DEAD SHADOWS
France - 2012
Image de « Dead Shadows »
Réalisateur : David Cholewa
Musique : Kevin Riepl
Durée : 75 minutes
Distributeur : inconnu
Film : note
Jaquette de « Dead Shadows »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Le passage de la comète de Halley transforme les habitants de Paris en monstres tentaculaires…
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Asylum présente

Après avoir lui aussi foulé les couloirs du marché du film du Festival de Cannes 2012, le petit film d'horreur français de David Cholewa, Dead Shadows, débarque sur les écrans de l'Etrange Festival de Paris, pour le bonheur des uns et le plus grand malheur des autres.

 

Scénarisé par le journaliste Vincent Julé et interprété entre autres par Rurik Salé, journaliste chez Mad Movies, le premier long-métrage de David Cholewa est avant tout un film de potes. Un gros délire très personnel et sans prétention - c'est d'ailleurs comme cela que le cinéaste décrit lui-même ce film qui, en plus du gros handicap dû à son micro-budget, a traversé de nombreuses épreuves, l'obligeant à sans cesse muter tout au long de l'aventure. De court à long-métrage, il a donc fallu à toute l'équipe d'importants efforts pour finir cette laborieuse aventure. Et malheureusement, cette longue gestation n'a pas réellement servi cette petite production dont l'équipe ne semble jamais s'être remise en question sur rien. Résultat : le produit fini est tout aussi éprouvant pour le spectateur qu'il l'a été pour le staff durant toute la production. Pourtant, Dead Shadows ne manque pas d'idées ni même de qualités. Techniquement par exemple, on est agréablement surpris du soin apporté à la mise en scène ainsi qu'à la photographie très subtile de Thomas Rames qui parvient à mettre en valeur de façon assez intéressante la peur du noir dont souffre le héros. Et heureusement d'ailleurs que le film bénéficie d'un certain savoir-faire, que l'on peut également apprécier au niveau des superbes maquillages de David Scherer, puisque c'est finalement tout ce qu'il y a à sauver de cette production boîteuse, pour ne pas dire inconsistante, portée par des personnages d'une grande bêtise. Alors certes toute son équipe brandit avec ferveur le sacro-saint « fun » pour se défendre, mais cela n'excuse malheureusement en rien l'incohérence avec laquelle le film a été pensé, si bien que l'on s'aperçoit (trop tard malheureusement) que le projet que l'on nous a vendu et que l'on voulait voir se passe dans les trous de l'intrigue, dans les infilmés.

 

le "z" pour les nuls

 

Dès les premiers plans, le film dévoile son défaut majeur en affichant avec un mépris certain pour son petit budget un étalage d'effets visuels inutiles qui auraient pu, plus tard, nourrir le reste de l'intrigue, plutôt radine en ce qui concerne les monstres et autres tentacules gigantesques et visqueuses. Surtout que le film met longtemps, très longtemps avant de se mettre en place, enchaînant les dialogues gras et stéréotypés, prononcés par des acteurs plus mauvais les uns que les autres. Et comme si cela ne suffisait pas, le second degré et tout le fun que l'on nous avait promis se révèlent être aux abonnés absents, ce qui, soyons honnêtes, ne nous aide pas à digérer les monstruosités scénaristiques, ainsi que l'intégralité de ce mauvais casting. Avouons-le, le design des créatures est sympathique, à mi-chemin entre Urokutsidoji et l'imagerie lovecraftienne, et la séquence avec la femme araignée est réellement troublante et possède un charme certain. Toutefois, quand le film démarre enfin tout va beaucoup trop vite, à l'image du montage catastrophique des séquences « d'action » (le combat entre John Fallon et Rurik Salé est catastrophique) et se voit gâché par un fil rouge sans queue ni tête, multipliant les incohérences et les ellipses inutiles, nous obligeant finalement à supporter des séquences extrêmement gênantes (la séquence du supermarché, en plus de ne rien vouloir dire, fait réellement peine à voir), alors que les choses intéressantes sont coupées dans le vif (pourquoi avoir éludé le sacrifice de John Fallon dont le potentiel jubilatoire était assuré ?). Lors de la présentation, le scénariste et le réalisateur ont évoqué le fait que le film devait être initialement un simple huis clos sans tentacules, centré uniquement sur la phobie du héros - laquelle est dans le montage final totalement bazardée. Sachant cela, on ne peut que regretter le jour où l'équipe a réussi à réunir un plus gros budget : sans cela, l'écriture aurait peut-être été soignée, le casting mieux géré et le film plus intéressant. Le plus est parfois l'ennemi du bien...

Quentin Boutel














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