LA PLANèTE DES SINGES - LES ORIGINES
Rise of the Planet of the Apes - Etats-Unis - 2011
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Rupert Wyatt
Musique : Patrick Doyle
Durée : 110 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 10 août 2011
Film : note
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portoflio
LE PITCH
Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable...
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Rise and Shine !

Dix ans après avoir sali la mémoire de l'une de ses sagas phares avec l'inénarrable opus de Tim Burton, Fox annonçait une résurrection de La Planète des Singes devant la caméra d'un inconnu, le synopsis s'apparentant à un remake de La Conquête de La Planète des Singes, second meilleur épisode de la série d'origine. Nous en sommes les premiers surpris, mais Rise of the Planet of the Apes est loin de se résumer à son argument de départ.

 

A l'heure où Michael Bay semble implorer, à grand renfort de catch robotique et d'excès pyrotechniques, le grand public de bien vouloir accueillir à bras ouverts son puérile Transformers 3, la démarche de la 20th Century Fox pour ‘'vendre'' La Planète des Singes - Les Origines relève de l'hallucination collective. Présenté comme un drame majoritairement focalisé sur des protagonistes simiesques, les diverses bandes-annonces mettant en avant l'incroyable interprétation des singes en images de synthèse (‘'par les auteurs des effets visuels d'Avatar'', nous scandait un carton), ce blockbuster tente bien par instants de proposer un cocktail plus aisément identifiable. Tentant de s'ancrer dans la continuité de la série initiale en passant sous silence le navet opportuniste de Burton, cette supposée préquelle s'embarrasse ainsi d'une poignée de clins d'œil à l'attention des fans (une réplique de Charlton Heston par-ci, un bulletin télévisé annonçant la disparition de la mission martienne Icarus par-là). Sans doute commandés à coups de mémos par la haute hiérarchie du studio, ces interconnexions narratives se greffent artificiellement, voire maladroitement à l'intrigue, à l'instar de cette séquence post-générique annonçant ni plus ni moins que l'éradication de l'espèce humaine. Faute de goût impardonnable ? Non, tout juste une erreur d'appréciation aussitôt endurée, aussitôt oubliée, et dont l'absence aurait suffi à propulser La Planète des Singes - Les Origines au panthéon des grands classiques de la science-fiction cinématographique.

 

I, Ape

 

Car une fois digérée la frustration de ne pas voir les auteurs s'abandonner à une relecture totalement nouvelle - donc indépendante - de l'univers créé par Pierre Boule et Franklin J. Schaffner, et au-delà de similitudes scénaristiques étonnantes avec le i, Robot d'Alex Proyas (sans Will Smith ni ses Converse, fort heureusement), le film de Rupert Wyatt sidère sur tous les plans. Le drame annoncé par les premiers teasers est bien là, les miracles combinés des animateurs de Weta et d'une troupe de comédiens exceptionnels (dont Andy Gollum Serkis, époustouflant dans le rôle de Ceasar) donnant naissance à un groupe de personnages incroyablement charismatiques et vivants, dont les quelques résidus de textures virtuelles s'étiolent dès le premier échange de regard. La compagnie formée par les singes du film évoque autant les grands péplums (on pense notamment au Spartacus de Kubrick) que La Communauté de l'Anneau de J.R.R. Tolkien et Peter Jackson, la mort d'un puissant et courageux bras-droit de Ceasar renvoyant directement au sacrifice de Boromir devant l'armée Uruk-Hai.

 

Fresque simiesque

 

Passant d'une palette d'émotions primales (la mort d'une mère, le recueil de son enfant, les liens développés entre Ceasar et son grand-père d'adoption, formidablement interprété par John Lithgow) à une exploration superbement ‘'mythisée'' des thèmes les plus universels (amour, trahison, courage, etc.), La Planète des Singes - Les Origines embrasse comme peu de films récents sa trajectoire tragique. Chaque élément créatif, d'une mise en scène à la fois feutrée (les extrêmes gros plans sur les yeux des animaux, les moments de fragile intimité entre les personnages) et virtuose (voir ces plans-séquences hérités de Raimi, Jackson ou Proyas lors des scènes de bataille) à une musique flamboyante de Patrick Doyle, en passant par la photographie expressionniste d'Andrew Lesnie (cf. le passage des saisons libérateur au sommet du grand arbre, l'obscurité étouffante du refuge, la froideur déshumanisée du laboratoire ou le rouge sang appuyé du Golden Gate Bridge), contribue à cette fresque étonnante, parfait mariage entre un sens littéraire très noble des grands sentiments, une approche narrative classique du Septième Art et une innovation formelle époustouflante.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

 

 

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