique vivante, parfois torturée et souvent belle, surprenante de par son soin et sa délicatesse dès lors qu'elle suit et embrasse la destinée des jeunes protagonistes, rappelant parfois le travail de James Newton Howard, Christopher Young, voire James Horner. L'interaction de ce « club des losers » est l'élément clé de cette adaptation, et probablement celui ayant séduit Wallfisch, cet aspect étant de loin la réussite de sa composition. Les quelques thèmes s'avèrent plutôt rafraichissants, sensibles voire fort attachants compte tenu de la nature d'une histoire à double facette. En matière d'émotion pure, le thème principal Every 27 Years offre une mélodie au piano à la légèreté ambigüe plongeant dès lors l'auditeur/spectateur dans un état d'esprit sensible et grave. Une ligne directrice appliquée aux thèmes de Derry, Georgie et Beverly (bien que ce dernier présente peut-être l'une des rares bouffées d'airs du score de par sa tonalité lumineuse). Des thèmes qui auront pour vocation d'être infectés progressivement au cours de l'histoire par le mal pur, la peur intime qui pourrit les enfants, et la ville de Derry en leur sein, une peur du nom de Pennywise, un clown sanguinaire et polymorphe. Une démarche plutôt cohérente, et de laquelle aurait pu découler un score bien supérieur si la même rigueur avait été appliquée à la deuxième facette du récit, à savoir l'horrifique manifesté par les interventions du fameux clown.

 

time to float


Et c'est effectivement là que le bât blesse, le propre du récit de King était de présenter une peur profonde infusant tout au long de l'histoire. Une peur qui colle à l'âme, qui vous glace le sang et les os jusqu'à définir un élément intrinsèque de ce que sont et vont devenir les personnages en grandissant, tout en étant un vecteur de leur attachement respectif, voire ce qui allait également les rendre plus forts et solidaires en affrontant le clown ensemble. Un traitement de la peur relativement atténué dans la version de Muschietti, et donc du travail de Wallfisch. En effet, là où lorsqu'elle suit les Losers, la partition est remarquable de par sa finesse, elle devient inexplicablement balourde lors de ses phases horrifiques. Jamais réellement glauque, ni malsaine, la notion de peur ne tétanise pas, ne terrifie jamais, et surtout n'intervient que de façon tonitruante au lieu d'être latente et n'offre que de brefs sursauts vite digérés. La faute à une sorte de cahier des charges devenu symptomatique du scoring pour pellicules horrifiques depuis maintenant une bonne quinzaine d'années. Presque tout y est : comptine enfantine fantomatique, écrasement de cuivres, crescendo/ glissando/ostinati de cordes, voix utilisée au travers de différentes distorsions, traitements électroniques, percussions syncopées etc, éventant la surprise quasi instantanément de par sa répétitivité et manque d'originalité. D'autant plus dommage qu'en tant que telle, cette phase est plutôt bien exécutée et délivre même parfois quelques jolies fulgurances, dont un Welcome To The Losers Club offrant une belle place à des chœurs sépulcraux du plus bel effet, et contenant un crescendo dont les cors étourdissants renverraient presque aux plus belles envolées d'Eliott Goldenthal.

Mais la bien trop généreuse galette, forte de sa durée de presque un heure et demie, enfonce le clou et laisse d'autant plus éclater aux oreilles le décalage flagrant entre le brio de la mise en musique de la chronique adolescente, et les laborieuses et trop nombreuses pistes de « frousse ». Pour le coup, le score aurait largement gagné à s'aérer d'une grande part de ces morceaux-là afin d'offrir un meilleur équilibre, et une écoute bien plus agréable et touchante. Une semi-réussite donc, mais dont les « fausses notes » sont heureusement rattrapées de fort belle manière, comme expliqué plus haut, par un véritable savoir-faire dans les orchestrations, les arrangements, et surtout un traitement de l'émotion indéniable. Espérons juste que Wallfisch s'en souviendra dans 2 ans, s'il est rappelé, pour la deuxième partie d'ores et déjà programmée et annoncée en grandes pompes. Nous verrons « ça » ...

Henri Delecroix














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1. Every 27 Years
2. Paper Boat
3. Georgie, Meet Pennywise
4. Derry
5. River Chase
6. Egg Boy
7. Beverly
8. Come Join The Clown, Eds
9. You'll Float Too
10. Shape Shifter
11. Hockstetter Attack
12. Haircut
13. Derry History
14. January Embers
15. Saving Mike
16. This Is Not A Dream
17. Slideshow
18. Georgie's Theme
19. He Didn't Stutter Once

20. 29 Neibolt Street
21. Time To Float
22. It's What It Wants
23. You'll Die If You Try
24. Return to Neibolt
25. Into The Well
26. Pennywise's Tower
27. Deadlights
28. Searching For Stanley
29. Saving Beverly
30. Georgie Found
31. Transformation
32. Feed On Your Fear
33. Welcome To The Losers Club
34. Yellow Raincoat
35. Blood Oath
36. Kiss
37. Every 27 Years (Reprise)
38. Epilogue - The Pennywise Dance

 
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